Nootship a écrit :La journée de la femme, c'est une vitrine ponctuelle qui réunit sous forme d'évènements des collectifs de lutte et d'action, qui eux, existent au quotidien, et cette vitrine est nécessaire pour engager, relancer, une symbolique ciblée et précise qui réactualise les questions portées par les féminismes. Pour en arriver à concerner les gens malgré leur ordinaire... ou avec leur ordinaire. Et par là même, bien sûr, donner un souffle qui vient dénoncer, par sa ponctualité, la banalité oppressante, mais tellement ordinaire qu'elle en est trop souvent acceptée. Donc, ça a lieu d'être. En tant qu'évènement.
Oui Nootship, je comprends parfaitement là où tu veux en venir. Mais tu le dis toi-même, ce n'est pas le travail au quotidien de tous un tas d'associations, d'élu(e)s ou toutes les personnes qui font ce qu'elles peuvent pour lutter au jour le jour contre les inégalités (hommes/femmes ou autres) qui donnent de la valeur ou de l'importance à ce type d'institutions que sont les journées de... avec tout ce qu'on voudra y mettre derrière. Penses-tu que leur démarche aurait moins de sens ou de portée si ces " Journées " n'existaient pas ?
" La tradition, c'est l'oubli des origines. " Ce n'est pas moi qui va te l'apprendre, toute société a besoin de commémorer des événements (la Libération, le Révolution, etc.) pour se bâtir une identite " mémoriale " (et symbolique comme tu le dis) afin de se situer dans et par une histoire collective que tout un chacun est libre de se réappropier ou non.
Ce faisant, il ne faudrait pas donner plus d'importance au symbôle qu'aux êtres vivants passés et à venir. A vrai dire, ce qui m'agace le plus dans ces " fêtes ", c'est l'expression de la perversité du pouvoir (politique) qui les mettent en place, en visant à dissimuler à la vue du plus grand nombre une part non négligeable de NOTRE histoire pour se la réapproprier à son propre compte, fantasmant ainsi UN pouvoir qu'il n'a jamais été ou qu'il aurait dû être à une époque donnée.
Cela n'engage que moi, mais j'ai l'impression que ces institutions que sont ces " fêtes " étaient faites pour nous souffler, une fois par an, au creux de l'oreille : " Vous voyez bien que nous ne vous oublions pas... "