Bonjour tout le monde, je me présente, Imrahil, je n'ai pas trouvé de topic officiel de présentation, donc j'écris mon premier post ici.
Je sais que je sors le sujet de la naphtaline, mais apparemment certaines ici se posaient des questions sur le profil et les motivations des hommes pour devenir clients de prostituées. Le fil se conclut donc par cette réflexion: "c'est pas prêt d'arriver !" Ben c'est vrai, y a deux ans et demi, j'étais pas sur ce forum, mais maintenant je peux vous le dire pour toutes celles (et ceux éventuellement) que ça intéresse (encore?), je suis client de prostituées. Depuis quelques mois seulement, et c'est pas forcément évidemment avec un SMIC, mais maintenant que j'y ai gouté... Je ne prétends pas être représentatif de tous les clients de prostituées, pas du tout même, mais c'est quand même mieux je trouve de discuter en ayant un ancrage dans la réalité. Mais commençons par le commencement.
J'ai fortement hésité à franchir le pas, d'abord pour l'escorting, puis pour les massages avec finition, puisque même clients, j'ai des principes. L'exploitation d'un être humain m'insupporte, mais les prostituées que j'ai rencontrées s'en sortent bien mieux que les vietnamiens qui fabriquent des semelles pour des chaussures de sport. Mon problème éthique est que, aussi bien dans la consommation de sexe que de biens courants, il est difficile de voir au-delà des apparences. Je veux dire, de même qu'on peut se demander si un produit n'est pas made in china (avec tous les préjugés possibles, souvent fondés), on peut se demander si la femme en façe de nous n'est pas une Albanaise trainée de force en France et réduite en esclavage. Y a des signes, mais c'est pas évident. Je trouve que le sexe est un commerce comme les autres et que, comme toujours, c'est difficile d'être un consommateur-citoyen, ou consommateur responsable. Mais finalement, les femmes que j'ai rencontré n'avaient pas l'air malheureuses, même si y a probablement une part d'acting. Une masseuse thailandaise m'a même confié être un peu courbaturée après une dure journée de travail... car elle revenait de trois semaines de vacances d'été. Je dois avouer que ça a un peu cassé mes a priori sur le fait de ne pas être une indépendante.
Pour mes motivations profondes, certaines ont parlé de manque affectif. J'avoue, ca joue. Mais j'ai aussi lu que ca jouait plus que le manque de cul, et ça, dans mon cas en tout cas, c'est faux. Bien sûr, à certaines périodes, je me sens vraiment seul, et je ne me vois pas ne pas discuter du tout avec une prostituée. D'où, comme je l'ai lu plus haut, un certain rôle de psy ou d'assistante sociale. Mais étant timide j'ai quand même du mal à me confier à quelqu'un que je n'ai vu que quelques heures dans ma vie, même en ayant partagé une certaine intimité. Mais l'aspect sexuel, lui, est toujours là . Je ne suis pas riche au point de payer 100 ou 150 euros juste pour parler, sinon j'irai voir un psy.
J'ai aussi vu sur ce fil que certaines considéraient que le fait même d'aller aux putes était un manque de respect pour ces femmes, qu'on considérait comme des marchandises. Qu'est-ce que je peux répondre à ça? Mon petit plaisir personnel n'est pas tout, j'ai déjà essayé de proposer un cunni, c'était non. Et pour les french kiss, d'après mon expérience, c'est quasiment tout le temps exclu. Certaines acceptent (je l'ai vu sur certaines annonces), mais que ce soit pour des questions d'hygiène ou de non-intimité, une bonne partie refuse. Et pour un homme, ne pouvoir ni french kisser ni faire un cunni, c'est aussi dans une certaine mesure l'empêcher de donner du plaisir. Donc il ne faut pas jeter la pierre aux clients qui seraient "par nature" égoïstes, car pour moi c'est plus compliqué que ça. Et je respecte énormément les filles avec qui je vais. D'ailleurs je respecte toujours les inconnus, et pour moi les prostituées méritent autant mon respect que n'importe qui.
Enfin, je tiens à préciser que je ne suis pas moche, mais d'une timidité maladive. Je ne drague jamais, je me sent toujours très mal à l'aise avec les filles qui me plaisent, et ça se sent (blancs, logorhée, regards fuyants, etc.). Quand quelqu'un a parlé ici de service d'utilité publique, je me suis tout de suite reconnu. Les prostituées sont un corps de métier indispensable pour les moches et les timides. D'ailleurs ma première relation sexuelle "complète" était avec une prostituée. Je n'en suis pas particulièrement fier, c'est moche de se dire que la seule façon qu'on a de pouvoir être avec une fille, c'est en la payant. Surtout pour mes faibles moyens. Mais mieux vaut ça que le néant. En termes d'estime de soi, je pense que les prostituées que j'ai connu étaient mieux loties que moi, client.
Voilà , j'ai cru comprendre que les témoignages étaient appréciés ici, j'espère que le mien l'a été et je suis prêt à en discuter ou à discuter d'autres expériences.
PS: merci de m'avoir lu jusqu'au bout, je sais que ma prose n'est pas toujours digeste!
