stellanoune a écrit :Je me pose beaucoup cette question en ce moment en parcourant le site, est-ce qu'au fond on aurait tendance à être contre les régimes parce que soit même on a échoué ? Parce qu'on sait que maigrir n'est pas simple et que l'on choisi la facilité?
Moi j'aimerais bien réagir là -dessus...
Je prends plutôt le problème dans le sens inverse. Étant donné la société dans laquelle nous vivons, qui prône le régime à toutes les sauces (ah non, pardon, la sauce à part, avec la salade verte), qui prône la minceur (oserais-je dire la maigreur ?), et les cinq fruits et légumes, et les émissions qui disent qu'être gros c'est paaaas bien et qu'on veut tous perdre du poids, et regardez donc comment les gros s'y prennent pour perdre du poids, et ainsi de suite. Bref, toutes ces choses très "saines" dans le genre "je suis en paix avec moi-même", je me dis que c'est loin d'être facile de choisir d'être soi.
Dire aux gens qu'ils peuvent se garder leur régime parce que ce qu'on veut écouter c'est ses sensations de faim, de satiété, ses envies, son corps, c'est se heurter à toutes les réflexions possibles et imaginables.
On est presque conditionnés pour se mettre au régime dès que notre poids varie un peu.
Alors, non, pour moi, décidément, ce n'est pas une question de choisir la facilité, au contraire. Pour arriver à ça, il m'a fallu lutter contre moi, ce qu'on m'a inculqué (régimes, régimes, régimes), puis contre les autres.
Par contre, effectivement, il y a un peu du constat d'échec dans ma vision des choses. Au collège, j'en ai fait un (alors que je n'étais pas grosse, mais bon, passons). Au lycée, un autre. Pendant ma première année de fac, une nutritionniste. Tout ça entre-coupé de période où on "faisait attention", avec tout plein de théories fumeuses. Bref, yoyo, sensation de ne rien valoir, d'être une grosse vache tout juste bonne à être au régime, etc, lâchage complet quand j'ai vécu seule, culpabilisation, dépression (bon, ce n'est pas l'unique cause, mais ça y est pour beaucoup), hyperphagie... Et j'avais presque doublé de volume depuis ma visite chez la nutritionniste. Chapeau.
Alors j'ai dit "plus de régimes".
J'ai perdu environ 35kg (un peu plus) en cessant mes crises d'hyperphagie.
Et, en essayant d'écouter mon corps, de manger uniquement lorsque j'ai faim (j'ai aussi mis au rebut les "repas à heures fixes") et comme j'ai faim, j'ai réussi ce que je n'avais pas réussi avant : être stable depuis au moins trois bonnes années. Alors même si je ne suis pas stable "mince", je suis stable au poids où je me sens le mieux parce que c'est celui où je ne me prive pas, où je m'écoute simplement. Et les gens contre qui j'ai dû "batailler" sont les premiers à m'écouter lorsque je déconseille les régimes.
Alors, facilité, je dirais que non. Constat d'échec, oui, mais pas le mien : celui des régimes. Et choix de ce qui m'a le plus réussi, à moi, au final

Soyons dans l'énorme...