Ça me fait du bien de lire cela. J'avais l'impression que dans l'acceptation, on ne parlait que des effets secondaires positifs (prendre autrement soin de soi par exemple) et qu'une part très importante de ce que j'en vis n'était pas forcément partagée/partageable.
mamykro a écrit :Peut-être que la différence entre moi et celles qui se sont acceptées joyeusement, c'est que moi, à la base, je n'ai jamais détesté mon corps: je lui ai toujours trouvé des qualités, mais je le rêvais en "mieux".
Le fait de m'accepter telle que je suis, c'était surtout renoncer au rêve, du coup, cela ne pouvait pas être totalement joyeux. Pour les filles qui détestent leur corps et qui apprennent à l'aimer, cette démarche est sans doute plus positive.
Personnellement, j'étais vraiment très mal avec mon corps, autant dans son image que dans les sensations. Je ressentais une honte immense, je me détestais, mon corps suscitait beaucoup d'émotions désagréables (colère, peur,détresse,honte, culpabilité). Et même si maigrir était l'objectif de ma vie, je savais que quoi qu'il en serait, je n'aurais jamais un corps "normal" car le fait d'avoir autant grossi(perdu/regrossi) n'a pas été sans laisser des traces.Tant que je ne lâchais pas l'idée de changer, je m'épargnais de devoir supporter mon corps en l'état et son histoire tout en m'empêchant du même coup de vivre avec.
Je ressens une véritable joie (et surprise) quand je dépasse une situation qui auparavant aurait été impossible ou extrêmement douloureuse.
Mais c'est dur d'exprimer à quel point je peux être à la fois triste et ravie, que ça coexiste, et que peut-être une émotion concerne le processus interne (faire le deuil d'un mieux-que-soi, d'une part potentiellement merveilleuse de soi) et l'autre les effets dans le quotidien. Mais bon je l'ai déjà beaucoup exprimé dans le post dans Rondeurs et image de soi je pense.
mamykro a écrit :(HS/ Papille, est-ce que tu écris tout d'un seul jet? En tous cas, tu as un don pour les bonnes formulations: /HS)
Merci !

Oui j'écris d'un seul jet en général, sauf deux discussions lancées (celle dont je parlais dans rondeurs et images de soi et celle sur le lieu pour manger) que j'avais commencé puis n'avait pas eu le temps de terminer et repris ensuite.
Je crois que j'ai l'habitude de chercher les mots les plus justes pour exprimer ce que je ressens car j'ai souvent peur de ne pas être comprise (ça me fait me sentir terriblement seule quand ça arrive). Mais le sens de la formulation a souvent plus d'effet dans la concision je trouve
mamykro a écrit :C'est vrai qu'en acceptant de renoncer au rêve d'avoir un meilleur coprs que celui qu'on a, on peut commencer à bâtir une vraie relation avec notre corps réel... mais c'est dur de grandir!
Je suis bien d'accord !
Et malgré la tristesse et la perte ressenties, qu'est-ce que ça soulage d'être juste soi.
trashrap a écrit :
Je voudrait ajouter que s'accepter soi, c'est aussi accepter les autres (pas forcément dans cet ordre). Aujourd'hui, je trouve des filles qui portent du 52 superbes, ce qui n'aurait pas été le cas il y a quelques mois seulement. Alors c'est vrai, je l'avoue, j'ai encore du mal à trouver beau aujourd'hui le corps d'une femme faisait un 60. Mais je ne peux plus dire maintenant que ça ne sera jamais le cas... Si je ne trouve pas "repoussant" mon bourrelet ventral (un "petit" 46 pourtant), pourquoi je trouverai repoussant le bourrelet d'un 56 ?
S'accepter (et accepter les autres) nécessite de briser quelques barrières sociales, quelques tabous de notre éducation. ça n'est pas si simple, il faut du temps.
Bien sûr qu'on est plus nombreux(ses) sur ce forum à faire du 46 ou 48 que du 56. Mais c'est le cas dans notre société aussi, non ?
C'est intéressant ce que tu dis,je me suis posée la question de savoir si mon regard sur d'autres personnes avait changé parce que mon propre ressenti avait changé. Ce n'est pas tout à fait clair pour moi encore.
Je me demande aussi si une part importante ne revient pas aussi à la familiarisation à des formes de corps peu répandues.
Sinon, clairement, dans la société, il y a une proportion différente des femmes à faire du 46 que du 56.
J'ai regardé beaucoup de photos de femmes rondes de diverses sortes et j'ai été marquée par le peu de femmes rondes telles que je voyais au quotidien.
Mais peut-être que ce que nuttelane questionnait c'était plutôt pourquoi celles qui faisaient du 56 ou plus n'étaient plus là /ou ne faisaient plus cette taille.
Est-ce que (s')accepter ça veut forcément dire (se)trouver beau ?
Je me pose vraiment la question.
J'ai eu l'impression que de ne plus être heurtée par mon image ou celle des autres femmes rondes est plus passé par un sentiment de familiarité que par un sentiment esthétique.
Mais je me demande si ça ne va pas lui laisser une place progressivement ?
fila91 a écrit :
En vous lisant je m'aperçois que j'ai fait le travail à moitié, j'accepte de vivre ainsi car je n'ai pas le choix mais j'attends des jours meilleurs, et ce depuis des années... je ne suis pas encore prête à laisser "mon rêve" d'être plus mince.... et j'avoue que constater ça... ça me mine.