J'ai tout lu, j'ai bien ri, j'ai bien retrouvé les uns et les autres, je vous aime (vous, oui, vous. Vous vous reconnaîtrez

)
Pour donner un exemple concret totalement objectif et non-agressif : quand j'ai migré de ma banlieue parisienne pour m'installer dans le fin fond du Poitou avec ma chienne, j'avais bien prévu de passer par quelques boulots alimentaires le temps de trouver un job plus éclatant (ou pas d'ailleurs, une vie en adéquation ? Le boulot doit rester le boulot). J'ai été refoulée 3 fois au mac do, et dans tous les supermarchés du coin car "trop diplômée" (bac+3, moi qui me croyais sous diplômée mais expérimentée...). Ben oui, au fin fond de la campagne, les employeurs sont pas fous : ils ne recherchent pas le turn over comme à Paris où les jobs alimentaires sont des jobs potentiellement étudiants, mais la stabilité de quelqu'un qui n'ira pas chercher autre chose de mieux.
PAF, chômage. Choc (j'étais tellement innocente à l'époque)
Alors oui, j'ai trouvé des ménages, j'ai récuré les chiottes d'un centre sur la préhistoire avant d'être promue guide puis médiatrice du patrimoine (ce qui n'est pas ma voie, mais plus une passion, un intérêt). J'ai kiffé, mais c'était totalement précaire.
Donc, j'ai fini par monter mon entreprise. Dans l'un des plus beaux villages de France, une entreprise de balades en calèche attelée me paraissait intéressante. J'ai eu raison, j'ai été soutenue par la commune, la communauté de communes et la région. Pour ce faire, il me fallait un tout petit diplôme en plus, me permettant de transporter des personnes en attelage. Cela s'appelle le MATE, meneur accompagnateur en tourisme équestre. Pôle emploi, à fond derrière mois sur ce projet, me promet le financement de la formation pour me permettre enfin l'insertion stable dans l'emploi... Puis douche froide, à la veille d'entamer ma formation, pôle emploi m'annonce que je ne bénéficie pas de leur financement car je suis surdiplomée. Dans le management de l'économie sociale, ce qui me permet difficilement de justifier que je promène des gens en calèche en sécurité, mais pas grave, je suis surdiplômée.
Donc ouais, putain, le boulot, c'est pas toujours un choix, c'est pas toujours facile/possible partout tout le temps.
Quant à la culture, j'ai plusieurs amies dans le milieu du chwal. Quand tu t'investie dans ce milieu sans être l'héritier de parents riches et cultivés, cela ne tient qu'à ta force de travail et ton talent, ta sensibilité des chevaux et des gens. Mon amie chez qui ma jument est en pension et avec qui je m'entends ++ n'a pas fait de grandes études "culturelles", mais elle est blindée niveau diplômes et expériences du chwal. Parfois quand nous dînons avec d'autres amis, elle me dit après se sentir mal à l'aise car se sentir à la ramasse sur les sujets dont nous discutons, le niveau des sujet, parce qu'elle n'a pas de "culture". Combien de fois me suis-je insurgée ! Elle a la "culture" de son métier, jusqu'au bout des ongles elle sait tout, et fait son travail à la perfection, et je lui laisse ma jument les yeux fermés, bien plus confiante dans ses capacités que dans celles de beaucoup d'autres. ça aussi c'est de la culture. Il n'y a pas de sous culture.
Mon chatonchaton a niveau bac. En l'occurrence pour des questions de vie/de survie au moment où il aurait pu faire ses études. par contre c'est un geek, et un autodidacte des cultures en tous genre. Intéressé, c'est ce qui le rend intéressant, car humble et passionné. Il a beaucoup à m'apprendre, il m'a déjà tant appris et tant ouverte. Pourtant, je suis imbattable au trivial pursuit. Alors ? On fait une belle équipe
C'était le pavé du soir, espoir.