Ah la Bible... Quand on voit combien de crimes on a commis en son nom, et combien on continue d'en commettre, je trouve un peu déplacé de venir donner des leçons.
Quand je vois que le Vatican est propriétaire de laboratoires pharmaceutiques qui fabriquent des pilules, je me dis que vraiment l'argent n'a pas d'odeur...
L'avortement est un droit français, suffisamment de femmes se sont battues pour ça.
Et puis il faut arrêter de se voiler la face, ça a toujours existé. Mais avant c'était pratiqué dans des conditions déplorables, les femmes mouraient souvent ou devenaient stériles. Je suppose que c'était bien fait, elles étaient punies les meurtrières !!!

Ma grand-mère m'a raconté ce qui se passait au début du XXe siècle : les avortements à l'aiguille à tricoter ou la queue de persil sur une table de cuisine (et on ne s'embarrassait pas de savoir l'âge du foetus, même si on voyait un bébé bien constitué sortir, tant pis !), les infanticides (bébés jetés dans les puits, donnés aux cochons...)...
C'était mieux hein, c'est ça ? On obligeait ces femmes à se conduire réellement comme des meurtrières. Mais qui pensait à elles ? Elles ne faisaient pas ça de gaieté de coeur et en restaient souvent traumatisées, quand elles ne le payaient pas de leur vie.
Les temps ont changé. Maintenant la loi permet d'interrompre une grossesse suivant des critères précis. Que ça plaise ou pas, c'est la loi et personne n'a à revenir dessus.
Que des personnes soient contre l'avortement, pour des convictions religieuses ou personnelles, c'est normal. Qu'elles disent qu'elles sont contre, normal aussi. Mais qu'elles se permettent de juger les autres femmes d'une façon aussi basse, en leur jetant leur culpabilité à la figure, en faisant parler un foetus accusateur, ça me fait gerber !
Je n'ai pas pu avoir d'enfant, je n'en aurai jamais. Ca ne m'empêche pas de comprendre celles pour qui la venue d'un enfant n'est pas une bonne nouvelle. C'est leur vie. Qu'elles avortent ou pas, ça ne changera rien à ma vie, ni à ma stérilité, mais peut tout changer dans leur vie. Alors qu'on les laisse décider, comme la loi les y autorise et qu'on cesse de les traiter comme des criminelles.
Il me reste deux embryons congelés quelque part. Moi aussi je suis une meurtrière, car on ne peut pas me les réimplanter. Donc je vais être obligée de donner mon accord pour qu'on les détruise. Il faut aussi que je les entende hurler "non ne me laisse pas dans le froid maman, ne leur dis pas de me tuer ?" Je rassure ceux qui apprécient ce genre de vidéo et de propagande déplacée, j'entends cette voix qui n'existera jamais. Presque tous les jours. Et toutes ces mères qui ont du avorter aussi.
Qu'on cesse de croire qu'une femme avorte comme elle va chez le coiffeur et que pour elles c'est une formalité. Qu'on n'en rajoute pas à leur douleur car ça fait mal de prendre cette décision. Et puis tiens : qu'on les respecte. Ca suffira.