Sur jetter ou non la nourriture, petit témoignage, non pour faire pleurer dans les chaumières mais parce que cela recoupe le mécanisme.
Ma fille est née au Guatémala au moment de la guerre civil et a connu la faim à l'orphelinat. Nous l'avons adopté, réflexion de mon frère à cette époque : elle fait affiche pour la faim dans le monde. Mais à partir de ce moment là , elle n'a plus manqué sur le plan nourriture.
Mais un an après son arrivée en France (elle avait 13 mois officiels lors de son arrivée), je l'ai vu protéger son morceau de pain des sollicitations d'un montagne pyrénées. A noter que le montagne pyrénées voulait surtout entrer en contact avec elle et aimait beaucoup moins le pain que jouer avec des enfants. Pour ma fille, le pain étant en trop, elle ne l'a pas mangé au cours du repas.
Elle a longtemps stocké ses chocolat de noël. Elle n'est pas spécialement gourmande, mêmù si elle adore la bonne nourriture, c'était plutôt des provisions de guerre. C'est son frère, qui a 8 ans de moins qu'elle, qui a pillé ses réserves, au point qu'elle nous a demandé une clé pour la porte de sa chambre. Ce que nous avons bien sûr accepté. (Non, je n'ai jamais privé mon fils de chocolat, tout au plus je ne lui en donnait pas plus qu'à sa soeur. Et non, mon fils n'est pas tombé malade pour avoir fini du chocolat qui avait plusieurs année d'âge, il a pillé les réserves en plusieurs fois

)
A noter que ma fille, si elle est en surpoids, a un poids remarquablement stable et est une mangeuse équilibrée, sans aucun aliment interdit. Mais elle a aussi toujours énormément de mal a jetter les restes.
Aurions nous psychologiquement aussi souffert qu'elle des privations que, non pas la vie, mais nous même nous sommes imposées ?
Très intérressante aussi la remarque sur la faim qui passse et nous rend ensuite boulimique. C'est vrai que c'est aussi une leçon que m'a donné l'anneau. Depusi que je mange régulièrement et peu comme l'anneau m'y oblige, ma boulimie a disparu. Pas ma gourmandise, certe, mais les quantités sont vraiment restreintes. Une bonne thérapie bien plus tôt aurait probablement été un meilleur remède qui m'aurait évité l'anneau.