Capucine a écrit :Merci Poupoule, d'autant que comme je te l'avais dit j'apprécie bcp les articles de Gaëlle-Marie Zimmerman.

poupoule a écrit :Cette phrase est pour moi impossible à comprendre: "la prétendue dénonciation n’est qu’un prétexte à se lâcher contre une catégorie de personnes qu’on ne peut pas blairer."

Moi je la comprends comme suit : MGZ pense que ce qui se cache derrière ce 2nd degré dénonciateur n'est que mépris.
poupoule a écrit :Non, ça c'est si Marine Le Pen dénonçait le racisme par exemple. Mais contester l'intrication entre esprit Fluide et second degré... je ne vois toujours pas. Et cet article n'apporte aucun argument supplémentaire: je me sens grossémoche donc je me sens visée donc ils ont dû le faire exprès (car personne n'aime que sa colère ou frustration soit infondée).
J'avoue que je ne comprends pas très bien ta comparaison là ...
Pour que la dénonciation cache un mépris, il faut que ce que l'on dénonce en apparence soit en réalité ce qu'on soutient: par exemple MLP condamnant les relents de fascisme dans son parti, alors qu'en fait elle s'en accomoderait très bien (et mépriserait justement ceux qui veulent l'éradication du fascisme). Il s'agirait de déguiser sa pensée véritable, sous les apparences bien sûr de la pensée contraire.
Que dénonce Fluide.G (explicitement dans l'édito)? Les numéros de mags féminins "Mincébelle" (et jeune, ça va de soi). D'où le titre "Grosse et moche" qui prend le contrepied direct de cette attitude. En somme, ça ferait quoi de lire l'éloge de la graisse et des twix dans Elle, plutôt que de la minceur (rebaptisée bien-être) et de la tisane détox?
Pour imaginer que derrière la dénonciation se cache le mépris, il faudrait penser que Fluide.G ne condamne pas ces mags féminins à la noix mais au contraire en soutient la démarche (et du coup méprise forcément, plus ou moins consciemment, plus ou moins confusément, les fameuses grossémoches).
Quand je dis ne pas comprendre, ce n'est pas la phrase littéralement, mais son fondement. Qu'est-ce qui fait dire ça à ces nanas? La question est d'importance car c'est toujours grave d'attribuer une intention à qqn sans la soutenir de la moindre preuve ou argumention. Or, seul le sentiment ("je le ressens comme ça, je me sens visée") semble avancé. De surcroît, le Fluide.G, bien écrit ou non, a un contenu quand même évident: ces grossémoches, c'est nous, nous le sommes toutes. Surtout sur VLR on le sait bien, on est toujours la grosse mais aussi la mince de qqn, quelle que soit notre taille (cf. les débats délirants du type "à partir de quelle taille est-on grosse"?).
Au-delà de la différence évidente de qualité de plume, je me sens renvoyée 30 ans en arrière où on demandait à Desproges s'il ne se moquait pas "quand même" pour de vrai des juifs, des cancéreux, des handicapés. A l'époque l'argument était balayé plus rapidement, on s'apercevait bien vite que ça ne tenait pas la route, on se disait qu'il fallait être sacrément peu distancié pour y voir du mépris. Ou plutôt pour placer aussi mal le mépris, car PD se moquait bien de qqn: des racistes, des antisémites, des gros cons. Mais c'était profondément drôle qu'il en incarne le discours (car bien-sûr il introduisait de la finesse là où il n'y en avait pas).
Confondre ce qui est dénoncé, c'est très sérieux. C'est comme ça qu'on en arrive à dire que Charlie Hebdo se moque des musulmans, alors qu'il se moque des superstitieux et des intolérants... ce que justement les musulmans n'ont nulle raison d'être, jusqu'à nouvel ordre. Mais c'est pareil, on parle avec ses tripes, on se sent insulté donc ça doit être insultant... ce qui est un sophisme gravissime et rendant la vie en société bien plus difficile.
Permettre la moquerie sur tout sujet (ce qui n'est pas l'insulte) et éviter le procès d'intention sont vraiment à mon sens des nécessités de l'esprit sain.