Mais non tu n’es pas une nullasse !

Et je suis désolée si c’est l’impression que je t’ai donnée, ça n’était pas mon but du tout !

Et je ne voulais certainement pas te faire culpabiliser non plus, encore une fois je suis désolée si tu l’as perçu comme ça.
Ce que je voulais te dire, c’est que si ton esprit pragmatique de femme te montre le problème sous l’aspect « il y a peut-être un problème physique ou mental et ça serait bien d’en être sûrs alors autant consulter pour régler le problème », l’esprit de ton homme lui présente le problème sous l’aspect « je suis impuissant la plupart du temps, je suis pas normal, j’ai un problème et j’ai pas envie d’en parler à qui que ce soit, je l’ai déjà fait, on m’a dit que c’était ma faute, alors zut ! ». Il ne voit pas l’aspect « problème – soins – résolution du problème ». Il réagit avec sa fierté d’homme et elle est blessée.
On a tellement répété aux hommes qu’ils devaient être sexuellement performants, toujours au garde à vous à la moindre sollicitation, qu’il faut imaginer le désarroi dans lequel ils se trouvent quand ça ne marche pas comme on leur a dit.
Tu ne lui mets pas la pression volontairement bien sûr, au contraire tu tentes tout pour lui éviter, mais il ressent quand même pas mal de choses comme une pression. Rien que cette envie de bébé. Te décevoir en tant que femme, il arrive à peu près à le gérer. Mais décevoir ton désir d’être maman, ça doit lui faire très peur.
Et puis il ne faut pas te leurrer. Quand tu lui dis « que c’est pas grave, que ça marchera mieux la prochaine fois, qu’on va faire un autre truc en attendant » il sait bien que si, c’est grave, il sait qu’il t’a déçue même si tu ne le dis pas. Et il se met dans une conduite d’échec « je sens que je vais pas y arriver, je n’y suis pas arrivé, je n’essaie plus parce que je sais que je n’y arriverai pas ».
Bien sûr que tu as raison de dialoguer, je pense même que tu as parfaitement raison de vouloir consulter, mais lui annoncer la nouvelle en ces termes va surtout lui mettre une nouvelle pression et j’ai le sentiment qu’il aura du mal à la gérer. Il faudrait que ça vienne de lui. Et je crois qu’il faudrait, dans un premier temps, mettre cette envie de bébé de côté, car elle va aggraver les choses. Il vaudrait mieux régler le problème et penser bébé après.
Tu dis que ça dure depuis plus de 6 ans. C’est énorme dans la vie d’un homme. On lui a dit que c’était « psychologique ». Tu parles qu’il n’est pas retourné voir un médecin ! En gros on lui a dit « toi et ton kiki débrouillez-vous, ça vient de la tête, t’as qu’à vouloir pour pouvoir ! »
Pour ma part, je pense qu’on aurait déjà dû vérifier s’il n’avait pas un problème physique pour commencer. C’est un peu facile d’accuser le mental à chaque fois ! (d’ailleurs ça ne vous rappelle rien ? Tu grossis, c’est dans ta tête, pour maigrir t’as qu’à avoir la volonté de le faire !).
Il est possible qu’il ait un problème physique au niveau génital, ou un problème hormonal, voire autre chose. Si tout va bien physiquement, alors d’accord, on pourra accuser le mental, mais pas avant !
Ensuite il se peut qu’il fasse partie de ces hommes que la sexualité n’intéresse pas plus que ça. Et là , pas grand-chose à faire…
Pose toi ces questions :
Quand vous faites l’amour, est ce que c’est toi oui lui qui êtes à l’initiative du rapport ?
As-tu le sentiment qu’il accepte parfois « pour te faire plaisir » alors que lui n’a pas envie ?
Tu dis qu’il pourrait rester plusieurs mois sans rien faire, est ce que ça veut dire que si tu ne le sollicites pas, il ne prend jamais l’initiative ou peu ?
Finalement, quelle est à peu près la fréquence de vos rapports ?
A-t-il l’air de souffrir de cette situation ?
Lui arrive-t-il de te dire non ? Si oui parfois ? Souvent ? Comment le prends-tu ?
A-t-il réellement envie d’être papa ?
Quand tu lui en parles, comment le fais tu ? Tu parles de lui ou de ce que tu ressens toi ?
Quand ça se passe bien, y a-t-il des circonstances particulières ?
Quant ça se passe moins bien, est ce que c’est toujours à peu près pareil ?
Quand tu auras ces réponses, je te conseille de consulter (oui toi !), non pas un sexologue mais un médecin traitant en qui tu as confiance, si possible un homme. Il te dira s’il pense qu’il peut y avoir une part physique dans le problème de ton homme et pourra lui en parler, d’un point de vue purement médical. Ca aide souvent à faire passer le message plus simplement (l’aspect médical est bien plus sécurisant que l’aspect psychologique) surtout si c’est dit par un autre homme.
Et encore une fois pardon si je t’ai blessée ou fait de la peine, je ne voulais vraiment pas.