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Coucou,

(j'espère que je poste au bon endroit...)

Depuis quelques semaines, je pose souvent la question suivante : A quel moment précisement, je me suis sentie suffisamment mal pour basculer vers les TCA et en l'occurence vers les crises de boulimie ? Quels sont les éléments qui m'ont poussé à faire le régime de trop. Est ce que c'est la nature du régime qui m'a détruite (régime Dukan) ou bien l'image qu'il me renvoyait de moi ? En clair, comment j'en suis arrivée là !?!

J'y ai beaucoup réflechi, parce que je crois que si j'arrive à repondre à ses questions ça sera un pas en avant pour moi, mais je ne trouve pas de réponse clair.
Et vous, où en êtes vous ? Est ce vous aussi vous êtes perdus ? Vous avez mis combien de temps pour vous sentir apaisé ?

Voilà, désolée si mon post est un peu décousu mais je me sens moi même un peu décousue...

Bon week end ;)
J'ai toujours plus ou moins eu des TCA, quand j'y repense.
Là où j'ai basculé, c'est après un énième régime suivi par une diététicienne vers l'âge de 17 ans + le bac + les concours à passer + le début de mes études.

Et j'ai quand même continuer à consulter des diét, malgré tout...
J'ai toujours eu la tentation de me consoler avec la nourriture, c'était la réponse de mon père quand on était malheureux, il nous donnait à manger.

Ensuite j'ai commencé enfant déjà à manger le soir (en cachette) avant d'aller au lit, car j'avais remarqué que cela m'aidait à m'endormir.

J'étais quand même mince car je ne digérais pas très bien et du coup si je mangeais trop, après je ne mangeais pas beaucoup.

A ma première grossesse, j'ai pris beaucoup de poids et je me suis dit "c'est foutu, j'ai trop grossi pour réussir à reperdre" et j'ai lâché la restriction cognitive que je m'imposais entre-deux crises.

Ensuite je n'ai fait que grossir jusqu'à avoir 50 kilos de plus qu'avant mon premier enfant. J'ai fait deux dépressions et pendant ces dépressions j'ai eu le sentiment de me noyer dans la bouffe, les TCA étaient journaliers (enfin surtout nocturnes). J'avais le sentiment de n'avoir plus aucun contrôle là-dessus et plus j'en souffrais, plus je mangeais. Les différents régimes que j'ai fait ont aggravé cela, car je perdais en restriction en ensuite quand je retouchais un aliment je n'arrivais plus à m'arrêter et je reprenais chaque fois plus que j'avais perdu.

Maintenant, il m'arrive bien sur de manger uniquement par envie, au dela de ma faim, quelques fois pour apaiser un sentiment que je n'ai pas réussir à calmer autrement, mais comme je ne cherche plus à avoir un controle, j'essaie de profiter de ce que je mange, sans me stresser et du coup, je me sens quand même bien libérée par rapport à avant.
ça vient de toute petite je pense; la nourriture me dégoutait, je n'avais jamais faim, je prenait un repas environ 1 fois/semaine.
a l’adolescence j'ai commencé les crises de boulimie dûes principalement aux conflits avec ma mère, a 20 ans je me faisais vomir en plus. et puis je jeûnais une semaine pour me punir d'avoir craquer ...
j'ai espacé les crises en rencontrant mon mari mais j'ai toujours des périodes de restrictions cognitives.

il y a des jours je suis optimiste, je me dis que ca va s'arranger, je vais réussir à gérer, et d'autres jours je me dis que je ne m'en sortirai jamais. moi aussi je suis un peu perdue. :roll:
surtout face au scepticisme ambiant quand j'évoque la RA, l'impression d'être une extra terrestre, de dire des inepties... a part le mot "régime" les gens n'entendent rien. c'est quand même dingue de ne pas vouloir au moins écouter ce que les autres ont à dire non?
Connaître c'est comprendre toute chose au mieux de nos intérêts (F. Nietzsche)
je pense que je suis tombée dedans à la naissance, dans ma tête j'ai toujours été trop grosse et je n'entendais parler QUE de régime et de minceur (maman anorexique)

de régime en régime je suis passée d'un IMC de 19 à presque 30 aujourd'hui... j'y ai gagné des tas de kilos, et perdu toute estime de moi même...

avant de commencer les régimes je sautais déjà tous les repas que je pouvais (c à d non sous surveillance familiale... je n'étais pas devenue maigre, juste "bien" mais quand même réussi à arrêter mes règles) mais à partir de 17 ans ça a été les régimes (non encadrés et du grand n'importe quoi mais ma famille était contente : j'allais être mince... euh raté !je suis passée du 38/40 au 46 !)
et j'oubliais peut être le plus important, j'ai refusé ma féminité suite à une agression à 14 ans, c'est à partir de là que j'ai vraiment "serré la vis" et commencé le yoyo. J'ai même cassé ma croissance : les radios osseuses annonçaient 1m79 et je me suis arrêtée pendant 2/3 ans de grandir pour reprendre ensuite jusqu'à 1m74 à 21 ans, mon othodontiste était bien emm... que mon développement ait stagné comme ça, ça m'a obligée à garder 4 ans mon appareil :x
Ca a commencé à 10 ans.

Mon père, avec son travail, devait déménager tous les 3 à 6 ans. Et là j'ai atterri en ras campagne, avec pour seule compagnie le mercredi les champs tout autour, la porcherie, et des maisons en construction... J'ai perdu tous mes amis, et dans la même année, on m'a diagnostiqué enfant précoce ... résultat dans l'école où j'étais, je suis passée pour la personne à abattre ...

J'ai très mal vécu tout ça, et donc j'ai commencé à manger beaucoup (hyperphagie, parce que je ne vomissais pas). Mais ça passait bien parce que je faisais beaucoup de sports, donc je restais mince voire en léger surpoids.

Le pire ca a été ces 3 dernières années... j'ai pris 50 kgs en hyperphagie constante avec le stress des exams, un copain aux abonnés absents qui m'a largué et d'autres gros problèmes.
J'ai toujours été ronde, d'aussi loin que je me souvienne. Pourtant en regardant les photos aujourd'hui, je ne l'étais pas tant que ca. Je me suis toujours sentie comme à mon poids maximum (150kg), même quand j'en pesais la moitié.

J'ai commencé jeune les régimes de par moi-même, parce que j'avais l'impression que personne ne m'aimait comme ca. Je faisais en plus un sport à haut niveau où seules les très minces (maigres?) y arrivaient + d'autres sports en parallèle.

Puis le lycée, la libération, une autre vie. Pourtant j'ai toujours dû rentrer chez moi le soir pour retrouver ce que je n'aimais pas, je n'étais pas aidée financièrement donc je ne pouvais pas manger le midi. J'ai tenu 3 ans à gargouiller devant le sandwich de mes autres camarades, trouver des stratégies d'évitement, pour finir par savoir contrôler ma faim sans en souffrir.

1 an après avoir quitté le lycée, j'ai arrêté complétement de manger. J'ai tenu 1 an. J'habitais encore avec mes parents et je ne sortais pas, je n'avais pas réussi à reprendre mes études, je restais à la maison à ne rien faire, à rien vouloir, ou personne qui voir.

2 ans après, après bien des aventures, je suis devenue boulimique vomitive. J'avais 24 ans, je n'arrivais plus à ne plus manger, je n'arrivais plus à contenir ma colère, il fallait quelque chose qui m'épuise, qui m'apaise, et quelque part qui me détruise.

Aujourd'hui j'ai 30 ans et je suis toujours boulimique vomitive, même si je ne peux plus vomir pour le moment. Je pèse toujours le double de mon poids au lycée, je n'ai toujours pas d'amis, mais je suis beaucoup plus heureuse aujourd'hui qu'avant. J'ai l'espoir que tout s'estompe, qu'un jour je ne me réveillerai pas en voulant faire une crise, voire que je ne ferai plus jamais de crise, mais je sais pertinemment que les TCA c'est "pour un jour, pour toujours", alors j'attends, j'observe, j'apprends.

J'ai basculé le jour où je n'avais plus d'espoir du tout pour rien ni personne, où j'étais tellement triste tout le temps que la seule réponse que j'ai trouvé c'était d'arrêter de manger et de mourir.

J'avais 10 ans.
I got the spirit. But lose the feeling.
Ohio a écrit :J'ai basculé le jour où je n'avais plus d'espoir du tout pour rien ni personne, où j'étais tellement triste tout le temps que la seule réponse que j'ai trouvé c'était d'arrêter de manger et de mourir.

J'avais 10 ans.


c'est trés dur comme témoignage. :kiss:
Connaître c'est comprendre toute chose au mieux de nos intérêts (F. Nietzsche)
Excusez moi les filles de ne pas avoir répondu. Je n'ai pas reçu les notifications par mail et du coup, j'ai cru que mon post n'intéressait personne...

En tout cas, merci pour vos histoires. Certains éléments résonnent en moi notamment ceux qui concernent les agressions sexuelles. A creuser ! J'aimerais juste me sentir bien, apaisé, en paix... Je sais que tout n'est pas perdu, que je dois me montrer patiente mais parfois j'aimerais pouvoir dire à ma psy "Bon alors qu'est ce que j'ai concrètement et qu'est ce qu'on peut faire pour que j'aille mieux ?!" Comme avec une grosse grippe :lol: J'aimerais tant des solutions concrêtes. ça serait super si on pouvait me dire fais 3 fois le tour de ton paté de maison, saute à cloche pied 10 fois sur la gauche, avale un bol de velouté de courgette avec l'oeil gauche fermé, dessine toi une coccinelle sur le poignet et tout ira bien pour toi. Aaaah, le bonheur ! :lol:

Emmyjoly : j'ai arrêté de vouloir faire comprendre aux gens le concept de la RA parce que soit j'explique mal, soit ils ne veulent pas comprendre mais on fini systématiquement sur une incompréhension et des yeux ahuris :roll:
Vos témoignages sont très émouvants...

Je n'ai jamais vraiment basculé pour le moment, mais je sais que je suis sur le fil depuis des années, et j'essaye de pas tomber du mauvais côté. Ces deux dernières années, je pense que je m'écarte du danger, ça va mieux.

Au départ, le problème, c'est ma mère et son rapport à la nourriture. Manger, c'est mal. Le fromage, c'est le craquage de 16h, du coup après on mange un sachet-minceur infect. On fait un footing : après on mange pas, sinon c'est bête de perdre le bénéfice du footing. On met pas de jupe parce qu'on n'aime pas ses genoux potelés.
Globalement, la vie est un sacrifice, il faut toujours payer les plaisirs. Sinon, c'est la débandade, et tout fout le camp.

Je la caricature à peine. Elle s'est fait vomir pendant des années en cachette. C'est quand je m'en suis aperçue que j'ai réalisé que ses discours étaient peut-être à remettre en question.

Elle a absolument pas conscience de son problème. Elle est pas grosse, mais elle est carencée, complexée, au régime en permanence.

Quand j'ai commencé à essayer de vivre autrement, ça a été dur pour elle. J'ai commencé à prendre des libertés quand j'ai quitté le domicile parental. Elle me hurlait dessus comme une folle quand elle m'entendait manger un truc au téléphone - sans même savoir si j'avais déjà mangé autre chose avant, si c'était un grignotage ou mon repas, ou ce que c'était comme aliment.

Au début, j'ai grossi. Forcément, quand on a toujours été élevée dans l'idée que le plaisir alimentaire est un plaisir coupable... J'étais comme elle : mince et en mauvaise santé. Je suis devenue grosse, car la découverte que personne n'allait m'engueuler si je mangeais 20 nems au dîner a été comme une bouffée d'air frais.

Depuis je me suis calmée, je mange normalement, j'adore manger. J'ai minci mais je suis en bonne santé cette fois-ci.

J'apprends encore à manger sans crainte, j'avoue avoir encore besoin de repères et ne pas compter sur ma seule perception de la faim (difficile à retrouver!), mais je n'ai plus de culpabilité, ce sont juste des repères.

J'espère ne pas basculer.
la beau té de la vie pas se la dou leur de mou rir
Ma mère aussi, même si différemment.
Elle a toujours été assez ronde, au contraire de celle de Salammbo, mais aussi dans un rapport extrêmement névrotique à la nourriture. Rapport typique de la régimeuse, en fait : classer les "bons" et les "mauvais" aliments, "équilibrer" les repas au maximum... et ensuite se faire de bons gros craquages réconfort sous forme de goûters ou de grignotages du soir.
Depuis gamine, quand je dois faire une prise de sang, quand on s'est fâchées et qu'on se réconcilie, etc, ma mère me fait "fêter" ça avec de la nourriture.
La nourriture c'est le mal, la nourriture c'est le bien, le réconfort, le seul.
Gamine, même si ça restait suffisamment jugulé niveau quantités pour que ça ait peu d'incidence sur mon poids, j'achetais déjà des barres chocolatées à la machine du collège pour les manger en cachette le soir dans mon lit.

Aux alentours de mes 17-19 ans (c'est terrible, car je l'ai tant refoulé à l'époque que je ne sais plus mettre une date précise dessus...), mon beau-père a commencé à me toucher.
C'était discret, sous couvert de câlins à chaque fois, et je me disais que je me faisais des idées, que j'étais "orgueilleuse"... Sauf que, a posteriori, non. Caresser les seins de sa belle-fille ou glisser sa main dans son aine, et évidemment tout arrêter en hâte lorsque quelqu'un d'autre entre dans la pièce, ce ne sont pas des "câlins" sans conséquence.

J'ai habité seule et commencé à avoir une alimentation anarchique. Au bout de six mois, je "crisais" en permanence.
J'ai pris 15kg, perdu 10kg, commencé un régime hyperprotéiné... Les habituées du régime que vous avez toutes été connaissent la suite :lol:
5kg perdus, paf, compulsions énormes, 30kg pris en six mois. Et ça a continué.
Parallèlement à cela, je développais une phobie sociale.

Aujourd'hui, après des années de thérapie et un bypass (qui m'a aidé mais n'a pas été l'élément essentiel de mon mieux-être, hein, tout ça c'est dans la tête), je vais mieux et je commence à voir le bout du tunnel.
Salut à toutes, je fais remonter un peu le topic, mea culpa, mais les 2 derniers posts sur le rôle de la mère m'ont un peu réveillée :)

Je ne saurais trop dire à quel moment j'ai basculé. C'est vrai que petite, quand on regardait un film à la télé avec mes parents, il m'arrivait de me lever pendant la pub pour faire semblant d'aller aux toilettes, alors qu'en fait j'allais à la cuisine et je mangeais des tic tac en cachette. Ca peut paraître anodin, mais le fait que je le faisais en cachette me laisse un doute. Mais comme je n'avais aucun problème à l'époque, je ne comprends pas trop.

Globalement j'ai basculé lors d'une relation amoureuse compliquée, j'avais quitté mon copain (parfait sous tous rapports) parce que j'étais amoureuse d'un homme bien plus vieux, ma mère l'a découvert,a fait le forcing pour que je retourne avec mon copain bien sous tous rapports et oublie l'homme plus âgé. C'est là que j'ai commencé à manger énormément et à prendre du poids. Aujourd'hui, je ne suis plus avec le copain qui avait l'air bien sous tous rapports et j'ai complètement oublié l'homme plus âgé, mais l'hyperphagie, elle, demeure.

Quant au rôle de la mère, c'est comme vous le disiez une relation compliquée avec la nourriture. Sans cesse au régime, elle ne mange que 2 yaourts le soir mais craque sur le fromage, sur le goûter ; prend une toute petite assiette mais se ressert sans cesse ; et lorgne toujours sur mon assiette avec un air réprobateur. "Tu prends autant de sorbet ? Je pensais que tu étais au régime !" "2 cookies ????? C'est pas un peu beaucoup?" "Tu as déjà fini le paquet de céréales?" "Tu mangerais pas un peu trop de beurre toi ? Regarde tout ce que tu mets sur ta tartine!" Ajoutez un cela un manque criant de diplomatie : "..... Tu vas sortir comme ça ? Tu ne voudrais pas changer de jean? Il t'allait bien mieux avant... tu n'aurais pas un peu grossi ?" Et quoi de plus dur quand, après une crise d'hyperphagie, motivée pour tenir sans crise, votre mère vous regarde de haut en bas pour vous faire comprendre que les kilos que vous avez pris, ils se voient ?

Bon quand je vois les posts de certaines autres, je me dis que j'ai "basculé" pour trois fois rien au final... :/
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