LaPo a écrit :Just, ma chère Just, je te trouve étonnement très très injuste : tu le dis toi moi-même, tu travaille dans une branche (le droit, qui plus est, et ça c'est dingue !) où le code du travail, vous vous asseyez dessus. Est-ce réellement la "faute aux mères" si les cabinets ne savent pas gérer la répartition du travail ? Sérieusement ?
Tu vas me dire "ça dépend des affaires, faut bien qu'on soit réactifs".
Je travaille dans une société d'assistance, h24 7/7, et nous aussi sommes soumis aux aléas de l'activité : en ce moment par exemple, entre l'été et les départs/retours de vacances + les orages + le flux quotidien + les vacances à l'étranger, autant dire que l'activité se gère au jour le jour, et il y a de gros débordements.
Et ben je suis quand même en congé mat, dis-donc. Et figure toi que ça ne pose pas de problème à mes collègues, qui n'assument pas une plus grosse part de travail, car celui-ci est absorbé par un recrutement efficace. Et je vais même toucher une prime !
Et plus : quoi qu'en pense Prax, mon entreprise reste parfaitement compétitive !
Y aurait-il par hasard un problème plutôt du côté de tes patrons que de tes collègues ? Ou bien est-ce une mentalité d'avocats ? C'est en tous cas ce qu'il m'a toujours semblé, quand je voyais une copine à moi se débattre en cabinet d'avocat et jurer que malgré son diplôme d'avocat, une fois celui ci passé elle irait se ranger ailleurs...
Que tes collègues te gonflent à parler bébé tout le temps, mille fois je te comprends.
Mais je trouve cela très injuste de leur reprocher ce système (je plussoie Remus x10 000) alors que clairement, si ce n'est pas juste, ce n'est pas du tout de leur faute.
J'ajoute, même si c'est assez malhonnête de ma part après avoir donné mon exemple perso, que tu prends des exemples très précis et pas forcément représentatifs.
Et qu'on peut avoir une conscience féministe, voir dans mon cas un début de conscience féministe, arriver à partager cela avec son conjoint dans une certaine mesure, mais se retrouver face à des comportements contre lesquels on ne peut pas lutter.
Et que déjà , avoir une conscience féministe est une lutte en soi. Encore différente quand on est dans le milieu associatif, dans le monde du travail, dans le monde des parents, dans le monde médical, dans le monde judiciaire... etcetc...
C'est pas vraiment qu'on s'assoit dessus: c'est que comme on n'est pas salariés, forcément, le code du travail ne s'applique pas.
Je pense que c'est peut être propre à l'activité et au milieu, effectivement. Quand tu dois plaider à Bastia, tu plaides à Bastia, point. Il y a des cas où qq1 d'autre peut prendre ton dossier, mais dans la majorité des cas, quand même, c'est plus simple et plus productif. Donc, au delà de la surcharge due aux congès mat des autres, ce qui m'agace, ce sont ces femmes qui à cause des enfants n'assument pas leurs obligations pro et les font reposer sur d'autres.
Les associés sont responsables dans le sens où, étant globalement plutôt humains, ils laissent effectivement faire. La seule femme associée est copine avec les mères de famille et joue la complicité sur ce genre de trucs. Ma cobureau se casse à 18h et ne prend pas de dossiers très éloignés, et les associés comprennent ses obligations familiales. Soit. C'est très humain, très bien. C'est pour cela que l'on est très bien dans ce cab, que mes consoeurs n'ont pas quitté le métier malgré leurs enfants. Mais je trouve cela excessif en ce qui concerne les déplacements, les appels pour les urgences et la gestion des imprévus.
Etre dispo pour une audience ou pour traiter un dossier urgent, ce sont des obligations normales du métier. Tu ne peux pas être avocat sans bosser parfois tard le soir, le week end ou faire des déplacements qui te gonflent. Là , typiquemet, le dossier pour lequel on m'a appelée, c'est un référé: l'adversaire saisit le tribunal le 10, notre client en est averti le 11, il nous saisit le 13, ben faut bien se débrouiller pour être prêt pour le 14. Que l'on ait ou non des enfants, une soirée de prévue avec son mec, etc
J'ai raté mon dîner d'anniv avec mon amoureux, prévu de longue date, un truc qui me faisait très plaisir, parce que j'étais coincée en audience à Aix. ça me gave, oui, j'en ai pleuré, je me suis dit que je faisais un boulot très désagréable et que c'était trop injuste. Mais c'est le métier: le client passe forcément avant, et on est tributaire des calendriers et organisations des tribunaux (et d'Air France et de la SNCF ^^).
Ce qui m'agace, c'est qu'en agissant ainsi, en systématiquement refusant les déplacements trop lointains, en assumant les pannes de nounous à la place de leur mari, en refilant leurs audiences aux autres et en n'étant pas dispo pour les référés et autres urgences, ces consoeurs n'assument pas leurs obligations pro.
Cela nuit ensuite à la crédibilité de l'ensemble des femmes de la profession: dans ce métier, c'est connu. Quand tu es une femme, tu taffes jusqu'à 35 ans. Une fois que tu as deux enfants, tu pars chopper des RTT en entreprise, pendant que les hommes de ta génération restent avocats et deviennent associés. Et elles, elles reproduisent ce schéma. Du coup, quand tu arrives, tout le monde s'attend à ce que tu files pouponner à 35 ans en entreprise (oui, pour l'avocat libéral, l'entreprise est une sorte d'eldorado avec des arrêts maladie, des RTT, et un temps de travail limité ^^)
Sans compter que leur manque de dispo retombe ensuite sur les confrères plus corvéables aux yeux de la société, hommes et femmes sans enfant. Et