Je me permets de faire remonter mon topic, car je réalise que depuis aout 2006 il n'y a pas eu d'évolution...
Après avoir passé 3 semaines dans le centre dont j'ai parlé
(pas les meilleures 3 semaines de ma vie j'avoue), j'ai essayé en rentrant d'écouter plus mes sensations et de manger un peu plus varié, en vain... Bref j'avais perdu 3kg là bas, pour moi c'était très bien car j'ai senti que le sport me manquait beaucoup ; mais en rentrant, comment dire... J'ai eu l'impression que toute ma vie tournait autour de ce que j'allais ingurgiter. On ne parlait que des menus types, de féculents, de légumes, d'acides gras, de sel, je devais vérifier que je mangeais bien de tout à chaque repas etc... Et ça m'a complètement déroutée.
Bon je dois dire également que j'ai eu en 2006-2007 pas mal de gros problèmes personnels, et j'ai eu quelques crises d'hyperphagie
(ou de boulimie ? je ne sais plus exactement le terme exact).
Début 2006, je suis tombée raide dingue amoureuse d'un vrai con

et bizarrement, s'est opéré un changement assez brutal dans mon alimentation, puisque j'ai quasiment cessé de m'alimenter pendant deux semaines. J'avais pas faim, le matin je mangeais ma compote maison et je ne pouvais pas la finir, je ne mangeais plus au petit déjeuner alors qu'avant je mangeais toujours beaucoup... Ma grand mère m'a cru malade, mais non, je planais seulement
Bref, cet épisode
(il s'est très très très mal fini, j'ai jamais été aussi triste de me lever le matin, ça a duré deux bons mois mais je m'en suis remise) m'a fait comprendre pas mal de choses ; peut être que quand j'éprouvais un vrai sentiment de félicité, je n'avais plus besoin d'aller manger pour me calmer...
Cette année, je n'ai vu qu'une fois mon endocrino, qui est pro Apfeldorfer notamment ; elle m'avait trouvé plus épanouie. Je la revois samedi. Mais j'ai peur d'avouer que voilà : ma famille ne comprend toujours RIEN à l'idée que je puisse ne pas avoir faim pendant deux jours parfois.
Je suis partie en Angleterre en février ; je m'étais dit
"une fois seule, voyons voir comment je vais manger". Ca a été assez révélateur ; obligée de cuisiner par moi même, de m'acheter à manger, de penser à ce que je vais manger tel jour... l'angoisse. Deux trois choses me sont apparues :
1) j'ai fréquemment peur de ne pas pouvoir manger si j'ai faim => quand je partais à la fac je réfléchissais longtemps à "où vais je manger"...
2) malgré tout il m'est arrivé de passer un week end entier sans rien manger du tout => je n'avais pas faim, mais je ne pouvais m'empêcher de me titiller l'esprit avec "as-tu faim... non ? t'es sûre ?"... Stupide, non ? Alors bon un jour je me suis forcée à attendre les gargouillis annonciateurs de la faim, pour pouvoir aller manger sans culpabiliser...
3) au début de ma colocation, j'ai eu très honte d'être vue en train de prendre un repas. Au point que quand j'entendais l'un de mes colocs descendre dans la cuisine, je paniquais et voulais tout cacher, ou tout jeter, ou tout remettre au frigo... Alors que mes colocs (deux garçons) s'en foutent complètement évidemment, ils sont très très gentils et je pense qu'ils n'ont même pas grillée que j'étais grosse

.
Je reproduis seule les attitudes que ma famille m'a poussée à prendre, quand je chapardais parfois dans un placard, dès que j'entendais un bruit de pas je cachais tout et je me sentais vraiment prise au piège.
Bref, le bilan n'est pas bien reluisant : je suis de retour chez ma famille pour 3 semaines (enfin plus que 2) et je me retrouve à devoir prendre un déjeuner quand j'ai pas faim, ma tante me dispute à moitié quand elle voit que je n'ai pas petit déjeuner...
C'est compliqué chez moi : ma tante et moi vivons dans un appart à part, avec un frigo etc évidemment, mais elle ne veut rien stocker donc tout est chez mes grands parents, et elle monte nos petits déjeuner au compte goutte (2 tranches de pain chacune, une compote maison, etc"...
Quand il reste les deux tranches de pain sur la table le soir, elle sait que je n'ai pas petit déjeuné. Me demande souvent pourquoi... Et ça me stresse en fait. [sans dire que voilà quand un ami vient à la maison j'ai jamais RIEN à lui proposer car le frigo est vide et y a rien dans les placards].
J'ai réalisé qu'à Sheffield, on a notre nourriture commune pour le matin, des paquets de céréales, du pain de mie d'avance, etc, les placards sont fournis. Et ce n'est pas pour autant que je me goinfre...
Bon finalement j'ai dévié de mon sujet d'origine... J'ai repris mon poids initial, même si je me refuse à monter sur une balance je me fie à mes vêtements. Je vois mon endocrino samedi, j'ai repris mon carnet alimentaire pendant la transition angleterre - maison, et déjà je ne l'ai plus tenu à jour depuis mon retour ici.
De temps en temps je ressens une grande détresse à la pensée que je n'arrive même pas à m'alimenter correctement, et que ma tante ne croie qu'au
"mange équilibré 3 fois par jour et fais du sport". J'ai essayé de lui expliquer que mon rapport à la nourriture était biaisé, que mes sensations étaient des fois vraiment difficiles pour moi à identifier, mais elle estime que si je ne sais pas quand j'ai faim, autant m'établir des menus à l'avance que je tiens, pour éviter de "craquer"... Mais je veux pas de notion de craquer, de repas prévus à l'avance, si j'ai pas faim je vois pas pourquoi je mangerais ?! c'est du gavage ! Elle ne comprend pas ça.
Et je commence vraiment à me demander si je m'en sortirais ; je ne peux pas continuer à grossir comme ça (je fais environ 1M72 pour 125kg je pense, environ), je sens que mon corps m'échappe complètement, et surtout ce décalage entre ma vision de l'alimentation et celle de ma famille, ça me dérange vraiment...
Désolée pour le pavé, vraiment, il fallait que ça sorte... J'espère vraiment m'en sortir un jour, mais pour le moment j'en doute...
Merci beaucoup de m'avoir lue...