Comme je suis dans le cas de celles pour qui le préservatif représente une étape de plus dans la vie de couple je vais essayer de répondre aux interrogations de Provence notamment.
Je ne sais pas si c'est générationnel ou pas mais en parlant avec des amies et amis de mon âge, je me rends compte que notre rapport au sexe est bien différent de celui que l'on pourrait s'imaginer ou qui est décrit dans les magazines. On parle plus facilement de sexe, on ose discuter de fellation, sodomie, triolisme ou partouze, on affiche partout des moeurs libres et libérées : télé, magazines féminins, art etc... A cela il faut ajouter la facilité aujourd'hui avec laquelle on peut se procurer un moyen de contraception autre que le préservatif : planing familial, une plus grande assurance des jeunes filles pour aller voir seules un gynécologue lors de la première consultation, des infos qui fusent, ne serait ce que dans un forum comme celui ci. Bref, tout pour nous assurer d'un "sexe libre et libéré".
Sauf qu'une telle profusion parfois ne nous laisse pas le choix de faire autrement. De prendre le temps. Il fait perdre la valeur du sexe en tant que tel parcequ'il est plus disponible, plus facile, moins complexé. Je ne dis pas qu'il faut des complexes. Je suis heureuse et épanouie sexuellement. Mais je pense que le suis d'autant plus que j'essaie de signifier chacun de mes actes. J'ai eu une période ou le sexe n'était associé qu'à mon propre plaisir, sans avoir besoin de sentiments. Ca m'a donné l'impression d'être libre puis je me suis rendue compte que non, je ne faisais qu'obéir à ce faux message qui fusait de partout. Et finalement j'étais malheureuse et très peu épanouie sexuellement.
Je me relis et je me rends compte que c'est un peu confus pour l'instant. Ce que j'essaie de dire? Que peut être aujourd'hui certaines et certains on le besoin de se forger de nouvelles barrières pour retrouver certaines valeurs et le vrai goût des choses. Parceque lorsque tout est permis, tout a beaucoup moins de saveur. Alors on s'efforce de donner de la signification aux choses. Pour certaines ça passe par cette histoire de préservatif. Ca me fait du bien d'avoir cette gradation dans l'amour, ces étapes à franchir, parceque ça structure mes sentiments alors que je suis une fille excessive et que cela m'a souvent joué de mauvais tours. Le jour où je ferai l'amour à mon homme sans préservatif, ce sera comme une nouvelle première fois et ça marquera une étape plus importante dans notre couple.
Je suis issue d'une génération de parents divorcés, suivant celle de la génération sida et aussi celle de la génération 68 qui nous a certes libérés de certains carcans mais qui nous a aussi "obligé à être libéré" ce qui n'est pas forcément bien non plus. C'est peut etre con, mais j'ai l'impression d'être dans une génération qui, par manque de repères , (après la désacralisation de certaines institution comme le mariage) essaie de s'en construire d'autres. L'usage du préservatif n'est pas un exemple systématique, mais ce choix peut aussi s'expliquer de cette manière. C'est mon cas en tout cas.
Je ne suis pas sûre d'avoir été très claire... c'est un peu frustrant d'ailleurs. Mais je suis sûre que si ça soulève d'autres questions, vous ne vous gênerez pas pour me les poser

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