«Si vous ne perdez pas du poids, c’est que vous ne travaillez pas assez»
Source : A lire ici
Tribune de Genève

Arnaque - Une représentante d’ONG est déclarée persona non grata au Palais des Nations.
La semaine dernière, Wilda Spalding, organisatrice de stages en marge de l'ONU a été interdite d'accès au Palais des Nations. Dorénavant, cette ressortissante américaine, qui se dit représentante de plusieurs ONG, ne pourra plus être accréditée à titre personnel auprès de l'organisation internationale.
Un séjour qui tourne au cauchemar
Cette décision intervient après que trois participantes au programme de Mme Spalding ont porté plainte contre ses pratiques et qu'une autre a été hospitalisée pour surmenage. Mme Spalding organise depuis 1998 des stages parallèlement à la Sous-Commision des droits de l'homme pour des étudiants étrangers.
Pour 600 dollars américains les participants étaient censés recevoir une formation académique et professionnelle. Pourtant, très vite le séjour tourne au cauchemar. «Si vous ne perdez pas du poids d'ici à une certaine période, cela voudra dire que vous ne travaillez pas assez dur.»
Ce témoignage rapporté par Karren Baird-Olson, l'une des plaignantes, est éloquent. «Son calendrier de travail créait d'inévitables manques de sommeil», explique aussi Karren.
Outre les activités qui ne sont pas conformes au programme établi, Mme Spalding instaure des règles de conduite draconiennes qui maintiennent les stagiaires dans un stress permanent.
Il est interdit de se déplacer seul, même pour aller aux toilettes, ou de s'exprimer publiquement sans avoir reçu l'aval de l'organisatrice. Il est aussi fortement déconseillé d'avoir des relations sexuelles pendant les cinq semaines que dure le stage. Ces règles, le manque de sommeil, de nourriture et le stress accumulé provoquent des défaillances.
Une personne hospitalisée
Deux semaines après être arrivée à Genève, Rebecca, une des participantes est victime d'un malaise au cours d'une réception. Elle est hospitalisée pendant deux jours pour cause d'épuisement moral et physique.
A son retour, elle est accueillie de façon inattendue: «Je ne me sens pas désolée pour ce qui t'est arrivé. Tu vas aller dire aux autres que c'est ta consommation de drogue et d'alcool qui a provoqué ton évanouissement.»
Suite à cet épisode, trois participantes et l'assistante décident de porter plainte auprès de l'ONU à l'encontre de Mme Spalding.
Une enquête interne est alors diligentée au terme de laquelle Mme Spalding est déclarée persona non grata au sein de l'organisation internationale.
Si Mme Spalding est interdite d'ONU à titre individuel, il n'en est pas de même pour les deux ONG qu'elle dirige et par l'intermédiaire desquelles elle se faisait accréditer. Pourtant, il se pourrait que ces deux ONG (Women Sports Foundation et Rehab Hope Foundation) soient aussi interdites. Selon le Registre du commerce californien, les deux ONG ont vu leurs statuts suspendus.
Pour Marie Heuzé, directrice du département communication de l'ONU, «ce serait la première fois que des ONG sont interdites parce qu'elles n'existent plus.»
Ainsi, au sein du Palais des Nations la consternation règne. Selon Marie Heuzé, «Mme Spalding a abusé du statut que lui conférait l'accréditation de représentant d'ONG auprès de l'ONU pour se livrer à des activités lucratives. C'est inadmissible.»
Quant à Mme Spalding, sur les deux numéros de télélphone disponibles sur son site Internet, l'un aboutissait auprès d'une compagnie qui n'avait jamais entendu parler de cette dame et l'autre était un faux numéro.
Source : A lire ici
Tribune de Genève
