THIERRY DI ROLLO Le Syndrome de l'éléphant :
Une nuit, Launey et Jocelin, deux voleurs habitués à travailler en équipe, tombent sur un os. Un pépin difficile à avaler, puisque jusqu’alors il n’y avait jamais eu de problème, jamais la moindre rencontre importune. En effet, Jocelin possède un véritable don pour repérer les maisons que l’on peut cambrioler sans risque. Le sang coule.
Les deux voleurs se retrouvent avec un cadavre sur les bras et leur relation change à jamais : pour l’un, tout est fini ou presque ; pour l’autre, l’histoire ne fait que commencer...
Car le don de Jocelin pourrait bien être la malédiction de Launey. Avec ce roman court, au style précis, d’une rare économie, Thierry Di Rollo traque les fantômes du passé, explore la mémoire de ses personnages interlopes, ces grandes profondeurs où ne gît que folie. Il est des passages de relais douloureux, perturbants. En voici un.
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Est ce que c'est vraiment Di Rollo qui a écrit ce livre?
Non mais franchement, nous sommes en droit de nous poser cette question!
Où est passé son style si littéraire rencontré au fil des autres romans?
Et puis, c'est quoi cette fin en queue de poisson? A la limite, on se demande s'il a vraiment terminé son bouquin, alors certes dans ses autres romans, les fins non plus ne sont pas très explicites, mais quand même! Il attend peut-être que nous terminions son livre!
Franchement, je n'ai pas du tout aimé le dernier livre de cet auteur dont j'étais vraiment "fan" auparavant.
Non seulement, il a changé de style : Roman noir d'anticpation-SF à polar & il a changé aussi d'éditeur alors je ne sais pas si ça un lien de cause à effet mais ça m'a refroidi vis à vis de ses prochaines sorties.
Vous me direz qu'il se peut qu'il veuille créer une série policière avec des personnages récurrents ce qui expliquerait la fin, mais il n'empêche que c'est beaucoup moins dur et sombre qu'avant et qu'en plus on ne retrouve pas ce style digne des auteurs traditionnels et historiques dont il nous gratifiat par le passé!
Rendez-nous notre Di Rollo!
Autant j'ai découvert récemment un auteur formidable en la personne de Velibor Colic autant je viens de perdre un auteur que je chérissais vraiment!
Pfff....
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http://www.editionsguerin.com/index.php ... icle&id=15Dominique Potard Le port de la Mer de Glace :
(Début de l'extrait : )
La nuit tomba alors que nous atteignions le sommet de la niche. Une superbe plate-forme, au pied d’un grand dièdre qui se perdait dans les brumes et l’obscurité, fut la bienvenue.
Ce grand dièdre était d’ailleurs la seule information que je possédais sur le reste de la face. Il fallait le remonter, puis les difficultés allaient croissantes jusqu’à l’arête sommitale du Petit Dru, avec de nombreux passages en surplomb… En hauteur pure, nous avions déjà gravi plus des deux tiers
de la face ; mais en difficulté technique, ce qui nous attendait était sans commune mesure avec ce que nous avions franchi au-dessous. Nous n’étions pas près de revoir une plate-forme comme celle qui nous accueillait ce soir. J’alertai l’attention de mes camarades sur ce seul point.
— Bon ben… on va profiter qu’on puisse encore mettre les verres à plat !
Gérard plongea le nez dans son sac à dos.
Fernando avait annoncé au menu des bavettes à l’échalote, avec des frites. Il coupait déjà les pommes de terre en tranches. J’étais très curieux de voir comment elles allaient être frites… La réponse était on ne peut plus simple.
Fernando extirpa de son sac, aussi inépuisable que celui de Gérard, deux litres d’huile et une belle friteuse noire, en fonte… Devant mon air déconcerté à l’idée qu’on hissait ça depuis trois jours, Fernando se fendit de son plus beau sourire.
— Y’a pas de mystère ! Si on veut manger des bonnes frites, y faut une bonne friteuse ! C’est logique !
L’Amiral, histoire de changer, avait sorti une bouteille de Ricard pour l’apéro. La première fonction du réchaud fut de faire fondre de la neige pour hydrater la célèbre boisson sudiste.
Il faisait à présent complètement nuit. Comme tous les soirs depuis notre départ, le brouillard s’était épaissi, mais la température extérieure, l’anis aidant, était tout à fait supportable. Cet emplacement de bivouac était de loin le plus luxueux que nous ayions connu : une large vire, horizontale, de sept ou huit mètres de longueur, bien plate et large de près de deux mètres.
Le pastis allait bon train. L’Amiral, profitant de notre soif, exerçait ses talents de barman avec un zèle dangereux.
— ‘ferais bien une petite pétanque en buvant mon pastaga, dit-il soudain, les yeux brillants.
— Té, ça, c’est une bonne idée !
Je n’avais pas encore réalisé qu’il s’agissait d’une proposition sérieuse, que les deux compères grattaient la neige pour en extraire quelques pierres plus ou moins rondes.
— On joue l’apéro ?
Tobby s’était mis aussi, sans savoir pourquoi mais avec beaucoup d’enthousiasme, à fouiller la neige en remuant frénétiquement la queue.
Quelques minutes plus tard, la partie de boules commençait. Le bouchon de la bouteille de Ricard, de toute façon condamnée, servait de cochonnet. Le terrain de jeu était éclairé par les flammes gesticulantes du réchaud.
— Tire-là c’te boule !
— Allez, trois au carreau !
En ces hauts lieux, cet univers minéral, austère, glacé et inhospitalier de la très haute montagne, on aurait presque cru entendre le chant des cigales.
(Fin de l'extrait)
---> Une fantaisie où tout semble vrai : les histoires de bistrot à vous faire hurler de rire et l’ascension de la Face Nord des Drus. On assiste à l’irruption de Rabelais (ou de Blondin) dans la littérature alpine. Rafraîchissant, à lire cul sec !
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Je dois dire que j'avais acheté le bouquin plus par curiosité qu'autre chose parce qu'habituellement en tant que passionné de montagne, j'achète plutôt les ouvrages plus bibliographiques aux éditions géurin de Chamonix (---> http://www.editionsguerin.com/ ) mais là j'avais vraiment été séduit par le quatrième de couverture qu'il laissait entendre qu'il y aurait eu jadis un véritable port au niveau de la mer de glace & que c'était à cause de ça qu'on l'appelait "Mer de Glace".
Sous couvert des histoires plus abracadabrantesques les unes que les autres, ce petit livre ravira non seulement les amateurs de montagne comme les personnes friandes d'aventures fantaisistes bien arrosées et plus burlesques les unes que les autres.
Je ne m'étais pas autant fendu la poire depuis le DOPPLER d'ERLEND LOE et comme à la lecture de celui-ci, les gens se demandaient si je ne sortais pas d'une autre planète puisque je n'arrêtais pas de me fendre la poire tour au long du trajet en bus (entre Privas-Valence / Valence-Privas).
Il est également à noter que le Monsieur sait dessiner et nous fait profiter de ses talents pour introduire certaines partie de ses histoires ou les illustrer!
Bref, un vrai régal!