Angia a écrit :Sibell a écrit :Alors c'est bien beau de prôner l'acceptation et j'admire celles qui réussissent, parce que pour avoir essayé (et échoué), j'ai trouvé que c'était nettement plus dur qu'un régime - pour moi, je le précise.
Le truc c'est que ce n'est pas spécialement le régime qui est dur. Ça peut même se passer très bien, souvent tu es super motivée, et si en plus tu perds du poids il y a une euphorie qui fait que tu peux passer par des privations terribles sans même t'en rendre compte, ou du moins sans souffrir. Ce qui est dur surtout, je trouve, c'est l'après régime. La fameuse "phase de stabilisation" où tu commences soit à pleurer devant ton assiette, soit à pleurer devant ta balance (soit les deux, même).
Bon, toi apparemment avec la balance ça va, j'espère aussi que ça va bien avec ton assiette, même si tu dis toi-même que tu n'as pas réglé tous tes soucis d'image de soi, et je pense que c'est le nœud du truc. L'acceptation pour moi elle ne vient que quand on se connait, qu'on se reconnait (ça n'est pas une condition forcément suffisante, mais ça me semble une condition nécessaire).
C'est une forme de lâcher prise en fait. C'est pour ça que, même si je comprends (je crois) où Sandydidou veut en venir, ça me gêne de mettre cette question de l'acceptation sur le terrain de la force, de la bagarre (et pour rebondir sur le message de Blueberrycat aussi). Ce n'est jamais en se bagarrant qu'on va se sentir bien. Je n'ai plus envie que mon corps soit le champ de bataille de moi-même contre moi-même. Mais je ne tiens pas spécialement non plus à le brandir comme un étendard revendicatif (genre "je suis grosse et fière de l'être").
Je suis entièrement d'accord avec toi. Et je suis la première à crier qu'un régime - ou une quelconque perte de poids, peu importe le moyen usé - ne règle absolument pas tout. D'ailleurs ça ne règle pas le fond du problème du tout, en fait.
Et j'ai quand même des problèmes avec mon assiette. Je ne me prive plus, je mange ce que je veux, mais j'ai toujours un rapport compliqué avec la nourriture. Je ne mange pas de manière équilibrée et ça, ça vient du régime. Je suis totalement désorientée et incapable de manger trois repas, complet par jour. Je compense surtout ma faim en grignotant beaucoup de cochonnerie. Je suis capable, quand j'ai faim, de me prendre un snickers, au lieu de manger un repas correct.
Pour l'instant je ne prends pas de poids, mais je sais que si je ne fais pas quelque chose pour apprendre à manger normalement, à des heures correctes, ça risque de ne pas durer ou de me créer des problèmes de santé.
Sur le fond, je suis entièrement d'accord avec vous. Je mange a peu près ce que je veux, mais je ne décolle pas de la balance. Pourtant je suis stable, je ne prends pas de poids, je n'en perds pas, mais ça induit une angoisse énorme de perdre du poids. Le problème ce n'est même pas de regrossir en soit... Le problème c'est de regrossir
après toutes les frustrations vécues. Le régime ce n'est pas bon, que ça marche à long terme ou pas, dans les deux cas ça laisse des séquelles psychologiques, surtout.
Mais je ne pense pas qu'il faille pour au tant se dresser contre, parce que ce sont des motivations trop personnelles. Et j'estime que du moment que la personne est bien informée et qu'elle choisit malgré tout de se lancer dans cette voie, on n'a pas grand chose à en dire. Et on ne peut pas en vouloir à quelqu'un d'être content d'avoir minci, après au tant de souffrances. Je comprends que ça heurte certaines sensibilités, mais je ne crois pas que ça parte d'une mauvaise intention.