_Aphasie_ a écrit :En tout cas, quand je me prends à être nostalgique de mon passé (de mes 16 à mes 20 ans en gros), j'essaie de me rappeler, aussi, du cortège d'angoisses qui l'accompagnait. On oublie souvent les incertitudes, les souffrances, qui sont très vives dans ces phases de construction de soi.
Au final je me dis que je suis très heureuse d'avoir vécu tout ça, j'y pense avec plaisir, mais en aucun cas je ne souhaiterai le revivre maintenant. Je suis peut-être moins passionnée aujourd'hui, mais aussi beaucoup moins à vif, et beaucoup beaucoup plus heureuse.
Je trouve ce que tu as écrit parfaitement juste. La passion c'est du mouvement, et ça peut nous manquer lorsqu'on est établi(e). Quand on ne se sent pas vivre, on se demande si on vit encore...et pourtant rien n'a plus de prix à mes yeux que ce qui a été construit dans ma vie, même si tout cela est aussi solide qu'immobile.
La passion qui nous manquerait doit-elle forcément être amoureuse ? Ne peut-elle pas être dans une belle amitié ou un grand projet ?
Car je crois surtout que la passion amoureuse est un terrain glissant, et qu'elle est bien moins constructive que les passions ne reposant pas sur l'ivresse de la séduction.
Quand on est aimé(e), on compte ; c'est quand on aime qu'on ne compte pas.
