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Bon je sais pour un de mes premiers posts c'est pas joyeux, mais j'ai besoin que ça sorte puis bon ça vous aidera à mieux comprendre le pourquoi du comment je suis là.

Dans quelques jours, ça fera 7 ans que j'ai été violée par 4 individus, un seul d'entre eux à pu être identifié et jugé.
Cette soirée de décembre a marquée à jamais toute ma vie d'adolescente et de jeune adulte aujourd'hui encore à l'approche de "l'anniversaire" je suis très angoissée.
J'ai toujours eu honte de ce qui m'était arrivé,ayant été élevée dans une famille très cathos ben voilà ça laisse des traces.

Mes parents ne l'ont jamais acceptés, j'ai mis 4 mois avant de leurs en parler. Mon père ne m'a jamais cru, et ma mère a tenu à faire un examen gynécologique pour vérifier que oui je n'étais plus vierge. Et une fois que ça a été confirmé elle m'a dit "bon c'est arrivé mais n'en parle pas". Ma grand mère elle m'a dit que si ça c'était passé c'est que forcement je l'avais provoqué.

Oui, ça parait terrible ça l'est mais je les aime malgré tout. A partir de ce moment là ma culpabilité n'a cessé de croître et même si j'ai été voir un psy, ça ne m'a toute à fait guérie.

Depuis ce jour, j'ai fais un rejet de mon corps, je voulais le détruire puisque c'était à cause de lui que tout ça est arrivé. Deux ans auparavant j'avais plongé dans l'anorexie parceque je me trouvais trop grosse, j'y ai replongé pour punir mon corps.

Après une période où j'allais mieux, j'ai eu de gros problèmes sentimentaux (oui je suis tombée sur un pervers narcissique) et j'ai basculé dans l'hyperphagie toujours dans l'idée de détruire mon corps.

Aujourd'hui, je fais des crises de plus en plus rarement, c'est une première victoire, j'ai un poids que beaucoup qualifieraient de normal même si pour moi je suis énorme.
Je déteste toujours autant mon corps et j'aimerais savoir si parmi vous des personnes détestent leurs corps après un traumatisme tel que je le mien ou après autres choses.

Je voudrais vraiment apprendre à être ami avec mon corps.
D'avance merci pour vos conseils!
PS: désolé pour le roman.
"Il est temps de vivre la vie que tu t'étais imaginée" Henry James

Ex-Lilajolie ;)
Bonsoir !

Tout d'abord je suis vraiment navrée pour ce qui t'est arrivée ainsi que pour la réaction de ta famille que je trouve inaceptable m'enfin bon ça c'est mon avis...

Concernant la perception que tu as de ton corps, je le comprends un peu et il me semble que ce genre de rejet est "logique" après un tel traumatisme... j'ai vécu une situation un peu similaire même si ce n'était pas un viol à proprement parler, pour faire court ma première fois: j'me réveille et ce conn*** était déjà en moi... bref je m'étendrais pas là dessus, peut pas, mais depuis (j'avais 15 ans) j'ai du mal avec la sexualité, j'ai en quelques sortes honte de ressentir du plaisir (et pourtant c'est très rare que j'en ressente) comme si cet homme avait gâché mon adolescence et le début de ma sexualité... bon je tiens à repréciser que nos histoire ne sont pas les mêmes mais j'voulais te montrer que je pouvais un peu comprendre ce que tu peux ressentir...

Je ne saurais que te conseiller de re-consulter un psy avec qui tu te sentirais à l'aise et avec qui tu pourrais entamer une discussion et qui t'aiderait à te sentir mieux et à ne plus culpabiliser car tout comme moi tu n'es pas responsable de ce que ces types t'ont fait subir...


Je te souhaite beaucoup de courage Miss et si tu veux continuer à parler ici, ce sera un plaisir (et aussi en mp si le coeur t'en dit)



;)
“Croyez-vous en l’égalité entre les hommes et les femmes ? Non, les hommes deviendraient incontrôlables”
Difficile histoire effectivement, mais le déni de son corps arrive souvent quand on a des problèmes d'autant que d'autres dénient l'horreur qui est arrivée....

Je serais d'avis que tu consultes aussi quelqu'un de mieux pour toi... ton chemin n'est pas fini et il te faut encore travailler sur toi et te faire te sentir mieux pour enfin réapprendre à te connaitre et à t'aimer.

Bon courage à toi.

ps : ne t'excuse jamais pour ce que tu écris (ou sur la longueur) c'est une très bonne thérapie l'écriture ;)
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Vends plusieurs vrais santons de Provence (photo et prix en mp)
Merci à vous 2 d'avoir répondues aussi rapidement. Sans doute que je retournerais voir quelqu'un mais pour l'instant je ne suis pas prête à devoir encore tout rouvrir parceque ben ça fait un peu mal...Mais bon ça m'a fait vraiment plaisir d'avoir du soutient et Tissounette même si ton histoire n'est pas la même que la mienne (heureusement) ça a dû être très traumatisant aussi.

Bon ben j'espère vous reparler bientôt et sur un sujet un peu plus joyeux :)
"Il est temps de vivre la vie que tu t'étais imaginée" Henry James

Ex-Lilajolie ;)
Pour avoir un peu le même vécu que Tissounette (il m'a fait boire volontairement à l'excès pour arriver à son but, à tel point que je ne me souviens de rien et que j'ai su ce qui s'était passé le lendemain car il s'en est vanté et c'était pas glorieux, bref...), je pense que quand quelque chose de traumatisant t'arrive, tu as deux solutions :
- culpabiliser et finir par finalement te détruire pour une chose dont tu n'es pas responsable ou
- prendre conscience que ce qui t'es arrivé n'est pas ta faute malgrè les dires de ta famille et avancer en gardant ce qui t'es arrivé comme une force.

Si déjà tu arrives à en parler et que tu n'as pas gardé ça pour toi et si, 4 ans après, tu es encore là, que tu as pu te mettre en couple par la suite (meme avec un pervers-narcissique), c'est déjà un grand pas. Ca prouve que finalement, tu as commencé à "t'y faire" (je sais, les mots ne sont pas forcément les bons parce que bon...). Tu avances petit à petit et même si ce qui t'es arrivé restera gravé dans ton esprit (ce qui est normal), au fur et à mesure, tu en feras une force et tu passeras petit à petit du rôle de victime coupable à celui de la femme forte qui finira par faire de ce qu'elle a vécu un atout.
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J'ai eu la même expérience que MaryMorgane : j'ai été abusée après une soirée beaucoup trop arrosée il y a 20 ans. Le lendemain, je ne me souvenais de rien.

Ca fait partie de mes blessures, de mon vécu, de moi, quelque part. C'est avec des choses comme ça que j'ai du me construire.

J'en ai parlé avec d'autres femmes qui avaient aussi subi des abus sexuels (dont ma grand-mère, qui avait été violée pendant la guerre par un allemand). La parole aide beaucoup, (d'autant que tu ne peux pas en discuter avec les membres de ta famille) c'est pourquoi je te conseille aussi de consulter un spécialiste, voire de participer à des réunions avec d'autres victimes de viol.

J'espère que tu ira mieux
:kiss:
Je me disais que, tant qu'il y aurait des livres, le bonheur m'était garanti.
Mémoires d'une jeune fille rangée- Simone de Beauvoir
Encore merci pour les réponses! En fait, je crois que effectivement, j'ai réussi à accepter, ça ne s'en ira jamais, c'est là, mais je vis avec et j'essaye de me dire que ça me rend plus forte.
Malgré tout, je n'arrive pas à aimer mon corps et j'ai du mal qu'on me dise que je suis jolie car c'est comme si on voulait autre chose derrière, donc je pense que les crises d'hyperphagie sont dûes à ça.

Je suis en couple (avec un gentil zhom) depuis 18 mois malgré tout, je n'accepte pas du tout qu'il me dise que je suis belle et parfois je refuse même qu'il me touche. Je pense que j'ai encore un long chemin mais je suis sûre qu'un jour je serais l'alliée de ce corps et que je ne voudrais plus le détruire.

Je vous dis encore merci et vous souhaite une magnifique journée à toute! et Bravo à vous d'avoir pu "surmonter" ce traumatisme!
"Il est temps de vivre la vie que tu t'étais imaginée" Henry James

Ex-Lilajolie ;)
Contrairement à vous toutes, je ne pense pas que le traumatisme (quel qu'il soit) nous rende plus fort.
Au contraire, il nous affaiblit en créant des angoisses et/ou des comportements indésirables (comme l'hyperphagie, les rituels de vérification, la méfiance excessive, etc).

Par contre, parvenir à composer avec le traumatisme nous fournit une sorte de méthode à appliquer aux autres soucis que nous rencontrons, là je suis d'accord et peut-être est-ce là la force dont vous parlez.
Mais apprendre à "vivre avec" n'est pas si simple et ne correspond pas au fait de tenter de ne plus y songer en l'enfouissant loin.

J'ai cru que j'avais réussi à surmonter en clivant ma vie, en rangeant toute l'enfance et l'adolescence dans un tiroir comme si c'était un livre avec une vilaine histoire que je peux raconter sans éprouver d'affects particuliers mais je me trompais.

J'ai des douleurs importantes à de nombreux endroits et aucune cause médicale n'est jamais trouvée.
Pourquoi? Parce que je somatise. Le psychisme se rappelle au corps en lui disant que, non, ça ne va pas et qu'on ne peut pas fuir son vécu aussi facilement.

Alors j'ai décidé de consulter et j'ai compris que je ne pouvais plus fuir.
Evidemment que c'est difficile, évidemment que je n'ai pas envie d'en parler: J'ai juste envie de me débarrasser des douleurs et du stress qui m'empêche de plus en plus souvent de sortir parce que les symptômes ressemblent à ceux d'une gastro, sans oublier les troubles de l'attention et de la mémoire qui commencent sérieusement à m'inquiéter.

J'ai bien conscience qu'une histoire n'est pas une autre et que toutes les victimes ne réagissent pas de la même façon mais j'ai surtout compris qu'enfouir le tout dans un coin de la tête n'était pas la solution.


Faire la démarche d'aller chercher de l'aide n'est pas aisé, tu as déjà fait un grand pas en venant te confier ici, que ressens-tu?
Tu dis que tu as consulté un psy, qui a décidé de mettre fin aux séances? Tu lui avais fait part du problème que tu rencontres aujourd'hui?
Même un écureuil peut être mortel lorsqu'il est acculé.
Quand je dis que ça rend plus forte, je veux surtout dire que quand on arrive à surmonter ça, finalement, ça prouve qu'on peut faire beaucoup plus que ce qu'on pensait. Quand j'étais plus jeune, on avait parlé de viols avec une amie et je me souviens de lui avoir dit que si ça m'arrivait, je ne pourrais pas vivre avec ça, que je me voyait pas faire face à une telle expérience. Ce que j'ai subi ne s'appelle pas à proprement parler un viol et n'a rien à voir avec l'histoire d'origine mais la démarche est la même : utiliser les blessures qu'on a eu comme une façon de nous rappeler de continuer à avancer.
Parler aide énormément. Pas forcément dans les cas d'abus sexuel en plus, pour toute expérience traumatisante, le début de la démarche est d'accepter d'en parler, de faire sortir ce qu'on cherche à enfouir depuis des années parfois. Ma thérapie, je ne la fait pas avec un psy mais avec un ami qui a tout simplement su trouver la brèche dans ma carapace et attend maintenant de voir ce qui en sort. Il m'appelle sa tortue à cause de ça d'ailleurs mais l'image est plutot bien trouvée.
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Pour te répondre Oxymore je dirais que venir en parler ici, a été difficile pourtant cela fait longtemps que j'en parle avec des amis. Mais en ce moment, je me sens très seule et le forum a été très bénéfique car j'ai découvert un espace d'échange génial (et vous me le prouvez encore une fois).

Mais décider de poster, c'était plus dur, j'avais surtout peur d'être jugée, d'être la "fille-qui-vient-se-plaindre". Maintenant, je me sens mieux surtout quand je vois que vous comprenez la situation. Je sais que je ne dois pas fuir le problème,mais bon en ce moment, j'ai dû mal à l'affronter.En ce qui concerne la psychothérapie, c'était avec un psychiatre car je prenais des anti-dépresseur donc mon médecin m'avait conseillé d'en voir un. Ca a duré 2 ans et puis il m'a dit que je devrais essayé de "marcher seule" car la depression semblait être guérie.

Aujourd'hui j'hésite à consulter à nouveau car j'ai très peur de réouvrir mes plaies. Mais j'y pense, j'y pense.
MaryMorgane tu as tout à fait raison quand tu dis que parler aide beaucoup!
Il vrai que j'essaye de faire de cette (terrible) expérience quelque chose qui me permettra d'être fière de moi. Je me suis toujours dis qu'ils m'avaient peut être volé ma jeunesse mais si je continuais à m'enfoncer ils m'auraient volé ma vie entière et ça je ne veux pas...
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Ex-Lilajolie ;)
Lilajolie bien sur que la démarche est difficile et c'est déjà un énorme pas d'en parler.....
moi j'ai tu des choses pendant des dizaines d'années, celà m'a rongée et affaiblie (meme si je ne m'en rendais pas compte en plus) et la dernière catastrophe a fait exploser toutes mes défenses....
J'ai tardé au maximum d'en parler à un spécialiste car je n'aimais pas parler de moi, jamais, à personne : ni famille, ni ami(e)s, ni médecin, ni spécialiste....

Quand je vois le résultat je me dis que oui j'ai bien fait d'y aller.... meme si je suis passée par des moments difficile car la thérapie rouvre parfois des plaies, met à nu nos souffrances... mais c'est pour mieux avancer....

Comme je le disais, aujourd'hui à 44 ans, j'existe enfin..... et quel bonheur..... :D
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