Je suis peut-être un peu hors sujet mais ta situation me fait penser à la situation entre moi, ma mère, et mon anorexie. C'est pas pareil sur tous les points hein et je ne veux pas m'avancer sur un sujet inconnu mais je me souviens juste du fait que j'ai beaucoup souffert (et encore maintenant) du fait qu'elle ne me fasse pas confiance (ce qui était logique mais je ne le comprenais pas forcément) parce que si je n'avais pas confiance en moi et elle non plus je restais dans le "de toute manière, j'ai pas la force et pas la volonté puis même elle, elle le sait". Au plus elle m'engueulait, au pire je me sentais, au plus elle cherchait l'évidence, au plus j'étais humiliée et au plus je replongeais. Elle se demandait souvent si j'avais maigri et la merveilleuse question "tu t'es encore fait vomir?" celle qui fait mal, qui fait détester. Au bout d'un moment j'ai eu le désir qu'elle disparaisse avec ses remarques qui me renvoyaient ce que j'étais, son dégoût, son interrogation, son impatience. Parce qu'on arrive pas à avoir envie d'arrêter, il y a une forme de peur aussi. Et c'était dur, de la voir pleurer en me demandant ce qu'il fallait qu'elle fasse. La réponse était toute conne, il n'y avait rien à faire, je voulais juste qu'elle me foute la paix, qu'elle arrête de m'humilier, de me regarder comme si je sortais de l'asile et que j'étais à moitié folle. Dans une certaine mesure, ça faisait empirer les choses. Elle était persuadée que je ne pouvais rien faire sans elle et ça m'énervait, ça me frustrait. Elle imaginait, je ne sais pas que si je partais pendant trois jours (ou qu'elle partait) elle me retrouverait morte ou un truc du genre. Mais j'ai jamais eu besoin d'elle au final pourtant elle se comportait comme si elle était fautive et qu'il était de son devoir de me sortir de là . Alors que non et la voir minée parce qu'elle échouait et me blesser dans ses tentatives, ça me faisait encore plus de mal.
Quand ma mère essayait de me ramener à la réalité, je me disais qu'elle ne comprenait rien, si moi-même je n'avais pas une volonté d'arrêter ce qu'elle pensait n'avait aucun rapport, la situation logique non plus, j'allais juste essayer d'y échapper. Je voulais fuir le réel et je voyais ceux qui essayaient de m'y rappeler comme des gens qui voulaient me faire mal. Pire, je savais qu'en arrêtant j'allais me sentir incroyablement mal, un truc que ma mère ne pouvait pas imaginer alors elle m'énervait.
Je ne sais pas si c'est pareil avec ta femme, Poirier mais si c'est le cas, il n'y a absolument rien que tu puisses faire et au plus tu lui renverras une image négative d'elle-même au plus ça va empirer. Enfin moi je suis lache et caractérielle de nature, je ne sais pas si ça influe

. J'ai fini par sortir la tête de l'eau mais toute seule. Ma mère, pourtant, m'enfonce encore certains jours en me posant des questions "humiliantes" qui n'ont plus lieu d'être .
Tu es un peu dans une impasse et je me rends compte que tu dois avoir encore du mal et elle aussi si vous décidez de rester ensemble. Des bisous et du courage.
Ps: désolée si c'est un peu brouillon, ce sont des souvenirs d'émotions et de sentiments un peu mélangés.