Il y a près de 150 ans, Charles Baudelaire s'essaya à décrire en quoi l'oeuvre de Wagner, conspuée par une partie de la critique, ne devait pas être ignorée du grand public. Comment décrire le frisson qui l'avait saisi à l'écoute de cette musique ?
" Aucun musicien n'excelle, comme Wagner, à peindre l'espace et la profondeur, matériels et spirituels. (...) Il possède l'art de traduire, par des graduations subtiles, tout ce qu'il y a d'excessif, d'immense, d'ambitieux, dans l'homme spirituel et naturel. Il semble parfois, en écoutant cette musique ardente et despotique, qu'on retrouve, peintes sur le fond des ténèbres, déchiré par la rêverie, les vertigineuses conceptions de l'opium". (in Baudelaire, L'art romantique)
Etre un très grand poète aide certainement à décrire ce que je qualifierais de communion spirituelle avec une oeuvre d'art. Non, rien de pédant dans la phrase qui précède : un simple constat. Si la fonction des artistes dans toute société est parfois contestée, c'est par ceux qui ne réalisent pas qu'ils sont les (véritables) sauveurs de nos âmes en leur offrant l'accès à la transcendance et à l'éternité.
L'artiste cherche à rendre le monde plus beau tout en cherchant à en rendre insupportable ses maux. Oscillant entre l'enfer et le paradis, il peut donner un sens à nos vies. Parfois, il se met en croix. Sacré et transgression sont au coeur de l'art.
Or, comme le soulignait Baudelaire :
"Un artiste, un homme vraiment digne de ce nom, doit posséder quelque chose d'essentiellement sui generis, par la grâce de quoi il est lui et non un autre. A ce point de vue, les artistes peuvent être comparés à des saveurs variées, et le répertoire des métaphores humaines n'est peut-être pas assez vaste pour fournir la définition approximative de tous les artistes connus et de tous les artistes possibles." (idem).
Je pourrais vous évoquer un homme, état civil : William Trent Reznor.
Je pourrais broder sur sa biographie, sur son passé qui pèse sur l'homme et l'artiste d'aujourd'hui, Nine Inch Nails.
Je pourrais tenter (en vain) décrire cette musique, ces quelques albums qui s'échelonnent de 1989 à 2006...
Mais je n'en ferai rien.
Je préfère vous inviter, chèr(e)s lecteurs/lectrices, à fermer les yeux et imaginer la bande-son du film intitulé :
"il n'y a pas de rage de vivre sans désespoir de vivre".
-------
Pour infos :
les "tonalités" des albums ont évolué au fil du temps....dire qu'une chanson ou un album "résume" NIN serait dès plus osé. Néanmoins, vous trouverez :
_des vidéos en stream sur le site officiel à http://www.nin.com/visuals/index.html
(conseil : Hurt / Closer/Live in studio performances 2002/Live : the frail-the wretched (2002)
_des articles à http://www.9inchnails.com/articles/index.php
avec la discographie et les paroles complètes...
_enfin, le dernier album With Teeth, en stream et en entier sur le blog officiel à http://www.myspace.com/nin
" Aucun musicien n'excelle, comme Wagner, à peindre l'espace et la profondeur, matériels et spirituels. (...) Il possède l'art de traduire, par des graduations subtiles, tout ce qu'il y a d'excessif, d'immense, d'ambitieux, dans l'homme spirituel et naturel. Il semble parfois, en écoutant cette musique ardente et despotique, qu'on retrouve, peintes sur le fond des ténèbres, déchiré par la rêverie, les vertigineuses conceptions de l'opium". (in Baudelaire, L'art romantique)
Etre un très grand poète aide certainement à décrire ce que je qualifierais de communion spirituelle avec une oeuvre d'art. Non, rien de pédant dans la phrase qui précède : un simple constat. Si la fonction des artistes dans toute société est parfois contestée, c'est par ceux qui ne réalisent pas qu'ils sont les (véritables) sauveurs de nos âmes en leur offrant l'accès à la transcendance et à l'éternité.
L'artiste cherche à rendre le monde plus beau tout en cherchant à en rendre insupportable ses maux. Oscillant entre l'enfer et le paradis, il peut donner un sens à nos vies. Parfois, il se met en croix. Sacré et transgression sont au coeur de l'art.
Or, comme le soulignait Baudelaire :
"Un artiste, un homme vraiment digne de ce nom, doit posséder quelque chose d'essentiellement sui generis, par la grâce de quoi il est lui et non un autre. A ce point de vue, les artistes peuvent être comparés à des saveurs variées, et le répertoire des métaphores humaines n'est peut-être pas assez vaste pour fournir la définition approximative de tous les artistes connus et de tous les artistes possibles." (idem).
Je pourrais vous évoquer un homme, état civil : William Trent Reznor.
Je pourrais broder sur sa biographie, sur son passé qui pèse sur l'homme et l'artiste d'aujourd'hui, Nine Inch Nails.
Je pourrais tenter (en vain) décrire cette musique, ces quelques albums qui s'échelonnent de 1989 à 2006...
Mais je n'en ferai rien.
Je préfère vous inviter, chèr(e)s lecteurs/lectrices, à fermer les yeux et imaginer la bande-son du film intitulé :
"il n'y a pas de rage de vivre sans désespoir de vivre".
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Pour infos :
les "tonalités" des albums ont évolué au fil du temps....dire qu'une chanson ou un album "résume" NIN serait dès plus osé. Néanmoins, vous trouverez :
_des vidéos en stream sur le site officiel à http://www.nin.com/visuals/index.html
(conseil : Hurt / Closer/Live in studio performances 2002/Live : the frail-the wretched (2002)
_des articles à http://www.9inchnails.com/articles/index.php
avec la discographie et les paroles complètes...
_enfin, le dernier album With Teeth, en stream et en entier sur le blog officiel à http://www.myspace.com/nin
