Juste pour témoigner pour l'allaitement, et pour rebondir sur ce que vous dites Cath17 et Anneliese : c'est clair que les premieres semaines c'est pas la joie l'allaitement, les difficultés et surtout les doutes sont nombreux...
Et oui, c'est primordial d'être bien entourée quand on veut réussir son allaitement...
Pour vous raconter ma petite histoire, j'ai toujours voulu allaiter mon enfant.
Je connaissais des gens pour qui ca avait été complètement naturel, genre bébé sorti du ventre il a été "branché" au sein et puis voilà , jamais de soucis de crevasses, de montée de lait, etc, des filles qui ont allaité les doigts dans le nez.
Et j'avais d'autres exemples en tête, comme celui de ma soeur, pour qui ca a été loin d'être une évidence !
J'avais un bouquin sur l'allaitement, celui de Marie Thirion, et j'ai pas trop pris le temps avant d'accoucher de l'ouvrir (en meme temps je me disais à chaque fois que je le lirais vers la fin pour que ca soit frais dans ma tête, mais j'ai accouché à la fin du 8ème mois

).
Quand j'ai accouché, mon bébé était un peu faible pour téter tout seul... J'essayais de le mettre au sein mais il s'endormait en 30 secondes, du coup on le nourrissait à la pipette (les 3 premiers jours) puis au biberon. Quand le pédiatre a imposé le biberon j'étais vraiment pas sure de moi car on m'avait dit que si bébé goutait à la tétine du bib, après c'était mort pour allaiter, mais en meme temps mon bébé avait un besoin de succion, il fallait bien le nourrir... et puis je me disais que c'était mon lait (car oui j'ai tiré mon lait dès le 1er jour, ma montée de lait je l'ai stimulé au TL)...
J'étais plus ou moins bien entourée par le personnel de la mat, et voila qu'au 8ème jour de vie de mon fils, on en était là : je tirais mon lait, le mettait dans un biberon, le lui donnait, lavait le biberon, le tire lait, et ainsi de suite et meme la nuit (il buvait toutes les 3h, vous imaginez le rythme de vie que j'ai eu ???)
Ma grande soeur m'a beaucoup soutenue, moi j'étais tellement crevée que pour "gagner" du temps, je n'essayais meme plus de le mettre au sein, je ne marchais qu'au tire lait, je me disais "au moins il a mon lait", mais j'étais crevée. Donc ma grande soeur m'a encouragée à aller voir une sage femme conseillère en lactation (il n'y a pas d'animatrice de Leche League dans ma région).
J'y suis allée, mon fils avait 15 jours. Dans son bureau il s'est réveillé, elle m'a proposé de le mettre au sein, on a parlé j'étais détendue... il a tété 40 minutes !!!
Du coup elle a été super rassurante, m'a dit qu'il fallait que l'on se fasse confiance et d'arrêter de lui donner des biberons de lait, que le sein. Pour me rassurer, on a pesé mon loulou, et elle m'a fait revenir 3 jours plus tard pour le repeser pour que je voie que j'arrivais très bien à le nourrir toute seule.
Car comme il était né avec un faible poids, le personnel de la mat m'avait mis une pression de dingue sur le dos pour sa prise de poids, le pédiatre m'ayant meme donné comme consigne de le réveiller si au bout de 3h il n'avais pas mangé...
Bref du coup on a fait comme ca, et je peux vous dire que les 2 premiers jours ça n'a pas été facile... le soutien de la sage femme a été très important, mais deux autres personnes ont également un rôle important : ma soeur, qui m'a raconté que pour elle aussi ca a été galère avec ses enfants, qui n'avaient pourtant pas de souci, que l'allaitement c'est pas facile au début mais que ca vaut le coup de s'accrocher, et mon mari, qui alors que j'en avais marre car du jour au lendemain je ne voyais plus ce que mon fils buvait et surtout parce que les mises au sein étaient très difficiles (je vivais en fait ce que les mamans vivent à la maternité, 15 jours plus tard, seule, chez moi), bref mon mari m'a dit qu'il était prêt à aller à la pharmacie acheter une boite de lait artificiel, si je pouvais lui dire que je ne regretterais pas qu'il le fasse.
Je savais que je regretterais, alors on s'est accrochés. Le jour on l'on est retourné chez la sage femme, tout allait déjà mieux, et en plus le loulou avait bien pris. J'étais fière de lui, car alors qu'il n'avait connu que le biberon, il est passé quand meme au sein relativement rapidement, et avec succès...
J'entends souvent qu'il vaut mieux un biberon donné par une maman bien dans sa tête qu'une tétée au sein avec une maman stressée, pour moi c'était l'inverse, d'ailleurs tout le temps ou j'ai tire allaité, mon bébé prenait mieux les biberons donnés par mon mari que par moi, sans doute car j'étais très malheureuse de ne pas lui donner le sein.
Bref, on a continué comme ca, et ce n'est pas parce qu'il a fini par prendre le sein que tout s'est réglé, après il y a encore plein de questions et de doutes, et c'est là qu'il faut avoir du monde pour répondre à ces questions !
Chez moi, le souci c'était que les tétées étaient hyper rapprochées, sans aucun rythme : on m'a expliqué que c'était normal, que bébé ne mangerait pas plus qu'il ne lui faut, que je ne le rendait pas malade car le lait maternel se digère très rapidement, et que donc l'histoire des 3h entre chaque tétée c'est pour les biberons, dont le lait artificiel se digère moins bien.
Après avoir tiré mon lait comme ça, en fait j'avais une lactation importante et surtout un débit de malade. Mon fils avait donc des coliques et des selles vertes : on m'a expliqué que je devais lui donner 2 fois le meme sein pour qu'il ait bien accès au lait de fin de tétée, plus digeste et plus gras que le lait de début de tétée, plus hydratant mais surtout plus riche en lactose qui provoquait ces coliques.
Bref, des difficultés il peut y en avoir beaucoup, mais il y a toujours des réponses, et surtout de vraies raisons de ne pas pouvoir allaiter il n'y en a que très peu !
Le pire pour moi cela a été les remarques des gens, particulièrement de personnes qui n'y connaissent rien mais se permettent plein de remarques :
"mais tu veux pas lui donner un biberon le soir pour le caler ?" (ben non, moi si je veux bien dormir je me tape pas une tartiflette à 23h, et s'il dort pas il dort pas, il les fera bien un jour ses nuits, c'est pas toi qui te réveille la nuit alors fous moi la paix, et puis si je lui donne un bib il va pas téter et c'est pas ca qui va aider ma lactation),
"il mange encore!!!" (il prend ta part ou quoi ? il est au sein, il mange pas forcément, il peut aussi avoir soif, envie d'un calin, de se rassurer, de me sentir...)
"mais ça va ton mari, il est pas jaloux de pas pouvoir donner un bib ?" (mon mari voulait un enfant à aimer et à éduquer, il voulait pas jouer à la poupée donc non ça va il le vit bien)
"t'es sure qu'il a assez de lait" et son pendant qui me fera toujours rire "ton lait il est assez nourrissant? tu veux pas le faire analyser ?" (no comment!)
C'est souvent pas méchant mais c'est très souvent gavant, surtout quand ca vient de personnes qui n'ont jamais allaité au sein et ne veulent pas comprendre qu'il y a des différence entre un allaitement au bib et au sein.
Aujourd'hui mon fils a 3 mois, cela ne fait que quelques semaines que c'est réellement agréable d'allaiter, dans le sens ou je me pose moins de question, que lui aussi il a appris à mieux téter, il gère très bien maintenant mon REF (réflexe d'ejection fort), au niveau des positions on a appris tous les deux ce qui nous convenait le mieux...
Je suis vraiment contente de m'être accrochée, car c'est réellement une expérience magique, c'est animal, je ne saurais pas l'expliquer...
Je ne me sens pas meilleure mère qu'une autre qui donnerait un biberon (surtout car je sais que les lait artificiel sont aussi très bien maintenant), mais je suis fière de moi car en allaitant mon fils, c'est un rêve que je réalise, j'ai toujours voulu le faire, et j'y arrive c'est génial.
Bref, j'ai été super longue et à la limite du HS (ou carrément HS lol) mais après être passée par là , je ne peux que plussoyer ce que vous dites toutes les deux Anneliese et Cath17 : l'allaitement c'est pas facile, mais si on y tient vraiment et qu'on est bien entourée on y arrive. Il ne faut juste pas s'attendre à des miracles et à des moments nutella dès les 1ers jours (meme si ca peut arriver également).
J'espère que vos chéris sauront vous épauler, le mien a eu un rôle décisif, et si vous avez des questions j'espère que vous aurez une bonne sage femme pour y répondre, ou qu'au pire vous trouviez vos réponses ici. Moi en tout cas le peu que je sais je serais ravie de vous le transmettre, et en tout cas vous pouvez compter sur mon soutien, mais je vous souhaite dans tous les cas de ne pas galérer et que cela se fasse le plus simplement possible.