Ma mère et moi avons eu une discussion un peu... houleuse... qui m'amène à vous demander ce que vous ne pensez.
Pour moi, il est important de s'accepter tel qu'on est pour pouvoir changer, surtout en matière de poids. Ca évite de vouloir "perdre vite", ou de déprimer et de manger encore plus, etc. Pour elle, il ne faut pas s'accepter, il faut "faire ce qu'il faut pour changer".
Pourtant, il me semble qu'accepter qu'on ait besoin de temps pour changer les choses, que tout ne se fait pas du jour au lendemain, que notre corps est peut-être un "corps de transit" est toujours plus sain que de se regarder dans la glace et de se dire "non, ça c'est pas moi" tous les matins comme elle le fait. Toujours plus sain que de balancer "on ne peut pas accepter d'être un gros tas" quand on est devenu obèse soi-même (elle a toujours été mince mais elle a pris du poids à la mort de ma grand-mère et depuis elle va de régime en régime sans parvenir à revenir à son poids de départ).
Pour moi, s'accepter ne veut pas dire "je suis comme ça, je reste comme ça coûte que coûte" mais, pour elle, à partir du moment où on s'accepte c'est qu'on est trop faible pour faire ce qu'il faut.
Elle monte sur sa balance tous les jours et regarde si elle a perdu ou non, même 100g. Si elle n'a pas perdu, elle se torture les méninges avec des "mais qu'est ce que j'ai pu manger ? c'est sûrement ça !" pourtant elle s'est plusieurs fois apperçue que ce qu'elle mangeait avait un effet variable sur son poids (parfois elle mange des pâtes et perds, parfois elle en mange la même quantité et prend). Mais elle s'obstine.
Elle s'obstine à traiter les obèses en gros tas comme si elle n'en était pas une. Ah oui mais j'oubliais, elle a des problèmes d'hypothyroïdie alors c'est normal. Par contre les autres, eux, n'ont ni maladies ni rien, bien sûr, ils sont juste trop faibles pour faire ce qu'il faut.
J'ai du mal, parfois, à la comprendre. Elle devrait savoir, pour l'avoir expérimenté, qu'on peut tester beaucoup de choses pour perdre du poids sans que ça fonctionne, ou qu'on peut s'en trouver encore plus "déréglé" en retour. Ou encore que les résultats ne sont pas visibles immédiatement. Alors pourquoi les obèses ne seraient pas des gens qui essayent quand même. Parfois j'ai envie de la secouer. De lui dire "quand on ne sait pas on se tait", mais c'est ma mère et je l'aime malgré tout.
C'est bizarre comme d'un obèse à l'autre, le regard peut changer sur les autres obèses ou, simplement, sur l'obésité.
Moi, j'assume, je m'accepte, je ne m'auto-flagelle pas tous les matins en me voyant dans le miroir. Elle, c'est le contraire.
J'avoue, à la fin de la conversation, m'être dit "il faut absolument que je perde du poids" rien que parce que j'ai l'impression de renvoyer à ma mère une image d'échec (à mon âge, elle était mince, je suis très ronde) mais... Mais non, je ne ferai pas ça pour elle, pas ça pour éviter qu'elle souffre. Je ne suis pas un échec : je suis une fille intelligente (il parait), j'ai de beaux yeux, un regard expressif, un sourire communicatif et je plais aux hommes autant qu'elle à mon âge (qu'elle ne veuille pas le comprendre ça ça la regarde), j'ai obtenu un diplome universitaire alors qu'elle n'a pas mis un orteil à l'université, je vais devenir professeur... Il est où l'échec ?
Mais peut-être que c'est moi qui me trompe... Peut-être qu'il faudrait que je me vois comme une fille sans volonté, un "gros tas" comme elle dit ?
Pour moi, il est important de s'accepter tel qu'on est pour pouvoir changer, surtout en matière de poids. Ca évite de vouloir "perdre vite", ou de déprimer et de manger encore plus, etc. Pour elle, il ne faut pas s'accepter, il faut "faire ce qu'il faut pour changer".
Pourtant, il me semble qu'accepter qu'on ait besoin de temps pour changer les choses, que tout ne se fait pas du jour au lendemain, que notre corps est peut-être un "corps de transit" est toujours plus sain que de se regarder dans la glace et de se dire "non, ça c'est pas moi" tous les matins comme elle le fait. Toujours plus sain que de balancer "on ne peut pas accepter d'être un gros tas" quand on est devenu obèse soi-même (elle a toujours été mince mais elle a pris du poids à la mort de ma grand-mère et depuis elle va de régime en régime sans parvenir à revenir à son poids de départ).
Pour moi, s'accepter ne veut pas dire "je suis comme ça, je reste comme ça coûte que coûte" mais, pour elle, à partir du moment où on s'accepte c'est qu'on est trop faible pour faire ce qu'il faut.
Elle monte sur sa balance tous les jours et regarde si elle a perdu ou non, même 100g. Si elle n'a pas perdu, elle se torture les méninges avec des "mais qu'est ce que j'ai pu manger ? c'est sûrement ça !" pourtant elle s'est plusieurs fois apperçue que ce qu'elle mangeait avait un effet variable sur son poids (parfois elle mange des pâtes et perds, parfois elle en mange la même quantité et prend). Mais elle s'obstine.
Elle s'obstine à traiter les obèses en gros tas comme si elle n'en était pas une. Ah oui mais j'oubliais, elle a des problèmes d'hypothyroïdie alors c'est normal. Par contre les autres, eux, n'ont ni maladies ni rien, bien sûr, ils sont juste trop faibles pour faire ce qu'il faut.
J'ai du mal, parfois, à la comprendre. Elle devrait savoir, pour l'avoir expérimenté, qu'on peut tester beaucoup de choses pour perdre du poids sans que ça fonctionne, ou qu'on peut s'en trouver encore plus "déréglé" en retour. Ou encore que les résultats ne sont pas visibles immédiatement. Alors pourquoi les obèses ne seraient pas des gens qui essayent quand même. Parfois j'ai envie de la secouer. De lui dire "quand on ne sait pas on se tait", mais c'est ma mère et je l'aime malgré tout.
C'est bizarre comme d'un obèse à l'autre, le regard peut changer sur les autres obèses ou, simplement, sur l'obésité.
Moi, j'assume, je m'accepte, je ne m'auto-flagelle pas tous les matins en me voyant dans le miroir. Elle, c'est le contraire.
J'avoue, à la fin de la conversation, m'être dit "il faut absolument que je perde du poids" rien que parce que j'ai l'impression de renvoyer à ma mère une image d'échec (à mon âge, elle était mince, je suis très ronde) mais... Mais non, je ne ferai pas ça pour elle, pas ça pour éviter qu'elle souffre. Je ne suis pas un échec : je suis une fille intelligente (il parait), j'ai de beaux yeux, un regard expressif, un sourire communicatif et je plais aux hommes autant qu'elle à mon âge (qu'elle ne veuille pas le comprendre ça ça la regarde), j'ai obtenu un diplome universitaire alors qu'elle n'a pas mis un orteil à l'université, je vais devenir professeur... Il est où l'échec ?
Mais peut-être que c'est moi qui me trompe... Peut-être qu'il faudrait que je me vois comme une fille sans volonté, un "gros tas" comme elle dit ?
Soyons dans l'énorme...
