Salut Q-Tip,
Ne te décourage surtout pas

!!!
Je ne sais pas vraiment comment faire, mais je suis atteinte d’HP, je peux essayer de te donner mon avis. Le rapport à l’alimentation est tellement personnel qu’il est difficile de parler de solution unique, enfin je crois

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Je crois l'on trouve dans la nourriture un réconfort terrible.
Dès que nous vivons une émotion forte (positive mais aussi malheureusement négative), nous avons du mal à gérer et nous trouvons réconfort dans la nourriture. La solution est rapide et très personnelle. On mange, on se rempli au maximum et lorsque l’on est vraiment rempli on ne pense plus à l’émotion mais à nous même, on se concentre sur soi.
Et on fait ce que l’on sait faire de mieux, on se dévalorise. Le problème ne vient plus de l’extérieur mais de nous, nous sommes bonnes à rien…
Faire ce que l'on sait faire et facile, pas besoin d'innover et donc pas besoin d'affronter l'inconnu et ses dangers

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Je crois que nous ne vomissons pas car nous avons quand même une connexion nerveuse liée à la sauvegarde de notre être (ne pas maigrir pour ne pas mourir, sauvegarde que les anorexiques n’ont pas, il me semble, et par rapport au boulimique, nous voulons bien parfois nous faire vomir, pensant bêtement que cela serait la solution, mais nous n’y arrivons même pas (ce qui parfois nous fait encore plus penser que l’on est bonne à rien) mais il y a là aussi de la sauvegarde, ne pas nous détraquer encore plus le système digestif, nous avons conscience qu’il ne faut pas aller plus loin….Je crois qu’il y a des explications scientifiques de ce style, il me semble en avoir lu peut être sur le site du GROS ou de l’AFTCA..
Je pense aussi que nous, les personnes atteintes d’HP (je ne connais pas les autres TCA) sommes des personnes qui prenons bien plus soin des autres que de nous même. Nous avons donc peur de nous retrouver seul car nous existons au travers du bien que l’on fait dans notre entourage. Et puis parfois, je me souviens je me disais que la nourriture était ma seule vraie amie, elle ne me faisait jamais défaut, toujours là quand j’avais besoin d’elle, silencieuse… Ma meilleure amie... qui pourrait comprendre cela dans mon entourage ?
C’est donc un sentiment normal, il me semble, que tu es peur de te retrouver seule, et d’être abandonné. Mais il n’en sera rien. Je te l’assure !!!! HP et abandon ne sont pas lié !!!
Se faire des amies ? Je pense qu’il faut peut être suffisamment s’aimer soi-même pour se sentir à l’aise devant les autres (je sais avec des kilos en plus, ce n’est pas si simple, mais le caractère peut prendre le dessus ( ?)…), avoir confiance en soi. Tu dois sûrement avoir plein de qualités

que recherchent des amies/copines. Je pense qu’il faut essayer d’aller vers les autres. Dans le cadre du lycée, moi, j’observais le groupe de filles que je voulais intégrer. J’attendais le bon moment pour leur parler. Du style j’essayais de manger avec elle, si elles avaient des problèmes en biologie je leur proposais mon aide…
Tu as eu des amies dans le passé, je reste persuader que tu en auras encore et des tas je te l’assure !!! Les gens passent dans nos vies, certains plus vite que d’autres certes, mais du passage il y en a toujours !!!
Je pense aussi que tu as beaucoup de chance car tu as 17 ans et que tu sais que tu es malade et de quoi. Tu en as conscience et c'est vraiment un point clef, tu as même déjà consulté !!!. J'ai 28 ans, je suis atteinte d'HP, après analyse de mon passé, depuis l'age de 11ans, je n'ai su de quoi j'étais atteinte seulement l'année dernière soit 16 ans après, tu imagines ??? 16 ans !!!

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Apres une crise terrible (j'ai cru que j'allais enfin exploser à la figure de tout le monde), je suis allé sur le net, j'ai trouvé de l'aide ici, et surtout des réponses.
Des régimes , j'en ai fait, me dévalorisant sans cesse car je n'étais bonne à rien . Et la famille et les 'amis' qui ne dit rien mais que tu surprends parfois entrain de parler de toi "si elle arrêtait un peu de manger n'importe quoi n'importe quand".... Et puis je me suis dit que j'avais besoin d'aide, l'aide d'une psychiatre compétente en TCA.
Je consulte depuis août 2005, c’est en décembre que j’ai réussi pour la première fois à ne plus manger pour répondre à mes émotions.
Aujourd’hui, je fais très attention à ma faim et j’essaye de ne manger que quand j’ai faim.
Je ne fais aucun régime, je mange vraiment ce que je veux, dans le cadre de cette faim. Et je maigris, je me respecte et je me sens bien. C’est le top, je maigris en mangeant du Nutella ou de la crème de marron (dans le cadre de ma faim !)!
Je me suis aperçue au fil du temps qu’à cause des régimes que je faisais, je conditionnais ma faim et mes envies, j’avais donc toujours très faim, toute la journée, je ne pensais qu’à la nourriture. Je pensais avoir un gros appétit. Aujourd’hui que je sais que je peux manger ce que je veux quand je veux.
Je me suis aperçue que j’avais un tout petit appétit (ce que personne dans mon entourage ne comprend, je serais toujours incomprise, de toutes façons !!!). Je mange seulement quand j’ai faim, mon rythme de vie me le permet, c’est vrai. Si un jour je suis obligée de passer à table à une heure fixe ? Je fais très attention dans la journée ou la veille pour manger peu, espérant avoir faim et manger avec appétit avec les amis au resto par exemple…et si je n’ai pas faim, je fais très attention à ne pas me laisser aller comme avant en mangeant trop, malgré les : « - Allez Connie, tu n’as rien mangé, prend un dessert ! ». Je me fais violence pour dire : « - Non, merci, vous ne voulez quand même pas que je sois malade ? »
Qui aurait cru que je dirais cela en le pensant vraiment et pas comme un dérivatif à un régime ???
Bien sur j’ai eu quelques crises depuis décembre. Par contre je me suis aperçue que la nourriture n’a plus du tout le même effet sur moi, elle ne me réconforte plus. Maintenant, si je mange trop, mon corps ne supporte plus et il me le fait bien comprendre… J’ai de terrible remonter acide, un mal au ventre atroce, je dois dormir assisse ou avec des tas de coussins et bien sur une bouteille d’eau pour diluer l’acidité… Alors maintenant j’ai un peu plus de respect pour moi et je fais tout mon possible pour ne plus accepter d’aller jusqu’à cet état de malaise/mal être. J’essaye d’identifier mes émotions, de voir ce qui me fait du mal et j’essaye de m’en prévenir….
Je pense que l’on n’en guérit jamais complètement car on ne sait jamais comment on assumera un coup dur. Et puis c’est un problème psychologique parfois profond. J’ai compris cela et j’apprends à vivre avec. Je l’assume. Des coups durs dans la vie, il y en a forcément. Par contre, avec le temps et une bonne analyse de soi même le réflexe de manger pour compenser s’efface de plus en plus.
Tu parles d’un mec manipulateur

. Je terminerai par çà . Moi aussi j’ai rencontré dans le passé un mec manipulateur. J’étais complètement à ses pieds, je ne pensais que par lui, pourtant j’ai un fort caractère (forcément on ne peut pas être une battante à l’école, à la fac, dans le boulot et dans sa vie personnelle, on ne peut pas tout contrôler…). Il m’a fait beaucoup de mal, il m’a beaucoup dévalorisé. Et puis on se disputait souvent. J’ai donc repris 10kg perdu avant de le rencontrer. Quand il m’a quittait (l’histoire est plus compliquée que cela...), j’ai eu beaucoup de mal à m’en remettre et pourtant je savais que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Un jour, j’ai pris du recul, et j’ai pris conscience combien il avait pu me détruire.
Mais vois-tu au bout du compte je me dis que j’ai eu de la chance (sisisi

) de rencontrer un mec de la sorte. Des comme lui, il y en a plein, maintenant je sais les reconnaître, et jamais plus je ne laisserai un homme me manquait de respect !
Ton ex, je l’espère, n’a probablement pas était aussi pourri que le miens, mais il t’a isolé…. Maintenant que tu as connu ça (à 17ans !!!! tu es jeune, et au plus vite tu apprends au mieux ça te sert !) Jamais plus on ne t’y reprendra !!!
En ce qui concerne les amis, c’est difficile de retourner vers eux, je sais.
Par contre la famille, c’est la famille. Je me retournerai vers elle. Même si elle ne comprend pas tout.
Ma mère ne comprenait pas mon problème.
Un jour je lui ai dit « -vient, je me connecte, je vais te montrer un site sur Internet ». Je suis venu sur ce site et je lui ai montré des témoignages, je lui ai expliqué ma maladie. Je la sous estimée, je pensais qu’elle ne comprenait pas et puis finalement elle a tout de suite compris mon mal vivre. Elle ne savait pas que ca existait c tout!
Maintenant, elle me soutient comme elle peu. Elle est un peu gauche des fois mais je ne peux pas lui en vouloir.
Et puis aussi maintenant je n’ai plus rien à prouver à personne. Je ne parle plus de mon problème de poids, je ne parle pas d’hyperphagie boulimique, c’est tellement personnel. Parler d’HP, voudrait dire parler aussi des problèmes psychologiques que j’ai eu, des troubles… je n’ai pas envie que les gens sachent. Comprendraient-ils? Que diraient-ils ? Et puis je n’ai plus besoin de me justifier.
Avant je disais au mec que je rencontrais que j’avais des kilos de trop mais que je faisais un régime, comme pour me faire pardonner de ce poids. J’étais bien bête. Je m’aimais tellement peu que je ne comprenais pas qu’un mec m’aime (et pourtant des mecs j’en ai eu et les plus beaux des soirées en plus…).
J’ai rencontré un mec récemment

. J’aime beaucoup être avec lui. J’ai vu les photos de ses ex, des brindilles, mais je ne me sens pas mal à l’aise face à elle. Déjà car elles font partie de son passé et que moi je suis là ! Mais aussi car je me sens de mieux en mieux dans mon corps. Et puis dans son regard je vois du désir. J’ai encore besoin de plaire à l’autre pour être sure de plaire… J’ai encore beaucoup de chemin à faire, mais il faut s’accrocher… on ne changera pas les choses, par contre on peut se changer nous , évoluer, se sentir mieux, se comprendre...
Et toi ma chère Q-tip, tu as 11 ans de moins que moi, donc 11 ans de plus pour aller bien mieux

!!!
Oups, mon intervention est bien longue, mais quand j’interviens, j’interviens
Je vais m’arrêter là !
A très bientot! Prenez soin de vous!
ha oui, un livre que je ne cesse de conseiller (sans avoir aucune action!!!) maigrir c dans la tête, Dr Gérard Apfeldorfer, Odile Jacob. Il y a des idées que je ne partage plus aujourd'hui mais au début de ma prise de conscience il a été une vrai bible pour moi.
Connie