...Et j'ai serré mon oreiller et j'ai chialé comme une chochotte de madeleine.
Tout a débuté cette après-midi.
Rendez-vous prévu avec une amie expatriée que je n'avais pas revue depuis 3 mois. C'est donc enthousiaste que je commence à me préparer. Douche, ok. Maquillage, ok. Coiffage, ok. Habillage, ok. Miroir,...et merde.
Je ne me regarde JA-MAIS de la tête aux pieds dans ce réflecteur d'horreur, mais là , mes yeux ont ripé.
Et ils m'ont fait voir l'implacable réalité: un corps massif, du gras partout, de lourds cuissots, un ventre débordant, un fessard imposant, une poitrine (bien trop) généreuse. (je n'exagère pas; je fais une taille 52 voir plus)
J'ai bloqué de longues minutes, et dans ma tête ne résonnaient que ces mots à la chaîne "je ne peux pas".
Non, je ne pourrai pas voir cette amie, pas après ce que je viens de voir, pas au centre-ville devant tous ces gens, c'est impossible, je n'exposerai pas ce corps monstrueux à la vue de tous.
La lâche que je suis n'a pas tardé à prendre son téléphone, prétexter un bobard et annuler l'entrevue.
J'ai eu envie de prendre la voiture et de me retirer dans un endroit "loin de tout" histoire de reprendre mes esprits. Je suis arrivée à un lac. Personne. Tant mieux.
Avant d'affronter la pluie, j'ai voulu téléphoner à mon ex (avec qui j'entretiens une relation amicale très forte) pour entendre une voix "connue" et donc (a priori) réconfortante; nous parlons de tout mais surtout de rien, notamment de l'émission "l'Amour est dans le pré"; je lui explique que certains agriculteurs me gavent, surtout lorsqu'ils prétendent ne pas faire attention au physique et préférer la "beauté du coeur", pour au final choisir la seule nana en micro jupe, superficielle à souhait, au QI de poule. N'étant pas dans mon assiette, je caricature, j'extrapole, et j'en arrive à dire que les mecs ne s'intéressent qu'au physique (et puis j'en rajoute; quitte à mettre tous les oeufs dans le même panier, autant faire une omelette ^^) Mon ex me rétorque que je caricature (j'en suis consciente sur le coup, mais esprit de contradiction oblige !) et me sort un truc du genre "Non, c'est faux; on ne s'intéresse pas qu'au physique, regarde, je suis bien sortie avec toi."
...et là , c'est le drame.
Aussi sec, je lui dis que c'est certainement pas pour son intelligence que j'étais sortie avec lui, et je lui raccroche au nez.
Il s'est expliqué au moins 10 fois depuis cette altercation, m'a dit que même avec mes rondeurs, il m'a toujours trouvée jolie; je comprends ce qu'il a voulu dire, et pourtant, je suis toujours autant affectée par ses propos.
Je me trouve clairement moche. On est bien d'accord, il est certain que s'il n'avait tenu compte que du physique, sans en savoir davantage sur moi, sans me connaître, il ne m'aurait pas choisie (nous nous sommes rencontrés sur la toile). Moi non plus, d'ailleurs, je ne me serais pas choisie.
Et pourtant ça fait mal.
Que je le veuille ou non, mon physique est ce qu'il est et il fait parti de qui je suis. Je ne veux pas que l'on ne m'apprécie qu'en pièces détachées: la tête je garde, je corps, poubelle.
J'aime pas mon corps, et pourtant j'aimerais que quelqu'un soit susceptible de l'aimer.
Est-ce que j'en demande trop ? Suis-je simplement une éternelle insatisfaite ?
Suis-je condamnée à sortir avec des personnes qui apprécieront ma personnalité et qui tolèreront seulement mon physique ?
Est-ce que l'acceptation n'est qu'un mirage ?
Dois-je changer, modifier ce corps ?
Je m'excuse par avance de m'être autant étalée, mais cette journée "sans" m'a vraiment ébranlée et je suis perdue; j'avais besoin de vous en parler.
Merci de m'avoir lue.
Doli.
Tout a débuté cette après-midi.
Rendez-vous prévu avec une amie expatriée que je n'avais pas revue depuis 3 mois. C'est donc enthousiaste que je commence à me préparer. Douche, ok. Maquillage, ok. Coiffage, ok. Habillage, ok. Miroir,...et merde.
Je ne me regarde JA-MAIS de la tête aux pieds dans ce réflecteur d'horreur, mais là , mes yeux ont ripé.
Et ils m'ont fait voir l'implacable réalité: un corps massif, du gras partout, de lourds cuissots, un ventre débordant, un fessard imposant, une poitrine (bien trop) généreuse. (je n'exagère pas; je fais une taille 52 voir plus)
J'ai bloqué de longues minutes, et dans ma tête ne résonnaient que ces mots à la chaîne "je ne peux pas".
Non, je ne pourrai pas voir cette amie, pas après ce que je viens de voir, pas au centre-ville devant tous ces gens, c'est impossible, je n'exposerai pas ce corps monstrueux à la vue de tous.
La lâche que je suis n'a pas tardé à prendre son téléphone, prétexter un bobard et annuler l'entrevue.
J'ai eu envie de prendre la voiture et de me retirer dans un endroit "loin de tout" histoire de reprendre mes esprits. Je suis arrivée à un lac. Personne. Tant mieux.
Avant d'affronter la pluie, j'ai voulu téléphoner à mon ex (avec qui j'entretiens une relation amicale très forte) pour entendre une voix "connue" et donc (a priori) réconfortante; nous parlons de tout mais surtout de rien, notamment de l'émission "l'Amour est dans le pré"; je lui explique que certains agriculteurs me gavent, surtout lorsqu'ils prétendent ne pas faire attention au physique et préférer la "beauté du coeur", pour au final choisir la seule nana en micro jupe, superficielle à souhait, au QI de poule. N'étant pas dans mon assiette, je caricature, j'extrapole, et j'en arrive à dire que les mecs ne s'intéressent qu'au physique (et puis j'en rajoute; quitte à mettre tous les oeufs dans le même panier, autant faire une omelette ^^) Mon ex me rétorque que je caricature (j'en suis consciente sur le coup, mais esprit de contradiction oblige !) et me sort un truc du genre "Non, c'est faux; on ne s'intéresse pas qu'au physique, regarde, je suis bien sortie avec toi."
...et là , c'est le drame.
Aussi sec, je lui dis que c'est certainement pas pour son intelligence que j'étais sortie avec lui, et je lui raccroche au nez.
Il s'est expliqué au moins 10 fois depuis cette altercation, m'a dit que même avec mes rondeurs, il m'a toujours trouvée jolie; je comprends ce qu'il a voulu dire, et pourtant, je suis toujours autant affectée par ses propos.
Je me trouve clairement moche. On est bien d'accord, il est certain que s'il n'avait tenu compte que du physique, sans en savoir davantage sur moi, sans me connaître, il ne m'aurait pas choisie (nous nous sommes rencontrés sur la toile). Moi non plus, d'ailleurs, je ne me serais pas choisie.
Et pourtant ça fait mal.
Que je le veuille ou non, mon physique est ce qu'il est et il fait parti de qui je suis. Je ne veux pas que l'on ne m'apprécie qu'en pièces détachées: la tête je garde, je corps, poubelle.
J'aime pas mon corps, et pourtant j'aimerais que quelqu'un soit susceptible de l'aimer.
Est-ce que j'en demande trop ? Suis-je simplement une éternelle insatisfaite ?
Suis-je condamnée à sortir avec des personnes qui apprécieront ma personnalité et qui tolèreront seulement mon physique ?
Est-ce que l'acceptation n'est qu'un mirage ?
Dois-je changer, modifier ce corps ?
Je m'excuse par avance de m'être autant étalée, mais cette journée "sans" m'a vraiment ébranlée et je suis perdue; j'avais besoin de vous en parler.
Merci de m'avoir lue.
Doli.
"Le Destin mêle les cartes, et nous jouons." A. Schopenhauer.
