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En 2 ans, j'ai pris 20 kg, et si je ne suis pas certaine qu'ils me servent de carapace, je pense en revanche qu'ils me servent à déplacer l'image négative que j'ai de moi depuis toujours et que je masque par un sourire permanent... :)

Je m'explique (si j'y arrive !!!) : déjà avant d'être franchement ronde, je ne m'aimais pas... je complexais sur tout et rien : le nez cassé, les jambes et les cuisses (je souffre d'oedeme depuis des années), les lunettes... et j'en passe !! Je fuyais toute tentative de séduction : j'étais persuadée que de toute manière je finirais "vieille fille" !! Sans oublier un manque total de confiance en moi... Cela ne m'empêchait pas de vivre, c'était "comme ça", tout simplement...

Et puis j'ai rencontré mon chéri il y a 2 ans... qui m'a accepté telle que j'étais... et qui me nourrit si bien que j'ai pris ces fichus 20 kg.. ;)
On pourrait se dire que "ça y est, elle a retrouvé une belle image d'elle-même" et bien non... J'ai toujours aussi peu confiance en moi, j'accepte dorénavant mon nez cassé, mes lunettes etc... ... mais mes rondeurs, je n'y arrive pas !! Alors je suis persuadée que même si je retrouvais ma taille d'antan, et bien je trouverais autre chose pour me dénigrer...

Voilà donc ma conclusion : rondeurs ou pas rondeurs, complexes ou pas complexes, tout cela ne sert qu'à masquer un manque de confiance et une image de moi négative, une image ancrée dans mon esprit... peut-être bien une carapace en fait... hum hum me reste du travail à accomplir je crois ... :oops:
je-suis-comme-je-suis a écrit : et c'est aussi, à mon sens, la traduction littérale de l'expression " il va falloir être forte, ma grande", expression que j'ai entendu à moultes reprises depuis que je suis petite



Alors ça, je-suis-comme-je-suis... je suis sur le c...
C'est une expression que j'entends depuis toute gamine, même si ce n'est tout-à-fait la même. Pour moi, c'était "toi, tu es forte, on peut te faire confiance" "toi, tu es assez forte pour faire avancer les choses" et aussi "oui, mais toi tu es plus forte que moi, c'est plus facile..."
Implicitement, mes parents m'ont demandé d'être forte en me confiant la responsabilité de mon frère et de ma soeur pendant leur travail...

Mais j'avais jamais fait le lien !!!

C'est la deuxième fois que j'hallucine en lisant sur VLR des témoignages qui me renvoient à ma propre vie sans que j'aie fait les liens... Et pourtant, Dieu sait que j'ai réfléchi à d'où pouvait venir ma relation si malsaine à la bouffe !!!
Sido...maman de 4 p'tits mecs et d'une nana...

Chaque fois que j'ai fait un régime, ça s'est soldé par un bide ! (geluck)
sido4 a écrit :Et pourtant, Dieu sait que j'ai réfléchi à d'où pouvait venir ma relation si malsaine à la bouffe !!!


Bon c'est pas top français cette phrase :oops: mais vous voyez ce que je veux dire...
Sido...maman de 4 p'tits mecs et d'une nana...

Chaque fois que j'ai fait un régime, ça s'est soldé par un bide ! (geluck)
Ce ne sont pas mes kilos en trop qui me servent de carapace. C'est quand j'ai commencer à manger pour compenser je ne sais quoi...un manque d'amour? un besoin intarissable? un manque de confiance et de force? Mais la prise du poids n'a rien à voir là-dedans. Je veux dire, le fait de prendre du poids en mangeant de cette façon n'est qu'une conséquence... Une sale conséquence sur le moment vu que je n'assumais pas et que ça m'a gaché mon adolescence je pense.

Aujourd'hui, je ne mange plus comme avant, je n'ai plus de crise de boulimie, mais j'ai toujours ces qq kilos "en trop". Donc j'ai perdue ma carapace dans un sens, enfin dans tous les sens si je reste logique dans mes propos lol. J'ai juste encore la conséquence de cette carapace, une cicatrice de la vie en sorte qui s'effacera ou non avec le temps. En tout cas, plus question de me laisser faire aujourd'hui si quelqu'un veut me faire une sale réflexion à ce sujet!

Pour moi, manger pour compenser, vomir ou s'automutiler, prendre des drogues ou boire jusqu'à la lie et d'autres choses ont été plus un moyen de me faire du mal, de me tester. Mais on ne peut nier l'effet "j'appuie sur un bouton pour sortir de la réalité" qui est une sorte de carapace. Je regrette ces comportements, je mérite mieux que ça, on mérite mieux que de se faire ça. Ca me rendra peut-être plus forte aussi... Positive attitude!
Nous aurions peut-être été plus heureux si nous avions suivi les autres.
Mais nous avons choisi de continuer, d'aller loin, toujours plus loin...
cornflakegirl a écrit :Pour moi, manger pour compenser, vomir ou s'automutiler, prendre des drogues ou boire jusqu'à la lie et d'autres choses ont été plus un moyen de me faire du mal, de me tester. Mais on ne peut nier l'effet "j'appuie sur un bouton pour sortir de la réalité" qui est une sorte de carapace. Je regrette ces comportements, je mérite mieux que ça, on mérite mieux que de se faire ça. Ca me rendra peut-être plus forte aussi... Positive attitude!


Itou :roll: .
Personnellement, à chaque fois que je maigris, je suis davantage sollicitée/complimentée et j'en éprouve un sentiment ambigü : n'être qu'un objet ("re-sexualisé" d'une certaine façon car correspondant davantage à la norme) mais être désirée quand même...parce que, bon, j'avoue, ça fait du bien parfois...
La société des apparences me saoule (doux euphémisme).
Inévitablement, je regrossis.

Part ailleurs, ainsi que je l'évoquais dans un autre post, j'ai souvent l'impression qu'il existe un décalage entre l'exterieur et l'intérieur comme si mon identité véritable était "sans visage", ne pouvait pas être "matérialisée" physiquement...si je suis claire, ce dont je doute. D'une certaine façon, la musique que je "porte" en moi est mon visage. ;)
" Vouloir, c'est susciter les paradoxes. " (A. Camus)
moi, mon surpoids a clairement été une carapace. j'ai perdu une bonne partie, et maintenant je suis complètement désorientée. Cette carapace m'a permis d'eviter d'avoir une vraie vie amoureuse, et m'a fait passer à coté d'une belle histoire d'amour, :x ...parce que tout simplement, j'avais exclue de penser à la possibilité que quelqu'un puisse s'interesser à moi. J'interprétais tous les signes ( même très explicites) d'une manière totalement erronée...le pauvre, il a du pas mal morfler. Bref, aujourd'hui, j'ai un autre corps, et ben, j'ai beaucoup de mal à l'accepter. D'un coté, je suis contente de me voir plus mince dans la glace, d'un autre, j'ai du mal à accepter le changement d'attitudes des gens à mon égard...comme si après tout, je n'étais qu'un corps pour eux. Ce qui est un peu bizarre, c'est que j'accepte les règles du jeu de l'apparence puisque je suis en surpoids pour me couper du monde, mais je ne supporte pas que ce corps devienne un élément positif dans ma vie. Bref, encore du chemin à faire.... :lol:
oui moi j'y réfléchit aussi, et ce que je "vois" me fais un peu peur .........j'ai plus l'impression de punition...... je me punie, je punie mon mari aussi cad puisque je n'arrive pas l'atteindre autrement mais bon il faut encore que j'y réflechisse car il n'est pas du tout au courant bon de toute façon c'est pas très clair pour moi donc désolée ça doit l'être encore moins pour vous.
C'est exactement ce que ma psy m'a dit lorsque j'avais 15 ans et que j'atteignais les 100 kilos : "c'est une carapace"...

Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours été rondouillette, et je me suis toujours sentie exclue par rapport à ça, et donc je mangeais je mangeais je mangeais pour me "soulager" .
J'ai commencé à vraiment prendre du poid en 5eme, lorsque ma mère, voyant que mes copines avaient des petits copains et moi non, m'inventait des copains fictifs auprès de ses amis.
Donc forcement, si elle en était venue à mentir parce que je n'avais pas de copain, c'est que j'étais franchement pas normale, et j'ai fini par le croire. Comme si à 12 ans c'était grave de ne pas avoir de copain !!!! (je réalise ça maintenant, alors qu'à 12 ans, je pensais vraiment que j'avais un problème)
Donc je me suis enfermée dans la nourriture, j'avais de grosses crises de boulimie, je pouvais même manger des plats à moitié décongelés..
Et ca a continué jusqu'à mes 18 ans, là j'ai commencé à maigrir, mais dans ma tête j'étais toujours "grosse", donc j'étais toujours convaincue que je resterai seule, que je n'intéresserai jamais personne. Et evidemment, je me disais qu'à mon âge j'étais vraiment mais alors vraiment anormale car toujours pas de copain. Mais en même temps cette image de moi me rassurait, je n'avais pas à me poser de question, j'étais comme ça, c'était une fatalité et je l'avais accepté.
Et voila, à 19 ans, mon coeur bat enfin pour quelqu'un, un jeune homme trèèèèèèès charmant, intelligent, marrant ! Et avec du bol c'était réciproque, mais voyant que toutes les filles lui courraient après (et il y avait de quoi), je me demandais pourquoi est ce qu'il me regardait moi ?
Pendant 8 mois il a attendu que je me lance, pendant 8 mois je l'ai fait poiroter, en esquivant ses avances, ses compliments (alors que d'un autre côté, j'étais vraiment amoureuse), mais j'étais tellement persuadée que j'étais moche et énorme, que je me disais qu'il avait certainement un problème, pas qu'il se foutait de moi car je savais qu'il était sincère, je le connaissais bien, mais je me disais qu'il pouvait avoir n'importe quelle fille, alors pourquoi moi???? Pourquoi mon gras ?????
Et voila, à force de me prendre la tête pour quelque chose d'aussi simple, j'ai tout gaché, (encore une fois).
J'ai continué à perdre un peu de poid pour atteindre 74 kilos pour 1m75, et là tout les regards ont changé, pas mal de jeunes hommes me draguaient, ça faisait d'ailleurs pas mal halluciner mes copines, ça me faisait plaisir, bien entendu, mais d'un autre côté je le vivais assez mal, je me reconnaissais plus, il me manquait ma défense "mon gras", j'avais l'impression d'être devenue quelqu'un d'autre, quelqu'un que je ne connaissais pas mais qui, d'un autre côté, j'avais toujours rêver d'être.
Mais je n'arrivais pas à m'accepter quand même, alors que je pouvais enfin me dire "tu vois, tu es normale !", mais non, je n'étais pas "moi" (le "moi" que je connaissais si bien, renfermée dans mes kilos, pas très bavarde, complexée)...
Mais voila, depuis j'ai repris une dizaine de kilos, depuis je suis seule, depuis je me retrouve avec mon gras que j'aime tant et que je déteste aussi.
Ce gras me rassure, je peux l'accuser de tout mes malheurs. Je sais que c'est "moi", que ce gras m'appartient, il est à moi, il fait partie de moi que je le veuille ou non, j'ai fini par l' "accepter" (par la force des choses), et même si j'aimerai être mince (pas maigre), je sais que j'aurai du mal à m'assumer par la suite, comment dire? Faudrait que je réapprenne totalement à me connaitre, et ça fait peur. Changer fait peur. Alors je préfère la fuite, et accepter mon "sort" ...
En fait, je ne sais plus ce que je suis, je ne sais plus ce que je veux être.
L'impression de me punir de quelque chose, mais je ne sais pas de quoi.
L'impression de passer à côté de ma vie, de stagner, et évidemment je mets tout ça sur le dos de ce "gras" dont je prends si soin !

...Je suis désolée pour le roman, un peu confus, en fait j'ai écrit ce qui me passait par la tête sans suivre un fil particulier ...
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