Au début zom s'est intéressé aux traitements, d'autant qu'il avait lui-même un petit souci, donc forcément ça l'a impliqué plus.
Mais après il a complètement lâché prise, du moins c'est que je j'ai ressenti...
Bien sûr il venait pour le prélèvement de sperme, bien obligé !
Mais pour le reste, j'avais le sentiment d'être absolument seule et j'en souffrais.
Plusieurs fois le médecin lui a demandé de réduire sa conso de tabac ou d'alcool, ou de prendre certains médicaments. Jamais il ne l'a fait alors quand moi je voyais que je subissais les piqûres et tous les traitements en faisant ce qu'on me disait à la virgule près, ça me fichait en colère.
Un jour, alors qu'on avait arrêté depuis longtemps, je lui ai dit que de toutes façons il n'y avait jamais cru et qu'il m'avait bien laissée toute seule dans cette aventure.
Il m'a dit qu'au contraire, il en était malade de voir tout ce que je subissais et qu'il s'en sentait responsable, parce qu'au départ le désir d'enfant était bien plus fort de son côté que du mien. Qu'il ne supportait plus de me voir trembler quand l'infirmière venait me faire mes piqûres (pas de bol il me fallait des IM et c'est ma phobie !), ni quand je vomissais à chaque piqûre tellement j'angoissais, de me voir avec les fesses toutes bleues et noires à cause de ces foutues piqûres. Il ne supportait plus de me voir souffrir sans rien faire (j'ai fait un maximum de complications). Il ne supportait pas ma réaction quand j'échouais.
Une fois, j'en avais tellement marre que je me suis donné de grands coups de poing dans le ventre en disant que puisqu'il ne voulait pas fonctionner, autant le démolir un bon coup, une fois pour toutes ! Zom m'a arrêtée mais je me suis retrouvée avec des bleus énormes...
Et puis surtout, il n'osait pas me dire d'arrêter tout, d'arrêter de me bousiller, de nous détruire aussi... Il avait peur que je le prenne mal. Il n'y a que quand j'ai failli y rester qu'il a dit que maintenant ça suffisait, qu'il fallait sortir de tout ça et penser à vivre autrement.
Avec le recul, je crois qu'il ne s'en fichait pas du tout. Il avait peur, il culpabilisait et sa méthode de défense, comme celle de beaucoup d'hommes, c'était le silence et la fuite. Et puis tous ces traitements qui me faisaient mal physiquement et moralement, il ne les vivait pas "de l'intérieur" comme on les vit nous-mêmes.
Je crois que dans ce type de traitement, nos hommes ont tendance à penser qu'on ne les voit plus que comme des "fabriqueurs de sperme" qu'ils doivent fournir au bon moment, en quantité suffisante et avec la qualité svp ! Et ont-ils vraiment tort ?
Je trouve que ces traitements sont totalement déshumanisants, surtout les IAC, FIV, ICSI. On ne vit que dans l'attente : que les piqûres soient finies, qu'on ait déclenché, puis en attente du résultat.
Pouvez-vous objectivement dire, dans ces conditions, que votre couple est toujours le même qu'avant ? Vous-même, vous sentez vous la même ?
Moi je reconnais que non. J'étais juste une espèce de machine avec des ratés qu'on essayait vainement de faire fonctionner. J'avais tendance à ne vivre que pour ces traitements, ces examens quasi quotidiens. Je ne dis pas que je ne voyais zom que comme une machine à sperme, c'est encore pire, je crois bien que je ne le voyais plus...
Alors pas étonnant qu'il se soit senti mal et qu'il ait fui parfois... Voir souffrir celle qu'on aime, sans savoir vraiment quoi faire ou quoi dire pour la soulager (je ne sais pas pour vous, mais dans mon cas, rien ne me consolait...) ça doit être très difficile à vivre pour eux.
Maintenant je sais qu'il était là , même si je n'en avais pas l'impression. C'est plutôt moi qui n'étais plus là ... plus dans le réel.
Il était là parce qu'il a su dire "non maintenant ça suffit, maintenant tu arrêtes, on arrête, y en a marre !" Et depuis il est là , malgré tout, malgré plein d'autres choses aussi.
Mais après il a complètement lâché prise, du moins c'est que je j'ai ressenti...
Bien sûr il venait pour le prélèvement de sperme, bien obligé !
Plusieurs fois le médecin lui a demandé de réduire sa conso de tabac ou d'alcool, ou de prendre certains médicaments. Jamais il ne l'a fait alors quand moi je voyais que je subissais les piqûres et tous les traitements en faisant ce qu'on me disait à la virgule près, ça me fichait en colère.
Un jour, alors qu'on avait arrêté depuis longtemps, je lui ai dit que de toutes façons il n'y avait jamais cru et qu'il m'avait bien laissée toute seule dans cette aventure.
Il m'a dit qu'au contraire, il en était malade de voir tout ce que je subissais et qu'il s'en sentait responsable, parce qu'au départ le désir d'enfant était bien plus fort de son côté que du mien. Qu'il ne supportait plus de me voir trembler quand l'infirmière venait me faire mes piqûres (pas de bol il me fallait des IM et c'est ma phobie !), ni quand je vomissais à chaque piqûre tellement j'angoissais, de me voir avec les fesses toutes bleues et noires à cause de ces foutues piqûres. Il ne supportait plus de me voir souffrir sans rien faire (j'ai fait un maximum de complications). Il ne supportait pas ma réaction quand j'échouais.
Une fois, j'en avais tellement marre que je me suis donné de grands coups de poing dans le ventre en disant que puisqu'il ne voulait pas fonctionner, autant le démolir un bon coup, une fois pour toutes ! Zom m'a arrêtée mais je me suis retrouvée avec des bleus énormes...
Et puis surtout, il n'osait pas me dire d'arrêter tout, d'arrêter de me bousiller, de nous détruire aussi... Il avait peur que je le prenne mal. Il n'y a que quand j'ai failli y rester qu'il a dit que maintenant ça suffisait, qu'il fallait sortir de tout ça et penser à vivre autrement.
Avec le recul, je crois qu'il ne s'en fichait pas du tout. Il avait peur, il culpabilisait et sa méthode de défense, comme celle de beaucoup d'hommes, c'était le silence et la fuite. Et puis tous ces traitements qui me faisaient mal physiquement et moralement, il ne les vivait pas "de l'intérieur" comme on les vit nous-mêmes.
Je crois que dans ce type de traitement, nos hommes ont tendance à penser qu'on ne les voit plus que comme des "fabriqueurs de sperme" qu'ils doivent fournir au bon moment, en quantité suffisante et avec la qualité svp ! Et ont-ils vraiment tort ?
Je trouve que ces traitements sont totalement déshumanisants, surtout les IAC, FIV, ICSI. On ne vit que dans l'attente : que les piqûres soient finies, qu'on ait déclenché, puis en attente du résultat.
Pouvez-vous objectivement dire, dans ces conditions, que votre couple est toujours le même qu'avant ? Vous-même, vous sentez vous la même ?
Moi je reconnais que non. J'étais juste une espèce de machine avec des ratés qu'on essayait vainement de faire fonctionner. J'avais tendance à ne vivre que pour ces traitements, ces examens quasi quotidiens. Je ne dis pas que je ne voyais zom que comme une machine à sperme, c'est encore pire, je crois bien que je ne le voyais plus...
Alors pas étonnant qu'il se soit senti mal et qu'il ait fui parfois... Voir souffrir celle qu'on aime, sans savoir vraiment quoi faire ou quoi dire pour la soulager (je ne sais pas pour vous, mais dans mon cas, rien ne me consolait...) ça doit être très difficile à vivre pour eux.
Maintenant je sais qu'il était là , même si je n'en avais pas l'impression. C'est plutôt moi qui n'étais plus là ... plus dans le réel.
Il était là parce qu'il a su dire "non maintenant ça suffit, maintenant tu arrêtes, on arrête, y en a marre !" Et depuis il est là , malgré tout, malgré plein d'autres choses aussi.
Toute chose prend sa source dans le voeu des hommes
