En même temps, malgré les exemples qu'elle donne, il est vrai que la plupart des grands auteurs sont des hommes dans les siècles passés. Ca tient évidemment au contexte socio-culturel, et ça tend à s'estomper, d'ailleurs les plus "grandes" auteures citées sont récentes. J'ai rien contre Duras ou Colette mais Esla Triolet ne remplace pas Hugo ou Flaubert à mon sens.
Je veux dire : je trouve ça idiot de vouloir lire autant de femmes que d'hommes du 18ème siècle par exemple, car il est évident que l'époque a produit beaucoup plus de grands écrivains hommes, comme elle a produit plus de scientifiques hommes malgré Emilie du Châtelet. L'éducation des femmes, leur condition, ne leur permettait pas d'être aussi nombreuses à écrire des chefs-d'oeuvres.
Je trouve ça pas très naturel de ne lire que les femmes pour "compenser". Ni très productif. On aura beau relire Germaine de Staël, même si son écriture est de qualité, eh bien pour moi ce n'est pas immérité qu'on étudie plutôt Rabelais à sa place.
Le féminisme pour moi ne consiste pas à rechercher les femmes qui tiennent la route dans les siècles passés et à les porter aux nues en dédaignant les hommes, mais plutôt à traiter avec un intérêt objectif une oeuvre, sans tenir comtpe du sexe de son auteur. Et aussi à encourager la production actuelle par les deux genres pour une littérature égalitairement produite.
Ensuite, je trouve un peu de mauvaise foi de critiquer le fait qu'on n'étudie pas Annie Ernaux : ce n'est pas parce que c'est une femme, mais simplement parce que c'est hyper récent et pas encore entré dans les programmes. Cette année j'étudie en 1ère Jean Rouaud, et j'ai pas l'impression qu'ils connaissaient, pareil quand Modiano a eu son Nobel, aucun élève ne l'avait étudié avant.
On commence à peine à intégrer un auteur comme Jean-Luc Lagarce, mort il y a plus de 30 ans, parce qu'il s'est trouvé pour la première fois au concours de l'agrégation il y a 2 ans.
De plus, les auteures femmes sont je trouve relativement étudiées, il suffit de regarder les programmes et les manuels, notamment Fred Vargas, Yasmina Reza, Marguerite Duras (omniprésente dans les manuels), Sarah Kane, Louise Labé, Mme de La Fayette (jamais étudiée en bac L ??), Mme de Sévigné (en 4ème), Mme du Chatelet justement ainsi que Olympe de Gouge, Mme de Staël et Simone de Beauvoir (toutes les 4 dans le manuel Magnard), Christa Wolf, Marie de France, Colette...
A ce moment-là on peut aussi raler sur le peu d'auteurs noirs...
la beau té de la vie pas se la dou leur de mou rir