J'en ai parlé dans l'échec d'une RA.
Manger n'était pas simple pour moi, voire même douloureux.
Donc j'ai été fouillé dans mon histoire personnelle pour comprendre ce rapport compliqué et complexe que j'avais avec la nourriture.
Il a fallu aussi que je me réapproprie mon corps et mes sensations. Que je cesse de manger parce que c'était l'heure.
Que je réapprenne à faire confiance à mon corps ; si j'ai faim, c'est que j'ai BESOIN de manger : ce n'est donc pas une faim qui se déclencherait de manière inexpliquée parce que j'ai la croyance d'avoir suffisamment mangé au repas précédent.
Ca a été long parce que pour moi l'histoire à débuté dès le berçeau avec des croyances à la con : le biberon c'était tous les trois heures minimum, et tant de ml, point barre.
Que le bébé ait faim ou pas !
Qu'il ait bien mangé au repas précédent ou pas.
Qu'importe sa souffrance ! Il n'était pas dans les moeurs d'écouter les bébés.
Ensuite à ça a été le gavage forcé : que j'ai faim ou pas, je devais manger, parce que les adultes avaient décidé que c'était cette heure ci et pas une autre. Que j'aime ou pas, je devais manger. On finissait ses assiettes chez nous point barre ! Et si par malheur je ne mangeais pas suffisamment et que j'avais faim avant le fameux "4 heures", et bien tant pis pour moi, je l'avais mérité, je n'avais qu'à pas faire ma capricieuse, etc.. et je restais pliée en deux avec ma douleur au ventre jusqu'à ce que ma génitrice ou l'adute qui m'avait en charge décide que c'était la bonne heure.
Ah on ne plaisantait pas avec les "bonnes" manières !
A ça, rajoutons une très mauvaise relation mère/fille...
Ca m'a pourri l'existence.
Aujourd'hui, je suis quasiment régulée toute seule : j'ai mes horaires que j'arrive à faire coincider avec ma vie sociale
- je petit déjeune au bureau, quand j'ai faim, ça fait rire gentiment et j'assume
- je mange à la cantine, sinon j'achète un plat préparé et je mange dans l'après midi, quand j'ai faim
- et le soir je mange à l'heure où j'ai faim.
Je suis presque "libérée" Presque... me reste encore un peu de cheminement à faire