Ce n'est pas tout à fait ça.
Actuellement 3 couples sur 10 consultent pour infertilité. ce qui ne veut pas forcément dire pour stérilité. 7 couples sur 10 procréent sans problème (la norme actuelle est de 25% de chances d'etre enceinte à chaque cycle, soit une chance pour 4 cycles).
Mais dans les couples qui consultent, il faut compter ceux qui n'ont pas pas la patience d'attendre suffisamment et qui s'inquiètent, tellement on a rabâché "un enfant si je veux quand je veux". Consulter au bout de 3 ou 4 mois d'essai sans grossesse, c'est beaucoup trop tôt, mais les gens s'inquiètent justement à cause de cette norme. Et puis maintenant un enfant ça se programme entre la carrière et la maison !
On conseille aux couples de consulter au bout de 2 ans d'essai sans résultat (si le couple est jeune et sans problème particulier connu) ou au bout d'un an si le couple est plus âgé ou s'il y a un problème connu, ne justifiant pas un acte de PMA ni un traitement particulier (à 1e vue). Beaucoup ne respectent pas ces préconisations.
Des couples ont simplement besoin d'un petit coup de boost pour précipiter les choses, sans qu'on parle de stérilité. Enfin il y a des femmes "âgées" qui consultent parce que bébé ne vient pas aussi vite que prévu, mais il n'y a aucun problème dans le couple.
Sur ces 3 couples qui consultent, on ne retrouvera pas tout le monde en PMA, dieu merci ! Mais certains sont obligés d'y passer. Les statistiques actuelles considèrent que sur 10 couples qui consultent, 1 ira en PMA. Pour les autres, bébé viendra tout seul ou un petit coup de boost léger sera suffisant.
Mais dans les années qui viennent, de plus en plus de couples vont avoir besoin du petit coup de boost, voire de la PMA et les chercheurs considèrent que dans les 10 ans à venir, 3 couples auront un enfant sans problème (en étant grosso modo dans la norme de 1 grossesse pour 4 cycles) mais que 7 couples sur 10 consulteront pour infertilité. Sur ces 7 couples, certains seront redirigés vers la PMA (sur 10 couples qui consulteront, entre 2 et 3 seront dirigés en PMA).
A court terme, il n'y a pas à proprement parler de baisse de la natalité prévue. Mais les difficultés à concevoir devraient aller en augmentant et entraîner un recours plus important à la PMA et surtout, un surcoût non négligeable pour la Sécu... De plus, les techniques de PMA sont moins efficaces sur des couples plus âgés (et les femmes voudront leur 1er enfant de plus en plus tard) ou les couples présentant certains "problèmes"(comme le surpoids). Il est donc fort probable que dans les années à venir, les centres de PMA mettront en place des critères pour réserver les traitements à ceux qui ont le plus de chances que ça marche. Et il se pourait bien que la loi suive.
Il y a deux raisons essentielles qui sont avancées :
- reculement de l'âge du premier enfant pour les femmes qui dans les proches années à venir va passer à 30 ans (on prévoit même 33 ans...). Et à 30 ans, il y a déjà une baisse notable de la fécondité.
- Appauvrissement du sperme. On constate que les hommes ont de moins en moins de spermatos et que ceux-ci sont de moins en moins fécondants. A cela plusieurs raisons sont avancées : pollution, utilisation de produits nocif, tabac, alcool, sédentarité.
Ensuite il y a d'autres facteurs mais qui interviennent moins :
- dans une moindre mesure : appauvrissement du capital ovules par femme et avancement de l'âge de la ménopause.
- plus de problèmes gynécologiques comme l'endométriose, les OPK, plus de problèmes hormonaux (hypophyse et thyroïde). Les motifs avancés sont les mêmes que pour les hommes.
- problèmes génétiques.
Apparemment la norme actuelle de 25% de chances de grossesse par cycle serait en train de reculer aussi vers 20%, soit une chance de grossesse pour 5 cycles chez les couples sans problème.
Dans l'émission, il y avait aussi une stat un peu "alarmante". D'ici une vingtaine d'années, le nombre d'accouchements par césarienne devrait augmenter considérablement et dans les années qui suivront, il est possible que la césarienne devienne le seul mode d'accouchement pour les femmes. En effet, le bassin des femmes rétrécit, alors que la tête des bébés est de plus en plus grosse. Un jour, ça ne passera plus ! Déjà des maternités, notamment aux USA, ne proposent plus que la césarienne, qui permet de programmer l'accouchement et de limiter les risques post-accouchement, ainsi que les traumatismes de la vulve et du vagin et de diminuer fortement les problèmes de fuites urinaires ou fécales pouvant survenir après un accouchement par voie basse. Pour le moment on est encore dans le domaine du confort, mais on passera un jour dans celui de l'obligation...