Bonjour Maybesomeday,
J'ai lu ton histoire, et bien que beaucoup de choses aient déjà été dites, je me permets d'apporter ma petite contribution sur certains points.
Tu t'es décrite comme "grosse, moche et inintéressante".
Sur les deux premiers points, je ne peux pas me prononcer, ne t'ayant jamais vue. Je ne peux que supposer que tu n'es pas si laide ou repoussante que tu le penses, puisque tu ne laisses pas les hommes indifférents, à fortiori des hommes qui n'ont pas l'air de s'intéresser à ta personnalité.
Par contre, sur l'aspect "inintéressante", tu fais clairement erreur. Ce que tu écris ici est profond, touchant, bref, très intéressant. Je ne crois pas qu'une personne "inintéressante" puisse écrire tes mots ou avoir tes réflexions. En tout cas, tu es intéressante, puisque je te lis, et manifestement je ne suis pas le seul...
J'ai lu des réactions assez sévères sur le fait que tu puisses "refiler" ton IST... Je rappelle que la protection est du ressort de TOUS les partenaires. Si E et K l'ont aussi, ce n'est pas (que) de ta faute. Et concernant K, j'ai envie de dire "bien fait !".
Ca m'étonnerait beaucoup que le reste de l'équipe l'apprenne, ce n'est pas le genre de choses dont on se vante...
Certains te conseillent d'allez voir un psy... Je ne voudrais pas lancer une longue polémique, mais je n'ai pas l'impression que tu en aies besoin. Tu n'es pas arrivée ici en disant "au secours, il se passe ci et ça, je suis perdue, aidez-moi, que dois-je faire ?". Au contraire, tu décris la situation avec un certain recul, pas mal d'objectivité, tu arrives à poser un regard extérieur sur toi-même... Pour la plupart des personnes qui ont traversé des épreuves similaires aux tiennes, une aide psy est la seule solution. Mais toi, tu sais déjà où se situent les problèmes, et au fond de toi tu dois déjà savoir comment les régler un par un. Je pense, au vu de tes écrits, que tu as suffisament de force en toi pour te sortir de ces situation sans l'aide d'un psy, juste en vidant ton sac comme tu le fais ici et en y réfléchissant.
Evidemment, chaque histoire est différente. Ma compagne a connu des problèmes similaires dans son enfance, dans sa propre famille, et aujourd'hui elle considère ces épreuves comme une force. Ca a pris des années de discussions et de réflexions, mais elle s'en est sortie, sans aucune aide.
Quant à moi, lorsque j'avais une vingtaine d'années j'ai entrepris de "tuer" ma sensibilité en me jetant dans des expériences peu reluisantes, comme on dévitalise une dent qui fait souffrir. Le but n'était pas de toucher le fond mais de ne plus être vulnérable, et je l'ai choisi plutôt que de le subir, en sachant que si je ne faisais rien ma sensiblerie excessive m'aurait conduit à de tristes extrémités. Je ne l'ai jamais regretté, plutôt que de me construire une carapace j'ai préféré exciser de moi tout ce qui aurait pu avoir besoin de protection. Ca a été très efficace, et ça l'est encore.
D'après ce que tu écris ici, tu me sembles en bonne voie pour corriger ce qui a besoin de l'être et rectifier ton regard sur toi-même, non pour correspondre à une norme, mais pour que tu t'acceptes et, en allant au-delà , que tu t'apprécies.
Concernant ce collègue qui te plaît, je ne peux que rejoindre les précédents intervenants : propose-lui de vous voir en dehors du boulot. Vous avez déjà une relation qui sort du cadre pro, et malgré ce que tu as pu lui dire qui en aurait choqué plus d'un, il ne te juge pas et il est encore là ... Je ne pense pas qu'il te rejette si tu lui disais tout ce que tu as sur le coeur. Après tout, qu'as-tu à perdre à essayer ?
Comme beaucoup de participants ici, il me semble que tu as bien plus de qualités que tu ne veux en voir... Je te souhaite bon courage, tu es sur la bonne voie, celle qui te sera profitable.