@mathilde76 : j'appelle ça le mode "gentille petite fille obéissante".
on obéit pour faire plaisir, de peur d'être rejeté, pour être aimé. comme si, si on ne faisait pas ça, on ne valait pas le coup d'être aimé. comme si c'étaient les autres qui nous donnaient de la valeur et pas nous même.
sauf que mettre des limites, c'est se respecter, c'est être conscient de sa valeur, c'est... être un adulte sain tout simplement.
C'est effectivement un autre point commun que je remarquais souvent dans mon groupe. Tout en étant partiellement consciente de nos atouts ou nos qualités, nous nous considérions comme des "moins que rien". c'étaient d'être avec les autres (le conjoint, les enfants, les parents, les amis...) qui nous donnaient de la valeur, comme si nous n'en avions pas seules. C'est vraiment frappant car en fait on ne se rend pas compte qu'on s'auto-accable de façon assez atroce. trop ceci, pas assez cela, incapable, incompétente, moche, grosse, laide, nulle, bête, etc etc
sauf que en réalité on ne renvoit pas du tout ça. s'en convaincre c'est difficile, c'est même très douloureux. au début j'étais incapable d'entendre qu'on puisse penser moins négativement que moi. je n'arrivais pas à y croire. Sauf que... quand une autre patiente parlait, j'étais moi même beaucoup moins négative qu'elle sur elle même.
Désormais quand je me rend compte que je me dénigre, j'arrive à me dire : "supporterai tu qu'une amie te parle comme cel)?" ça ne règle pas tout... mais ça me force à prendre du recul avec mes propres pensées.
En étant consciente de ne pas être une "moins que rien", j'arrive désormais à dire "non" , à dire "stop", à s'affirmer, à négocier, à poser des limites ...enfin plus souvent qu'avant. est ce que mes vrais amis se sont détournés de moi, est ce que ma famille m'a rejeté. non.
@Nathboop : je ne pense pas qu'on puisse parler en terme de ratage dans l'éducation, ni de sentiment inné. Enfant, nous avons tous des caractères différents. Ce que j'ai pu remarquer dans mon groupe, on était toutes adultes de plus de 30 ans. pourtant, on pouvait toutes témoigner d'un (ou plusieurs) moment(s) dans l'enfance où on s’était senti abandonnée, pas réconfortée , pas aimée... on ne parle de pas de maltraitance, de sévices... ni même de divorce, ou d'abandon par l'un des parents, on parle de familles comme toutes celles qui nous entourent.
pour donner un exemple, 1er jour dans une nouvelle école, tu te fais martyriser par les autres enfants de la classe. rentré à la maison, tes parents te disent "oh c'est pas grave, ça va passer" et retournent vaquer à leurs occupations.
A cet age là , d'après ce que j'ai compris, ça peut rester ancré car l'enfant n'est pas en capacité de comprendre qu'effectivement ce n'est pas grave, il n'est pas responsable de l'attitude des autres enfants et que malgré cela, il reste une personne de valeur. Il a besoin de se sentir en sécurité d'être rassuré par sa mère, d'être réconforté.
arrivé à l'age adulte, ça a déformé un peu la vision des relations avec les autres, inconsciemment, on se remet en position d'enfant qui a besoin de sécurité, d'être rassuré alors qu'un adulte sain arrive à s'auto rassurer sans l'aide de personnes.
je n'ai pas de formation de psychologie mais c'est ce que j'en avais compris.