Ok, je suis une femme qui revient avec l'oeil aguerri et la voix blues (j'ai plus de mieeeeeeel)...
Alors. J'ai été relire le premier topic de Miangelito, "help, mon homme ne veut pas s'engager".
http://www.vivelesrondes.com/forum/view ... 963_60.htm
J'étais arrivée à un moment assez drôle de la conversation où les filles en étaient à monter un plan "inspecteur gadget" pour planquer devant chez le mec et savoir "enfin" la vérité sur ce qu'il cachait.
Je te l'accorde, Patyblob, des fois, on dérape un peu, sur ce forum, on y va un peu fort, on y met du coeur...
Cependant j'avais déjà réagi sur l'autre topic, en disant que ce garçon me paraissait un peu louche, et puis j'avais comme d'hab raconté mon histoire (suis très forte pour ça).
Maintenant que je reviens sur ce topic, je mets le doigt sur ce qui me gêne : je ne sais pas si l'homme est louche, ou même franchement manipulateur (c'est effectivement un mot qu'on aime bien ici... Blessures d'amour...), ou bien tout simplement pas certain de ce qu'il veut parce que dans un temps mouvementé de sa vie, ou bien pas sain, d'ailleurs, parce que dans un moment mouvementé de sa vie où du coup il prend de mauvaises décisions, mais il est vrai que nous n'avons là dessus que le regard de Miangelito.
Et ce qui me gène dans ce regard, et Miangelito, je te le dis en face si tu reviens lire ce topic un jour, s'il te plait, rends toi compte comme ta vision est troublée, déformée, concentrée par l'amour, la passion même, la Passion qui te contrôle et semble le contrôler aussi.
Et j'ai pour ma part peur de mes passions, elles ne m'ont pas toujours aidées à être raisonnable, elles m'ont fait faire des bêtises... Ah je les ai vécues, s'pas, et ça me faisait vivre et vibrer, et je croyais que c'était ça l'amour, la PASSION... [oserais-je dire que j'ai été une boulimique de passion ? que pour vivre "vrai" il me fallait des émotions fortes ? et les déceptions qui vont avec...]
J'aurais pu prendre de désastreuses décisions par passion. J'ai pris de désastreuses décisions par passion.
Et aujourd'hui, j'aime toujours autant la passion, mais j'aime prendre mes décisions dans la sérénité de la raison. Mon ange, mon amour, mon homme actuel m'a beaucoup aidé à arriver à cela. Et l'histoire de sa vie également (lui aussi a vécu passionnément. Ils ont fuient les foyers parentaux, ils ont vécu dans une voiture, fusionnels, ils se sont mariés d'amour fou, et ont eu un enfant de cet amour. Aujourd'hui ils sont séparés dans la douleur, et pour le coup une certaine incompréhension sur le rôle de chacun concernant l'enfant. Madame est partie cette année à 700km avec son nouvel amour, sans penser que cela gênerait les pères (ils sont deux) qui s'en fichent de leurs enfants. Sauf que Mamour, ça l'a détruit de voir partir son fils, et là il ne l'a pas vu plus de 5 jours depuis décembre et jusqu'à août, alors on se bagarre pour faire reconnaître ses droits et les devoirs de madame de ne pas mettre un frein au lien entre le père et le fils. Jugement la semaine prochaine... Période compliquée !)
Ah ben je vais vous dire que cette histoire là , plus mes précédentes à moi, plus d'autres exemples, oui, ça me fait réfléchir sérieusement à la notion de parentalité et du moment où il faut l'envisager, et avec qui, toussa.
Pour te répondre, Miangelito, j'ai une copine à qui il est arrivé une histoire similaire/pas tout à fait. Elle vivait le Grand Amour avec son homme depuis des années. Couple fusionnel, en accord, installé (dans un tout petit studio parisien, mais quand même). Au moment où ça commence sérieusement à se dégrader dans son couple (engueulades, crise...) elle tombe enceinte. pour elle, elle seule, l'envie d'enfant est énorme. Chrétienne de surcroit (mais pas anti-avortement, hein !), elle en crevait d'envie de ce bébé. Lui, complètement traumatisé (si j'ai bien compris) par son histoire perso avec ses parents désastreuse, refuse tout net et lui demande d'avorter, peut être plus tard, mais rien n'est moins sûr, là en tous cas si elle n'avorte pas il met la clé sous la porte. Est ce que ça aurait été justement un déclic, l'idée que sa vie avec lui était finie, puisque crise d'enfer, qu'elle aurait pu avoir l'enfant dont elle rêvait, et puis avorter, mince, non, non, c'est pas son choix...
Elle a été avorter. Peut être pour sauver son couple ?(leur histoire depuis me semble un peu partir en quenouille, mais bizarrement : ils se sont retrouvés, amoureux, mais elle le trompe allègrement, sans le quitter, c'est pas clair...)
Peut être parce qu'elle ne se voyait pas avoir un enfant toute seule, au final ?
Peut être parce que l'enfant n'ayant pas été décidé, ni par lui ni par elle (les 2% de la pilule qui foire), c'est que c'était pas le bon moment ?
Elle l'a fait. Elle l'a super mal vécu. Maintenant ça va mieux, elle ne regrette pas, je pense. Mais ça n'a pas sauvé son couple (et d'ailleurs elle ne se faisait pas d'illusion là dessus...), mais ça n'a pas tout résolu...
Oui, Patyblop, je te rejoins. Les lignes sont floues, tout n'est pas tranché/tranchant. La vie n'est pas simple, et les choix qu'elle propose sont parfois étonnants.
Je ne contredis ni ne retire rien de ce que j'ai dit, pourtant. Des fois, face à des choix cornéliens, il est bon de voir que le monde est fait de gens qui pensent noir, d'autre blanc, rose, bleu. On a tous toujours dit que ce n'était pas ici mais bien dans son couple et dans son coeur qu'elle trouverait la réponse.
Si on me demande mon avis, là maintenant à 6h51 du mat' (donc avis évolutif, s'pas !), ben je dirais que ce n'est pas, pour lui (il le dit bien) ni pour elle le meilleur moment pour faire un enfant. Moi ça m'a toujours dérangé que le titre soit "est-il l'homme de ma vie" quand on parle d'un enfant ou non. Est-ce à l'enfant de décider si c'est lui ?
Mais je ne peux pas me mettre à leur place, ni elle ni lui. Dans leur cas, aurais-je autant de facilité à prendre une décision ? Sereine et censée ? Basée sur des éléments factuels et raisonnables ?
Je me souviens avoir posé la question à Chaton chaton quand on s'est mis ensemble (quand on est tombés amoureux : après quelques mois) : on fait gaffe niveau contraception, ce n'est pas notre projet immédiat, mais si par hasard je tombe enceinte, on fait quoi ? tu pencherais plutôt pour quoi ? Il m'a répondu que ouhlà , il ne se posait pas ce genre de question pour demain, et que donc si ça arrivait demain, il songerait sérieusement à l'avortement. Donc on va faire attention. Et on va faire en sorte que ce soit un projet à deux.
Je ne sais pas si j'aurais été aussi raisonnable. Aujourd'hui je le dis clairement : oh que oui, on va attendre de se poser. pourtant la question de faire un enfant ensemble ne se pose plus, on réfléchit déjà au prénom (il veut paaaaas Phèdre, je suis dèg). Mais il y a deux mois j'ai eu un sacré retard de règles qui m'a fait craindre une grossesse (ah, fichue pilule, fichus 2% !). J'ai tilté le matin du 4ème jour, j'arrivais plus à dormir. Je me suis dit "je lui dit, je lui dit pas ? C'est sans doute infondé... Mais c'est peut être là ?"
Et ben j'ai eu cette réaction dont tu parle, Patyblop : ce genre de truc, ça se vit à deux. Même mes doutes. Dès qu'il a ouvert un oeil, j'ai secoué la plaquette de pilule sous son nez en lui disant "là j'aurais dû avoir mes règles, et on est là ...". Il m'a fait un sourire, m'a pris dans ses bras et s'est rendormi (il lui faut une 1h pour émerger, ptichat...). Genre "ok, j'ai capté que tu t'inquiétais, on va attendre de voir". Ah divine patience ! à 17h j'avais mes règles, donc j'ai cogité toute la journée quémême, et j'ai pensé avortement car pas décidé, et j'ai pensé "on le garde" car à priori c'est lui, c'est moi, c'est nous... à 17h, les deux sentiments se sont mêlés. Pfiou, on a échappé à une belle prise de tête de décision de choix... Mince, quand même. Je suis peut être stérile.
Mince, j'ai fait un roman, mais alors un roman !! personne va lire ça !
Je retourne illico me coucher.
Patyblop, reste encore un peu avec nous...
Miangelito, si tu le veux bien, raconte nous où tu en es, où vous en êtes...