J'avais 11 ans, étais en colo à la frontière tchéco-polonaise, époque rideau de fer. Le thème du camp (destiné aux enfants dont les familles sont originaires du bloc de l'Est, de tous pays) de cette année-là était l'aide à la moisson

Nous étions donc une vingtaine de pré-ados et d'ados, dans un tout petit village de montagne où l'agriculture n'était pas mécanisée, à aider les paysans une petite partie de la journée, et folâtrer dans la verte campagne le reste du temps
Lui s'appellait Patrick, il était vraiment très vieux à mes yeux puisqu'il avait 15 ans, et nous nous sommes retrouvés tous deux vautrés dans une botte de foin. Bien sûr moi, pauvre oie de 11 ans, n'ai pas tout de suite compris en quoi consistaient ses manoeuvres d'approche, jusqu'au moment où il m'a embrassée. Ensuite, pendant les 3 semaines qui restaient, on s'est tenus par la main, on s'est embrassés dans les bottes de foin (les paysans n'étaient pas contents

) et puis chacun est retourné dans ses foyers (on n'habitait pas du tout le mmême coin mais il était tout de même français).
Je les revu aux camps des années qui ont suivi, mais il ne s'est rien passé, en revanche on est restés en très bons termes sur le moment
Je n'étais pas véritablement amoureuse... je n'avais même pas spécialement envisagé la question des garçons. Disons que j'ai été surprise, et flattée parce qu'il était un peu le beau mec de la colo. J'en ai retiré un élément fondamental : comme je ne cherchais rien de particulier dans cette relation, j'ai pu apprécier combien l'amour pouvait être agréable. Bon mon coeur ne battait pas très fort, je n'étais pas amoureuse de lui ni lui de moi, mais on s'est fait du bien, très simplement. Sans sexe ni même pelotage hein, j'avais 11 ans tout de même
C'était un très joli flirt
Ensuite... j'ai été raide dingue d'un copain de classe du collège, mais c'était ma période "sauvage", donc j'étais amoureuse transie. Avec le recul, je ne regrette pas de ne pas avoir tenté de forcer le destin
J'ai eu vraiment des petits copains, uniquement à partir de la terminale. Mais là , ce n'était déjà plus l'amour d'adolescente, mais la passion, la vraie, la noble, celle qui vous chavire et vous emporte très très haut ou vous fait tomber d'un coup très très bas.

Je pense que c'étaient déjà des relations très adultes sur leur déroulement.
Maintenant à la question "qu'est-ce que m'apporte ce premier flirt à l'âge adulte" ? Je dirais à première vue, pas grand chose vu que je ne me la remémore quasiment jamais. Si j'y réfléchis bien, je pense que cette histoire belle par sa simplicité m'a conféré un certain optimisme, qui me permet de mieux profiter des belles choses de l'amour
(attention hein, optimisme n'est pas crédulité...

)