Voilà , j’ai recommencé. Hier. Mais aussi la semaine dernière. Et la semaine d’avant. Bien sur ce n’est rien comparé aux crises quotidiennes d’il y a quelques années. Mais hier en me couchant je n’ai pas trouvé le sommeil et toutes les « dernières fois » me sont revenues en pleine figure avec la conscience que jusqu’ici j’avais fait l’autruche. La tête dans le sable et le déni. Mais le fait est là : je suis encore malade. Ou plutôt à nouveau. Je pense à la nourriture 24h/24, 7j/7 et camoufle mon comportement déviant par de sales excuses ou un ton nonchalant « Oui, j’ai un peu pris durant mon voyage, mais ca va aller » « J’ai été malade, j’ai gonflé » « Il faut que je perde un peu mais j’ai pas envie d’en faire une maladie, ca viendra tout seul » Mon œil oui. Pas une minute où je ne pense à mes vêtements trop étroits, aux autres filles plus minces autour de moi, plus jolies, plus souriantes, à mon idéal. Pas un matin où je ne me tâte pas les hanches pour évaluer l’étendue des dégâts. Ou je ne me rassure bêtement lorsque je peux encore sentir les os. Ou je ne déprime immédiatement la minute d’après en évaluant le volume de mes fesses dans le miroir. Ou je ne rêve d’attraper une saloperie dans un restaurant de Delhi qui me rende malade et me fasse miraculeusement perdre dix kilos. Malade plutôt que grosse. Malade oui, je le suis. Et surtout folle. Mais impossible d’y revenir…
Dans vingt jour mon petit ami vient me rejoindre en Inde. Il va faire plus de 7000km pour rendre visite à la boule de graisse au faux semblant joyeux que je suis. La vérité est que je me dégoûte et que je comprends de moins en moins comment il peut me désirer et m’attendre lorsque je le sais entouré à Paris de filles si jolies et drôles. Chaque jour je me dis qu’il va finir par ouvrir les yeux et se rendre compte de son erreur. Chaque jour je me demande ce qu’il peut bien me trouver pour envisager de quitter boulot, famille et amis en France et me rejoindre en Inde.
Chaque jour je me promets de mincir pour être à la hauteur. Pour moi, pour mon homme, pour mon boulot. Je stresse de ne pas décrocher un travail à la fin de mon stage, de voir mon mémoire avancer si lentement et de passer à côté de mon diplôme. Si j’étais plus mince, plus confiante…
…. Je suis fatiguée d’être dans cet état. Et j’en viens à penser – comme il y a quelques années – que tout balancer, moi compris, serait encore le plus simple. Fermer les yeux et ne plus les ouvrir… Reposer enfin.
Dans vingt jour mon petit ami vient me rejoindre en Inde. Il va faire plus de 7000km pour rendre visite à la boule de graisse au faux semblant joyeux que je suis. La vérité est que je me dégoûte et que je comprends de moins en moins comment il peut me désirer et m’attendre lorsque je le sais entouré à Paris de filles si jolies et drôles. Chaque jour je me dis qu’il va finir par ouvrir les yeux et se rendre compte de son erreur. Chaque jour je me demande ce qu’il peut bien me trouver pour envisager de quitter boulot, famille et amis en France et me rejoindre en Inde.
Chaque jour je me promets de mincir pour être à la hauteur. Pour moi, pour mon homme, pour mon boulot. Je stresse de ne pas décrocher un travail à la fin de mon stage, de voir mon mémoire avancer si lentement et de passer à côté de mon diplôme. Si j’étais plus mince, plus confiante…
…. Je suis fatiguée d’être dans cet état. Et j’en viens à penser – comme il y a quelques années – que tout balancer, moi compris, serait encore le plus simple. Fermer les yeux et ne plus les ouvrir… Reposer enfin.
