MuseaLaGrenadine a écrit :Docteur,
Je suis ce qu'on appelle une addict.
Le matin, je me lève je pense nourriture.
Je soir, je me couche je pense nourriture.
Tous les jours je prends mon rail de chocolat ou autres sucreries.
J'ai pensé faire une RA, j'ai essayé même mais échec...et mat...J'ai atteint un poids exemplaire. Un poids qui me suicide petit à petit.
Alors je continue mon speed dans la bouffe et mes délires seul (enfin quand je suis seule). Je m'enivre d'odeurs sucrées et douces, je suis bien là -haut. Je me sens légères et incroyablement pleine. C'est une satisfaction proche du plaisir.
La chute s'amorce si je ne me sniffe pas un autre rail de gâteau. Alors j'inspire à fond et...je recommence....
J'échappe à cette réalité qui m'est sûrement trop dur à supporter.
J'ai pris peur - il y a 18 ans maintenant - de moi.
Ca vous fait rire docteur?
C'est pourtant vrai.
Qu'avez-vous à me proposer cher docteur? Parce que moi, j'ai les bras tout bleuté...
Je n'en peux plus.
Ca a l'air d'être froidement et douloureusement conscient, pour toi.
A la différence de ton expérience, chez moi c'était un mécanisme beaucoup plus insidieux, le matin je ne me levais pas en pensant bouffe, non, je me disais "aujourd'hui tu déconnes pas ma fille"... Et insidieusement, la petite aiguille perdue dans une botte de foin de bonne volonté remontait, remontait jusqu'à devenir tempête, et souffler la botte de foin. Je me pensais roseau, j'étais chêne. Quand l'idée devenait trop violente, prenait le pas sur ma volonté, alors dans un état second je lançais le rituel. Je le lançais malgré moi, dans la honte et la douleur, un petit quart d'heure de soulagement pour quelques heures de culpabilisation, de honte, d'angoisse. (bah oui.. Hyperphage avec légère hémétophobie, vas gérer ça, derrière je n'ai jamais parlé des mécanismes, tocs divers et variés afin de conjurer l'angoisse de rendre... La phobie étant moins forte que le mécanisme lançant des crises hyperphages, j'étais toujours entre la poire et le fromage, si je puis m'exprimer ainsi.)
J'ai depuis appris d'où venait chacune de mes crises, j'ai appris à reconnaître les situations qui pouvaient les provoquer (comme voir ma mère....) et petit à petit je me suis battue contre ces situations. Mais toi.. Tu connais le déclenchement, mais comment se battre contre une idée, contre un souvenir vécu comme atroce ? Comment pouvons-nous, nous pauvres VLRiennes forumeuses venir à ton aide, si ce n'est te proposer un soutien d'écoute ? Je pense que tu as déjà dû essayer de noter l'atmosphère en toi à l'approche d'une crise, non ? Si oui, as-tu essayé de modifier l'approche, casser le cercle vicieux ? Juste quelque chose que j'ai fait, je sais c'est extrème, mais pourquoi.. Ne pas casser ce vieux souvenir, vécu comme angoissant, en revivant ce genre de choses, mais cette fois avec un regard d'adulte ?
Je le sais très bien, je ne peux pas comparer ma situation à la tienne, loin de là . Mais.. Au moins j'aurai essayé de te comprendre..
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