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Bonjour,

j'ai pris une identité "anonyme" car je suis déjà utilisatrice du forum mais ce message compromettrait l'intimité et l'anonymat de mon compagnon qui m'a explicitement demandé de ne pas parler de ça autour de moi.


Pour vous faire un bref résumé de la situation, qui n'est pas simple, je vis depuis déjà quelques années avec un homme, avec qui j'ai eu un enfant qui n'est pas encore en âge d'aller à l'école.
Cet homme, a toujours eu le syndrôme du chevalier servant, très serviable, un grand sens du devoir, il a longtemps fait passer les autres avant lui, y compris dans notre couple.
Il n'a pas tellement eu de reconnaissance de son père, que ce soit dans l'enfance ou adulte.
Il a traversé une période difficile après le bac car il ne savait pas que faire, il a essayé une formation scientifique sans succès. Il a consulté une psychologue qui l'a aidé et lui a conseillé une voie.
Il a suivi cette voie, avec succès.
Il a ensuite travaillé. Quelques années.
Et depuis environ 6 mois il commence en fait à perdre pied.


Au début je n'ai pas du tout pris la mesure de ce trouble.
Même si j'étais convaincue qu'à ne jamais s'écouter un jour il exploserait.

Tout a commencé au boulot, car il a subi une sorte de harcèlement psychologique, patron paternaliste et très méprisant, qui symboliquement représentait son père. Pour finir, le patron ne l'a pas renouvelé...
En gros, même s'il était soulagé, il a pris ça comme un aveu d'échec et d'incompétence, il s'est senti répudié je pense.

Suite à ça, il a commencé à ne plus tolérer le stress (chose inhérente à son emploi), il a actuellement un contrat court ailleurs, qu'il a pris par nécessité, mais le cœur n'y est plus.

Parallèlement, cela faisait des mois qu'il méditait sur le sens de la vie, du travail, pourquoi faire son boulot plutôt qu'un autre ?
Son boulot ne lui convient plus, car il ne peut l'exercer d'une façon qui lui soit profitable.
Il ne sait pas, il ne sait pas quoi faire, passe d'une idée à l'autre, il devient tour à tour déprimé et agressif (envers moi)...

Je ne travaille pas depuis ma grossesse, j'avais cherché mais pas trouvé, puis le reste de ma grossesse j'étais comme anesthésiée... Par la suite j'ai souhaité garder notre enfant, au moins la première année.
Pour le moment, nous n'avons pas de place en crèche, et pas les moyens pour une autre garde.
Je suis donc, au foyer, et il me le reproche, mais souvent de façon détournée.

Il est vrai que je ne suis pas une fée du logis, et que je ne suis pas non plus organisée. Du coup, je ne pense qu'il ne s'y retrouve pas.

Depuis peu, j'ai commencé à démarrer une activité à la maison, mais c'est en dent de scie. Il me reproche de ne pas assez me bouger, de ne pas ramener d'argent.

Aujourd'hui nous avons eu une discussion, où il m'a dit que puisque mon rôle de femme au foyer ne me convient pas (c'est vrai, sauf si j'arrive effectivement à vraiment avoir une activité, ce qui est délicat à gérer avec la garde de notre enfant) je vais travailler, dans 15 jours, car il ne cherchera rien à la fin de son contrat !
Il en vient à dire qu'il doit réfléchir, qu'il se "sacrifie" pour nous mais qu'il n'en peut plus.
Il est vrai que nous ne sommes pas bien riches, malgré un salaire honnête.

Ce mot de sacrifier m'a horrifiée.

En gros nous serions un boulet ?
Et puis quoi, il ne devrait pas travailler sans nous ?

D'un côté je me sens meurtrie de ces accusations, que je trouve outrancières, et je me dis : "ok tu vas bosser et comme ça tu seras le chef de famille".
D'un autre côté, travailler chez moi c'est l'opportunité (que je lui dois en effet) de pouvoir me faire reconnaître, en bossant à mon rythme.

Et puis, ces accès d'agressivité envers moi (et notre enfant) commencent à me faire peur.

Au final, je ne sais même plus quels sentiments j'ai envers lui.


C'est très compliqué, je suis perdue, je ne sais pas quoi faire, ni que penser.

Il consulte depuis quelques semaines une psychologue et il prend des antidépresseurs (je crois). Est-ce que ça suffira ?


Peut-être pourrez-vous m'apporter un nouvel éclairage. Merci de m'avoir lue.
Tu sais, je crois que ton homme connait depuis de longues années le poids de l'échec sur la tête et même s'il ne le vivait pas il le ressentait. Enfin, en ce sens où il attendait quelqu'un pour lui dire que ce qu'il faisait était bien et qu'il ne l'a jamais eu. Une certaine reconnaissance qu'il n'a jamais eu... et ça peut détruire une personne. Il se peut qu'il ai l'impression ne savoir RIEN gérer et qu'il repporte sa rage sur vous. Il se peut qu'il ne se sente pas à la hauteur. C'est peut-être un perfectionniste qui préfère tout ballancer par terre plutôt que d'accepter la médiocrité de son état. En fait, je n'en sais rien, mais il va mal. Le truc c'est qu'il semble vous faire subir ça de trop. Ce qui est terrible. Je pense qu'il faudrait qu'il ose s'ouvrir plus à toi... Déjà c'est bien qu'il se fasse suivre, mais je ne suis pas du tout convaincue par l'effet positif des antidépresseurs (juste perso comme avis)... En tout cas le gros du soucis je pense ne vous concerne pas mais le concerne lui, lui et ses espoirs de quand il était jeune, lui et la reconnaissance qu'il n'a pas eue, lui et son manque à être à la hauteur. Mais c'est juste mon avis... Je pense qu'évidemment il faudrait creuser ça entre vous, savoir parler de ce qui lui fait dire de telles choses. Et à toi de lui dire que ça te blesse...
Nous aurions peut-être été plus heureux si nous avions suivi les autres.
Mais nous avons choisi de continuer, d'aller loin, toujours plus loin...
j'ai vécu un peu la même chose que toi,je suis tombée au chômage.;puis pendant cette période un pti loup est arrivé...donc n'ayant pas les moyens de trouver une nourrice,je suis restée à la maison à m'occuper du petit,j'ai subi comme toi des réfléxions du style:si je n'étais pas là,vous ne mangeriez pas","c'est moi qui ramène le salaire...",j'étais complètement perdue dans mes sentiments car ça me faisaiq vraiment mal ce qu'il me disait,donc je me laissais aller,j'ai commencé à tomber dans une déprime permanente..puis un jour ou il m'a fait une réfléxion de trop,j'ai décidé de reprendre ma vie en main,j'ai fait tout le nécéssaire pour travailler chez moi (car j'aime bien faire les choses à mon rytme et ne pas avoir un patron sur le dos)bref,je suis devenue ass mat...ça rentre dans l'ordre petit à petit...
Je pense que ton compagnon est dans la même situation que le miens,il a l'impression de ne pas avancer,de faire tout ce qu'il peut et de ne jamais avoir assez(financièrement),il doit avoir un mal ^tre profond et le problème c'est qu'il le refoule sur toi étant donné que tu es la seule personne là...donc sa culpabilité ou les regrets qu'il a pas rapport à son passé affectif avec son père,il le vit par rapport à toi,il te le fait payer en quelques sortes...
j'espère que vous allez vous en sortir,courage ma belle...mais n'hésites pas à lui répondre quand il te parle mal.;pour ma part,je ne le faisais jamais car je me culpabiliser de ne pas travailler,j'avais l'impression d'être une moins que rien alors que non...
si ton homme va mal ... déjà je pense que tu dois mettre ta fierté de coté et ne pas prendre en contre ses "attaques" ...
Les chose qu'on dit quand on va mal, on ne les pense pas ... ou pas comme ça tout du moins ...

Ne te braque pas, ecoutes-le ... parlez de votre avenir ...


Pourquoi ne pas prendre la releve un certain temps niveau boulot s'il a besoin d'un break ...
Sera t'il vraiment mieux à la maison sans bosser (generalement cela agrave une depression) ...

Pourquoi ne pas faire un effort sur la maison ton organisation, ton activité ... pour lui montrer que tu es là, qu'il peut compter sur toi s'il flanche un peu ...

J'ai été à la place de ton mari ...
Mal dans ma peau, mal tout le temps ... a ne rien voir de positif malgré mon mari, ma fille ... a vivre dans le passé avec le fardeau que ma famille m'a collé ...

Heureusement que Zom a été plus fort que ça, qu'il a tenu, qu'il n'a rien pri pour lui, qu'il m'a pardonné les mauvais mots, les cris, la mauvaise humeur ...
"Pendant que le monde est monde et que chacun refait ses comptes, j'emmène au creux de mon ombre ... des poussières de toi !"
cornflakegirl a écrit :Tu sais, je crois que ton homme connait depuis de longues années le poids de l'échec sur la tête et même s'il ne le vivait pas il le ressentait. Enfin, en ce sens où il attendait quelqu'un pour lui dire que ce qu'il faisait était bien et qu'il ne l'a jamais eu. Une certaine reconnaissance qu'il n'a jamais eu... et ça peut détruire une personne. Il se peut qu'il ai l'impression ne savoir RIEN gérer et qu'il repporte sa rage sur vous. Il se peut qu'il ne se sente pas à la hauteur. C'est peut-être un perfectionniste qui préfère tout ballancer par terre plutôt que d'accepter la médiocrité de son état. En fait, je n'en sais rien, mais il va mal. Le truc c'est qu'il semble vous faire subir ça de trop. Ce qui est terrible. Je pense qu'il faudrait qu'il ose s'ouvrir plus à toi... Déjà c'est bien qu'il se fasse suivre, mais je ne suis pas du tout convaincue par l'effet positif des antidépresseurs (juste perso comme avis)... En tout cas le gros du soucis je pense ne vous concerne pas mais le concerne lui, lui et ses espoirs de quand il était jeune, lui et la reconnaissance qu'il n'a pas eue, lui et son manque à être à la hauteur. Mais c'est juste mon avis... Je pense qu'évidemment il faudrait creuser ça entre vous, savoir parler de ce qui lui fait dire de telles choses. Et à toi de lui dire que ça te blesse...


On communique globalement pas mal.
Mais ces derniers temps on s'est beaucoup éloignés pour diverses raisons... Le bébé entre autres.
Avec ses réactions très agressives, je n'ai plus envie de parler de choses profondes avec lui, même si ça n'arrive pas tout le temps.

C'est en effet un perfectionniste pathologique.
De toutes façons je crois qu'à partir de maintenant il n'y aura plus d'issue s'il n'arrive pas à reprendre le dessus pour de bon.

Pour te répondre, TrysKellia, tout cela serait sans doute différent si moi j'allais bien pour commencer.
Mais ce n'est pas le cas. Je suis déjà dans une certaine fragilité.
J'ai un peu le même problème que lui en fait :roll:.
Pour le même genre de raison en plus, sauf que j'ai "pris un autre parti". Je suis devenue fermée et plutôt égoïste. De mon côté je fais de mon mieux pour progresser sur ces points. Mais on ne change pas comme ça. Je sais que je dois aussi voir quelqu'un.

Donc c'est assez dur de gérer mes propres difficultés en plus des siennes. Mais je le sens dans une telle détresse... Il n'arrive pas à construire de projets puisqu'il ne sait pas ce qu'il veut, ce qu'il lui faut, ce qui est le mieux, c'est le flou complet.
Ce n'est pas faute de parler d'avenir. Mais nous sommes dans une telle incertitude sur beaucoup de points. Ça donne le tournis.

Prendre le relais au niveau boulot, pourquoi pas, mais matériellement je ne pourrais pas espérer un aussi bon salaire. Ça ne m'encourage pas à choisir cette solution.
Et puis je suis presque sûre que rester à la maison assurer la garde ne lui réussirait pas : il a du mal à supporter déjà pendant les week-ends les "crises" du bébé. Sans parler de l'isolement, et du manque d'activité intellectuelle.


On a un peu plus parlé avant-hier, et hier on lui a fait une proposition de boulot.
On avait conclu qu'il pourrait prendre un temps partiel pour se prendre du temps pour lui, mais là c'est du temps plein qu'on lui propose.
Grosse réflexion là-dessus.
Il a peur de devoir assumer trop de pression, trop de stress, de ne pas être à la hauteur.
Avec la situation économique c'est difficile de dire non à une proposition sereinement.

C'est pas facile.
Mais la discussion a bien révélé qu'il se sent obligé d'assurer. Financièrement pour nous, professionnellement pour ses employeurs, et socialement vis-à-vis de sa famille.
J'ai beau lui dire qu'un CDI ne l'empêche pas de partir, il le sait, mais il sait qu'il n'aura jamais le "courage" (les guillemets sont importants, car ce n'est pas le courage qui lui manque mais la confiance en lui) de quitter volontairement un job.
Il y a aussi qu'il n'arrive pas à s'accorder de prendre du plaisir, de faire des trucs pour lui, par plaisir, simplement, et pas par devoir, nécessité, obligation...

C'est un peu l'enfer quand même.
Il n'arrive pas à s'accorder du plaisir, sans doute parce qu'il ne se sent pas assez bien pour ça... qu'il n'est pas à la hauteur et ne mérite pas ça... Puis il a sans doute la tête dans le brouillard et dans un pot d'angoisse.

Quand on arrive à ce point c'est qu'on se rend compte qu'on n'arrive pas à tout contrôler (mais qu'on se met la barre assez haut que pour se dire qu'on doit contrôler), qu'on a l'impression que tout nous arrive sur la tronche, qu'on ne sera jamais à la hauteur, que la vie est une succession de poids à porter sur les épaules... après cette étape là on frôle la dépression.

Je crois que tu devrais lui montrer qu'il faut prendre les choses avec plus de légereté...(ou du moins prendre le temps de s'amuser, de changer le quotidien...) même dans cette mauvaise passe. Il souffre apparemment d'un grand manque de confiance en lui (comme tous les perfectionnistes je pense... vu qu'on a l'impression de ne jamais être satisfait et de ne jamais satisfaire). Et il est vrai qu'on vie dans une société où le jeu de la concurrence est bien vu, où la crise nous fait voir la vie en noir, où les responsabilités doivent être prises... presque sans montrer de failles. Mais c'est pas tenable à long terme... ça ne sert à rien sinon à détruire le moral et les relations...
Nous aurions peut-être été plus heureux si nous avions suivi les autres.
Mais nous avons choisi de continuer, d'aller loin, toujours plus loin...
Déja je te souhaite beaucoup de courage. J'ai vécu avec un homme dépressif et moi j'avoue que j'ai eu la faiblesse de ne pas tenir le coup... Mais ta situation est différente. c'est vrai qu'un enfant ça change un couple et quand on est nerveusement fatigué c'est difficile de prendre du recul sur les pleurs et les crises de l'enfant même si cela ne change en rien l'amour que l'on a pour lui. Est ce que vous n'auriez des amis ou de la famille qui pourrait vous prendre le bébé pour un Week end; Même si vous n'avez pas bcp de moyens tu peux lui organiser un petit repas sympa dans une maison rangée nickel ( un p'tit effort :lol: ) et prendre le temps de vous balader tous les deux. Prendre le temps de se poser un peu et de discuter tranquille devant un bon café seuls tous les deux. Certes c'est pas la panacé mais cela peut vous permettre de prendre du recul. Pour ton homme il a un cap à passer. Il faut le soutenir sans trop insister sur sa situation je pense. En tout cas je te souhaite beaucoup de courage et beaucoup d'amour. Bonne chance.
Ne te courbe que pour aimer. René CHAR
Cornflakegirl tu as raison en effet, j'essaie de dédramatiser un peu.
Charaz, j'espère qu'il ne sombrera pas dans la dépression à cause de son nouveau job parce que justement je ne sais pas si je tiendrais le coup moi...

Il entame un nouveau contrat de boulot, ce qui le stresse (et moi aussi du coup).
Bon, le bon point, c'est qu'on parle pas mal, et il est quand même assez conciliant malgré tout...
Mais il s'affirme de plus en plus, parfois dans l'agressivité, c'est pas évident pour moi de m'adapter mais il faut bien en passer par là.
Il a du mal à voir la palette des nuances entre quelqu'un super "effacé" (comme il est/était) et quelqu'un hyper égoïste, du coup ben ce sont les montagnes russes il oscille entre les 2 extrêmes.

Il me pousse pour que je consulte aussi. Il m'a proposé d'aller voir la même psy mais je ne suis pas chaude. Je préfère aller voir quelqu'un du g.r.o.s. tant qu'à faire.
Ça reste assez chaotique.
Nous sommes allés chez ses parents et il a pris conscience du rôle de son père dans ses difficultés actuelles.
Je pense que ça va l'aider à évoluer.
Faut que t'essaies de lui faire comprendre qu'il y a une différence entre s'affirmer au boulot et vivre en couple. Encore une fois je reviens sur l'ambience de cocoon que vous devriez créer ensemble. C'est sûr que le monde extérieur est rude mais tentez le plus possible cet extérieur loins de vous et qu'il n'empiete pas sur votre couple.

Take care...

;)
Nous aurions peut-être été plus heureux si nous avions suivi les autres.
Mais nous avons choisi de continuer, d'aller loin, toujours plus loin...
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